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Deux mots à vous dire
François Fouquet Par François Fouquet

Lundi, 26 mars 2018

Qu’y restent donc chez eux!



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Le chez-nous pourrait bien devenir une terre d’asile obligée pour une bonne portion des dizaines de millions de personnes qui devront émigrer d’ici 2050, prévoit-on. - François Fouquet.

Chaque chose a sa place, une place pour chaque chose. Si c'est bon pour les choses, ça doit être bon pour les humains, non? Ce n'est pas dans l'ordre des choses, justement ? Voyons ça...

Prenons juste les choses. Pas si simple, dans une même maison où vivent ne serait-ce que deux personnes, de s'entendre sur la place que prend chaque chose. Les bottes, l'hiver, est-ce que ça va systématiquement, chaque fois qu'on entre dans la maison, dans le placard de l'entrée? Vous voyez, déjà là, il y a conflit potentiel...

Et là, on parle de deux personnes qui se connaissent, qui partagent l'intimité du domicile et qui ont choisi de vivre ensemble.

Imaginez quand on ne parle plus de choses mais bien de personnes. Imaginez quand vient le temps d'accueillir l'autre. Lui, là, qui a quitté son pays pour venir dans le nôtre... Isssshhhhh...

Il y a bien ce bon fond qui nous caractérise et qui est généralement reconnu: ce bon fond qui dit que nous sommes foncièrement accueillants. Après tout, l'argile qui a servi à façonner le savoir-être de nos ancêtres a été pétrie de l'habile main d'un clergé qui a su introduire des valeurs globales solides. Je pense, plus précisément, à la charité chrétienne qui nous a commandé de nous oublier un brin pour accueillir l'autre.

Au nom de cette charité, nous sommes prêts à concéder de l'espace qui nous appartient. Ce qui est juste et bon, disait-on aussi. Concéder de l'espace, oui, mais pas trop. Et celui qu'on souhaite délaisser. Parce que dans le livre où il est écrit que cela est juste et bon, il est aussi écrit que charité bien ordonnée commence par soi-même.

Pas simple, à la fin!

Conclusion? L'être accueillant qui habite en nous finit par dire que, tout compte fait, "tant que tu ne me déranges pas, tu peux t'installer".

Sinon, bien, qu'y restent chez eux...

Sauf que...

Le chez-nous pourrait bien devenir une terre d'asile obligée pour une bonne portion des dizaines de millions de personnes qui devront émigrer d'ici 2050, prévoit-on.

On parle de personnes déplacées. Déplacées à cause de la guerre? Du terrorisme politique ou religieux?
Non.

À cause du climat.

En fait, on a beau dire que les changements climatiques n'existent pas ou encore que oui, ils existent, mais qu'ils sont normaux et liés à l'évolution normale de la planète (donc qu'ils n'ont rien à voir avec les abus de l'humain par rapport aux ressources naturelles), le fait est qu'ils existent. Tant et si bien que, selon la Banque mondiale, d'ici 2050, ce sont 140 millions de personnes qui devront s'exiler à cause, notamment, d'une pénurie d'eau potable et de la hausse du niveau de la mer.

Le chacun chez eux ne sera plus suffisant...

Dans une société qui mise très fort sur les droits et libertés individuels, dans un système politique dont le clignotant est à droite de plus en plus, le séisme sera grand quand « l'autre » va devoir s'installer. Parce que le droit à la vie est plus grand que le droit à une place de stationnement privilégiée.

On a beau tout nier en bloc, dire qu'il n'y a rien qui se passe de majeur sur la boule bleue, une chose me semble sûre : il faudra apprendre à introduire pour vrai la notion de collectivité dans notre vie politique, sociale et économique parce qu'on ne pourra pas toujours vivre avec les pieds sur la bavette du poêle alors que « l'autre » n'a plus de lieu pour vivre...

Clin d'œil de la semaine

Quand je colle mon oreille sur les rails, j'entends venir le train...

 


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