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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Si ça vaut la peine d'être fait...


6 juin 2011
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« ... ça vaut la peine d'être bien fait », aurait répondu mon père, du tac au tac. Et j'aurais applaudi.

 

Chacun réagit à sa manière quand quelque chose est mal fait. L'indifférence pour certains, la colère pour d'autres. Moi, je deviens sarcastique. Ultimement, je peux devenir méchant dans mes réactions. Mais je les tempère. Généralement...

Ce qui demeure, en bout de piste, c'est le fait que les dossiers mal faits discréditent leurs commettants de façon permanente.

Voici donc des exemples de choses que je considère comme mal faites.

Il y a quelques mois, le grand Chara écrase la tête de Pacioretty contre un montant de la baie vitrée au Centre Bell lors d'un match de hockey. Pourquoi est-ce que j'en reparle après tant de mois? La suite de l'incident a été mal faite. Chara a expliqué qu'il ne savait pas où il se trouvait exactement sur la patinoire et qu'il n'avait aucune idée de l'identité du joueur qu'il frappait. Un peu plus et il ajoutait: « Je ne savais même pas qu'on jouait ce soir-là... ». Qu'aurait été une réponse acceptable?  « Dans le feu de l'action, mon geste a vraiment dépassé l'intention que j'avais, j'en suis sincèrement désolé. » On aurait senti un minimum de conscience humaine et professionnelle. En lieu et place, il reste la frustration. Pour moi, elle devient sarcasme. J'imagine Chara dire: « Je tuerais pour avoir mon nom sur la Coupe Stanley.et j'arrive en séries bien préparé... »

Mal faire les choses laisse donc des traces profondes.

Autre affaire...

Stephen Harper  changera le directeur des communications de son cabinet en septembre prochain. Pour la 5e ou 6e fois en 7 ans. Ce n'est pas rien! Encore là, le mal fait remonte à la surface. Il a tellement fait en sorte, au fil des ans, que  les messages diffusés soient manipulés et remplis de petits vices qu'on a peine à croire à la valeur même du service des communications de notre premier ministre. Le sarcasme me gagne à l'annonce de la nouvelle de la démission de Dimitri Soudas. « Il démissionne, mais ne quittera son poste que dans trois mois...Il doit avoir encore des dossiers à mener à bon port... » me dis-je. Ou encore, j'imagine l'offre d'emploi de Harper :  Nous recherchons un faussaire des communications capable de faire dire n'importe quoi aux mots et prêt à laisser ses principes au vestiaire chaque matin. Et le texte se terminerait ainsi : Ce n'est pas pour la forme écrite que le masculin est utilisé.

Je sais, ce n'est pas fin, mais le sarcasme finit par me gagner...

Parfois, dans les dossiers mal faits, je ne peux même pas être sarcastique pour faire baisser la pression. C'est le cas du dossier-spectacle du maire Labeaume et de PKP. Quand les principaux intéressés servent des arguments aussi vides que ceux qu'ils ont présentés pour défendre l'extraordinaire urgence d'agir, quand la présidente du spectacle aurait pu facilement être remplacée par un chronomètre mécanique, ça prend une méchante dose de sarcasme pour constituer un exutoire à la bêtise qui se joue devant nous. Et quand le magnifique maire Labeaume dit à Khadir : « Je ne vous demande pas d'aimer Quebecor, je vous demande d'aimer les gens de Québec », je me dis que le simple fait de reproduire sa phrase est sarcastique en soi. Le maire a proposé, par l'exemple, une définition limpide du mot démagogie. Les dictionnaires célèbres ne feraient pas mieux.

C'est mal d'exprimer autant de sarcasmes, je sais bien. Mais je deviens comme un presto qui va éclater. Il faut une soupape. C'est la mienne.

Et au moment où je me dis que rien ne peut être pire. Voilà que le dossier d'Orford revient dans l'actualité. « Prendre un dossier et en faire une montagne» me dis-je.

J'ai grandi à l'ombre de l'Orford.

Maintenant, c'est Orford qui vit dans l'ombre. 

Clin d'oeil de la semaine

André L'Espérance doit se dire: « Si tu ne peux aller à la montagne, laisse la montagne venir à toi... »       


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