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CHRONIQUEURS /
Deux mots à vous dire
François Fouquet Par François Fouquet

Lundi, 1 juillet 2013

La fête des maires…



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Dans le monde politique actuel, le limbo est à l'honneur, il n'y a pas à dire! Pendant que la barre descend, de plus en plus de danseurs tombent au combat.

La commission Charbonneau nous en a appris beaucoup au cours des derniers mois. Trop, diront certains, pas assez, diront d'autres.

Alors que la ville de Montréal connaîtra quatre maires différents en 2013 (incluant celle ou celui qui sera nommé le 3 novembre - et en tenant pour acquis que l'actuel maire par intérim tiendra le coup pendant quatre mois sans scandale!) et alors que la ville de Laval a encaissé le pire du pire, la tutelle, je croyais bien qu'on avait descendu la barre au plus bas.

Eh, bien, non!

Voilà que le maire intérimaire de Laval, ville sous tutelle, démissionne pour une affaire d'escortes, somme toute, assez bassement ridicule. Visiblement, en mauvais stratège, il a voulu faire porter l'odieux à des femmes que personne n'allait croire. La vertu n'est pas le haut fait d'armes de ces femmes, après tout! Attaquée publiquement par celui qui disait ne jamais, mais là jamais, avoir fait appel à des escortes pour des services sexuels, voilà que l'agence d'escortes rapplique et rend publique la liste des textos échangés entre les parties (sans jeux de mots...)

C'est là que le sordide prend le relais de l'incroyable qui, lui-même, avait pris le relais du « ben voyons donc »...

Je n'ose plus dire que ça ne peut plus être pire. Que ça ne peut plus descendre plus bas...

Ce qui me trouble, ce n'est pas tant la barre qui descend alors que nous souhaitons, comme contribuables, que la barre soit bien haute. Plus haute que les soupçons, plus haute que les malversations, plus haute que les disparités économiques et sociales.

Ce qui me trouble c'est qu'au fond, c'est nous qui tenons la barre. Si elle s'est retrouvée si bas, c'est  bien parce qu'on a baissé les bras. La barre a suivi. On a arrêté, pour un très fort pourcentage, d'aller voter. On s'est contenté de gueuler et chiâler pour dénoncer. Des radios poubelles sont nées. On s'est mis à dire les vraies affaires. Des animateurs et chroniqueurs se sont donné le mandat d'insulter tout ce qui bouge, le plus souvent gratuitement.

Et nous, on se disait : « Bon, enfin un qui dit les vraies affaires ». Et on s'en retournait dans nos chaumières en ne s'occupant de rien du tout en lien avec la chose publique. 

Vous voyez, tout cela était strictement inutile. La force brute du gueulage n'a rien donné, sinon que de rassurer faussement les citoyens.

Aujourd'hui, nous sommes à une croisée des chemins. Une vraie.

La participation citoyenne ayant laissé toute la place aux mécréants, il est temps qu'on réalise comment fonctionne une démocratie. Il est temps que sorte un peu de notre bulle confortable et qu'on assiste à des débats, qu'on prenne part à des assemblées publiques, qu'on interagisse avec nos élus et nos aspirants élus.

Tout est là. Nous tenons la barre. À nous de la remonter.

Ceci n'est pas un appel à la grande révolution, nenon! C'est un simple appel à la responsabilité citoyenne. Si chacun, dans son petit quotidien, pose un geste, la saine pression va se remettre à faire monter la barre.

Et, surtout, ne cherchons pas le héros, le chef des chefs par qui le salut arrivera. C'est toute la culture        qu'il faut changer. À partir de la base. Le changement part nécessairement de la base. Pour bien illustrer cet état de fait, remarquez ceci : les politiciens disent souvent qu'ils ont entendu les citoyens et qu'ils les ont compris. Dans la même phrase, ils vous diront que la majorité est silencieuse!

Clin d'œil de la semaine

Le maire par intérim de Laval a voulu jouer les vierges offensées dans un dossier où les vierges n'existent pas. Ne reste que l'offense...



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