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CHRONIQUEURS /
Deux mots à vous dire
François Fouquet Par François Fouquet

Lundi, 22 mai 2017

L’assurance qui déresponsabilise…



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Je ne sais pas si c'est une interprétation erronée de ma part, mais je n'en reviens pas de voir les publicités des compagnies d'assurances générales ces temps-ci, à la télé.

Depuis un bout, les compagnies plaidaient le pardon. Enfin une police qui pardonne. Plutôt deux fois qu'une, s'exclamait Patrick Huard en chauffeur de taxi. Il avait le pardon moins facile dans le film Bon cop, bad cop, de toute évidence! Mais il n'y a pas que Huard, Intact ou Belair et son gars en armure. Nenon !

Une publicité nous présente une scène dans laquelle le toutou de la maison a visiblement fait des dégâts majeurs, s'en prenant à bien des éléments du mobilier. Une voix hors champ intervient pour dire que la compagnie d'assurances est là, là, là et là... Elle paiera pour tout.

Vraiment ?

Je peux ne pas dresser mon chien et le laisser tout détruire sans autres conséquences que de tout renouveler mon mobilier et mon équipement informatique? Wow, j'achète!

Et l'autre, là, l'ado qui joue à un jeu vidéo pendant que son petit frère joue dans la mousse qui sort abondamment du lave-vaisselle. Au moment où l'ado réalise le problème, la trompe de l'éléphant-mascotte emblématique de la compagnie d'assurances en question lui dit de ne pas s'en faire, de continuer à jouer, que les assurances vont voir à tout.

Re-vraiment ?

Je veux bien comprendre que les compagnies s'arrachent les parts de marché. Mais que tout soit couvert comme cela, tout simplement, sans aucune question, ça m'interpelle pas mal. Et je n'y crois pas.

J'en ai surtout contre ce message qui semble dire que, comme consommateurs, on n'a aucune obligation. Aucune responsabilité.

Ridicule.

J'ai une relation ambiguë avec les assureurs. Je les apprécie, mais je m'en méfie. Un microsinistre (sinistre, c'est leur appellation de toute situation, semble-t-il) est survenu dans notre cuisine. Ils ont déterminé que nous n'étions pas couverts. Une installation mal faite, ont-ils plaidé. Ce que nous n'avons pas contesté. Même si l'installation n'était pas de nous, ayant été faite par un des propriétaires antérieurs.

Ce qui est troublant, c'est que s'ils avaient décidé de couvrir, pour même pas un mètre carré de plancher de bois franc gondolé, ils auraient changé le plancher de tout le premier étage parce que les pièces sont communicantes. Un bon artisan pouvait réparer et, à la limite, un sablage et vernissage aurait fait disparaître toute trace de démarcation. Mais non. C'était tout ou rien. Ça a été rien. Et on a réparé.

Face aux assurances, on a deux personnalités, il semble bien : soit on agit honnêtement, soit on se dit que, bof, tout le monde le fait, alors on va s'arranger pour réclamer la totale. Après tout, on paie assez cher, non ?

Ben, justement, plus on réclame fort, plus on paie.

Et comme les compagnies ne perdent jamais et que leurs fournisseurs non plus, devinez qui paie, à la fin ? Ben oui, vous et moi.

Mais ce n'est pas grave, relaxez! Vous êtes assurés!

Alors, n'hésitez plus, empruntez le chien fou de votre beau-frère et remplissez le lave-vaisselle de savon à vaisselle traditionnel et vous referez complètement votre demeure, mobilier inclus...

Clin d'œil de la semaine

Lors de la tempête de verglas, en janvier 1998, l'électricité a manqué pendant des semaines à certains endroits. Eh, bien, il s'est réclamé plus de crevettes congelées dans les secteurs touchés qu'il ne s'en était vendu partout au Québec l'année d'avant. C'est qui l'cave ?


Genevieve Hébert, députée de Saint-Francois
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