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François Fouquet Par François Fouquet

Lundi, 11 octobre 2010

Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom…


11 octobre 2010

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J'ai beaucoup aimé l'univers d'Harry Potter. Vraiment.

Malgré le côté sombre, il y avait une lumière.

Les clins d'œil magiques étaient intéressants. Les toiles accrochées au mur qui prenaient vie, le journal qui présentait un reportage dont la photo se transformait en topo et racontait l'histoire, les hiboux qui transportaient en temps réel des messages qui, eux, devenaient vocaux, bref, une série de clins d'œil rigolos, mais fascinants.

Et puis Voldemort. Oups... Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, devrais-je dire.

Celui-là ne faisait pas dans la dentelle. Il faisait peur. Pas de lumière autour, rien que du sombre. Le genre de personnage qu'on ne veut qu'éviter. Puis, les Détraqueurs. Peut-on trouver plus vile personnage que celui qui se nourrit de ce que l'humain a de positif en soi? Quand il réussit, il vole la joie et la lumière. Il ne reste que le côté sombre de la vie. La mort qui arrive avant d'arriver! Quand j'étais beaucoup plus jeune, on disait d'une personne atteinte de maladie mentale qu'elle était une détraquée mentale.  C'est dire comment le nom Détraqueur est bien choisi! C'est d'ailleurs ce que j'ai aimé de la série de bouquins : les personnages étaient bien campés et transmettaient clairement ce qu'ils avaient à transmettre.

Il est fascinant de constater que la technologie fait en sorte que ce qui était carrément magique dans l'univers de Potter est à nos portes. Bon. Les personnages de nos toiles sur le mur ne prennent pas vie, j'en conviens. Mais, quand on lit une manchette, par exemple, sur le site Estrieplus, on a le reportage raconté de vive voix en cliquant sur la photo. Les hiboux qui livrent un message audio s'apparentent à Skype ou Facebook. On peut tout savoir en temps réel via Twitter. Et tout ça, à partir d'un petit bidule qui tient dans sa poche de pantalon!

On n'est pas si loin de l'univers fantastique de Potter! Et j'aime bien toutes ces applications de réseaux sociaux, d'Internet ou de communication auxquels, d'ailleurs, j'adhère. Sauf pour ce qui est du bidule portatif (IPhone ou Blackberry). Et je ne compte pas aller jusque-là pour le moment.

Parce qu'il y a un côté sombre.

J'ai repensé à Harry Potter dernièrement. Au restaurant, en fait. J'attendais la personne avec qui j'avais rendez-vous et je regardais autour de moi. Les bidules trônaient sur les tables et vibraient à tout bout de champ. Et voilà, un petit texto par-ci, un appel urgent (!) par-là, une escapade sur le Web pour une question x ici, une toute petite consultation avec le bureau là. Bref, toutes sortes d'interventions qui faisaient que ce qui se passait via le bidule prenait plus d'importance que ce qui se passait en réalité. Comme si on devenait plus à l'aise de dire les choses par l'intermédiaire d'un courriel agrémenté d'une émoticône que, comme ça, live, dans la vraie vie. Avec une vraie personne. Une vraie accolade. Une vraie poignée de main.

Il me semblait, ce jour-là, que je voyais flotter des Détraqueurs au-dessus des gens qui avaient le bidule. Des Détraqueurs, qui, sournoisement et silencieusement, siphonnaient littéralement la joie de se revoir, de se regarder, d'apprécier la présence de l'autre.

Et je me disais que ces Détraqueurs travaillaient pour le compte de Celui-dont-on-ne doit-pas-prononcer-le-nom, devenu, en nos temps modernes:  Voldevie...

Cette fois, les faits sont inversés.

Malgré la lumière, il y a un côté sombre.

 Clin d'œil de la semaine

En ce week-end de trois jours, gracieuseté de notre culture religieuse, je risque cette prière dans le dossier d'Orford : «De l'action, de grâce! »


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