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CHRONIQUEURS /
Deux mots à vous dire
François Fouquet Par François Fouquet

Lundi, 30 janvier 2012

Le sucre à la crème


30 janvier 2012

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Douceur entre toutes.

Le sucre à la crème, c'est un mélange qui interpelle les papilles et sollicite le meilleur en nous. Douceur apaisante, je dirais. C'est sans doute grâce au sucre à la crème si la partie supérieure de la bouche est devenue un palais...

Le sucre à la crème, c'est un mélange d'ingrédients et de doigté. On sait que la recette a pris quand l'expérience gustative devient un petit bonheur.

Il n'y a pas beaucoup d'aliments qui ont le pouvoir de nous faire voyager dans le temps. Le sucre à la crème nous ramène à grand-maman, ou à l'arrière grand-maman. Il évoque les souvenirs du temps des Fêtes de notre enfance, remémore des scènes chaleureuses, nous fait revoir clairement les visages familiers de notre entourage. Une expérience sensorielle unique.

La sauce à spaghetti fait un peu pareil? Pas vraiment, puisque la remontée dans le temps s'arrête à la maman. Le sucre à la crème remonte plus facilement les générations.

Ceci n'est pas une chronique Ricardo.

C'est une chronique réconfort.

Au moment où les Shafia suscitent des réactions intenses par la médiatisation de leur procès, que le Parti Québécois essaie de se refaire une autre unité, que Jean Charest tente de convaincre ceux qui prétendent qu'il a perdu le Nord qu'il a un plan, que l'âge de la retraite risque fort de passer à 67 ans... Quand tout ça (et bien d'autres choses) arrive en même temps, un peu de réconfort, ça peut aider.

Bien assis dans une salle magnifiquement décorée de la polyvalente d'East Angus, j'ai assisté, comblé, à la soirée qui lançait les activités du centenaire de la petite ville. Une soirée réconfort. Ma mère nous accompagnait. Elle y est née il y a quelques années déjà...

Je parle d'une soirée réconfort parce que les organisateurs ont eu la brillante idée de montrer une multitude de faits et d'anecdotes historiques, mais toujours sous l'angle des gens qui ont fait arriver des choses. Je vous dirais que, la plupart du temps, ce ne sont pas les notables qui ont pris le plancher des souvenirs, mais plutôt des gens ordinaires sans statut particulier.

Madame Landreville y était. L'enseignante que vous ne connaissez probablement pas est plus qu'une pionnière : elle a 101 ans... Une année de plus que sa ville! Elle s'est adressée à nous, ricaneuse et alerte, remplie d'une joie de vivre contagieuse.

André Gosselin a interprété une chanson magnifique qui rend un hommage touchant au fou du village. Un personnage qui a marqué l'imaginaire collectif par sa seule présence.

L'idée de faire parler des gens nés à différentes époques, des gens de l'ombre, par surcroit, m'a particulièrement touché. Je me suis demandé pourquoi. Et j'ai trouvé, je crois bien. Non, je ne suis pas en pleine crise de nostalgie. Je ne dis pas, non plus, que tout était mieux hier. Mais je retiens une petite leçon de vie qui peut, peut-être, tout changer : on nous a raconté, samedi dernier, l'histoire de gens qui ont fait leur petit bout de chemin pour se défricher une société agréable et organisée. Même les plus jeunes intervenants, des adolescents, adhéraient au principe.

 

Plus de gens qui s'impliquent et moins qui attendent que le système fasse les choses à leur place. Aujourd'hui, c'est le contraire.   

 

Une soirée sucre à la crème, je disais.

 

Ça me rappelle le vieil adage : le bonheur, c'est comme le sucre à la crème. Quand t'en veux, tu t'en fais...

 

Clin d'oeil de la semaine :

 

Le thème de l'atelier par lequel le Parti Québécois veut se refaire une unité : « L'unité...des soins intensifs... ». Au début de la semaine, ils frappaient à la porte des palliatifs, c'est quand même pas si pire!


Genevieve Hébert, députée de Saint-Francois
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