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François Fouquet Par François Fouquet

Lundi, 6 août 2018

La grenouille qui ne voulait pas partir



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Et je repense à la grenouille. Sommes-nous en train de ne pas sentir que l'eau commence à bouillir? - François Fouquet

Demander à l'ami Google d'où vient le fait que les Québécois se faisaient appeler «frogs», c'est aller à la découverte d'hypothèses bien variées!

Ou bien c'est dans la façon de prononcer « québécois » (avec l'accent anglais) qui se termine par un « couâ » alors que le cri de la grenouille est le coassement. Mais en anglais, on parle de « croaking » ou de « ribbit » si on imite les sons. Bien peu à voir avec le « couâ »...

Ou bien ça vient de la bible ou bien de France alors qu'on appelait comme ça des riverains de la Seine qui habitaient près d'une grenouillère (devenue aujourd'hui le musée d'Orsay).

Mais, au fond, peu importe réellement.

Nous avons été des frogs...

Puis des grenouilles de bénitier tellement nous étions immergés dans les principes et coutumes religieux.

La Révolution tranquille nous a montrés comme des grenouilles qui voulaient avaler un bœuf, tant nous avons explosé au gré d'une confiance en nous révélée et si longtemps retenue.

Mais celle qui m'intéresse, dans toute cette grenouillère, c'est celle qu'on place dans l'eau et qui ne réagit pas quand la température de l'eau augmente. Elle s'acclimate, en apparence, et finit par mourir d'aise, son confort anéantissant son instinct de survie.

C'est une fable, cela dit.

Des chercheurs ont remarqué que la grenouille décérébrée se laissait mourir, mais celle, normale, cherchait à quitter l'eau au-dessus de 25 degrés.

« Sans-dessein, mais pas fou », dit l'expression.

Mais voilà que je me demande...

Au gré d'une canicule qui frappe la planète de façon assez chaude cet été (l'asphalte fond présentement au Portugal, c'est dire!), deux informations m'arrivent coup sur coup : d'abord, l'île de déchets de plastique qui se retrouve dans l'océan, puis, le fait qu'on vit déjà à crédit (depuis le 1er août) par rapport à ce que la planète peut offrir en ressources naturelles annuellement.

Bon, vous me direz que le calcul de la deuxième nouvelle présente des failles. Possible. La date, au fond, a peu d'importance. C'est peut-être le 16 août. Ou le 29. Allez savoir. Je retiens toutefois deux choses : primo, quand on prend un même calcul année après année, on a au moins une indication, une référence. Et cette indication devrait avoir un effet éducatif. Deuxio, je retiens aussi que, pour le Canada, ce n'était pas le 1er août (cette date étant une date moyenne mondiale), mais bien le 1er mars.

Le 1er mars. Isssshhhhhh...

C'est dire que l'on consomme beaucoup trop et bien plus que bien d'autres pays du monde.

Beaucoup trop, en tous les cas.

Mais notre système économique est basé là-dessus. Les élections s'en viennent, on va nous le rappeler à qui mieux mieux : un peu plus d'argent dans nos poches pour dépenser plus. Dépenser plus pour faire tourner une économie qui a besoin de notre consommation comme une plante a besoin d'eau.

Et je repense à la grenouille.
Sommes-nous en train de ne pas sentir que l'eau commence à bouillir?

Sûrement pas, nous sommes cérébrés.
Ou bien notre société de compensation de la performance par la consommation est en train de nous décérébrer...

Clin d'œil de la semaine
Que penser de l'homme-grenouille après tout cela?


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