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CHRONIQUEURS /
Deux mots à vous dire
François Fouquet Par François Fouquet

Lundi, 2 novembre 2015

Difficile espoir



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Si je reprenais là où j'ai laissé la semaine dernière, je dirais que la lueur au bout du tunnel est bien là et que, cette fois, ce n'est pas un train qui nous fonce dessus. Je vous disais alors que j'avais espoir que les manières changent avec l'arrivée de Trudeau fils.

Vous savez quoi? Mon espoir demeure. Oui, oui, je sais, nous sommes en pleine lune de miel. Il y aura un réveil! Mais, quand même, ne me demandez pas de renoncer à ma vie maintenant sous prétexte que le cancer peut m'attraper plus tard!

Mon espoir, souvenez-vous, tenait essentiellement dans une manière nouvelle de dire et de faire. Je n'ai pas un espoir fou en Trudeau lui-même. Je ne suis pas de ceux qui croient qu'un individu, homme ou femme, peut faire toute la différence. Certains personnages sont marquants, j'en conviens, mais seuls, on ne fait pas grand-chose. Harper a sombré dans sa solitude impériale qui lui a fait faire et dire des bêtises impérieuses. Quand on croit qu'on est celui par qui tout doit et va passer, on n'est pas loin de se prendre pour un Dieu. Et ça, c'est mal!

Revenons à l'espoir.

Trudeau a été élu en ramenant le discours vers le centre. Il a précisé la pensée économique d'investissements dans les infrastructures. Il ne s'est pas caché d'un éventuel déficit (pour quelques années, a-t-il précisé. On peut être d'accord ou pas, mais la chose est dite. Juste pour cela, il y a de l'espoir.

Dis ce que tu fais et fais ce que tu dis. C'est trop demandé?

À Québec, oui, il semble bien.

On négocie avec la Fonction publique en plaidant que l'argent n'est pas au rendez-vous. Que l'État n'a pas les moyens de ses ambitions et qu'on n'a aucun choix. En même temps, le gouvernement Couillard dit agir de façon responsable et au nom de la conservation du modèle québécois que l'on connaît.

Ça, c'est ce qui est dit. Et c'est confirmé par le ministre Leitao qui jure qu'on n'est pas en train de toucher au modèle. Pourtant, les visées du gouvernement vont dans un sens opposé. On n'a pas les moyens maintenant et on souhaite réduire les impôts de tous à l'avenir. C'est donc qu'il faudra ouvrir la porte à la privatisation, au retrait substantiel de l'État dans les services à la population.

On fait ce qu'on dit qu'on ne fait pas.

On engage plus d'un milliard de dollars (qu'on n'a pas) pour aider Bombardier. Et ça se défend. Jusque-là, ça peut aller. Mais quand le nom de Bombardier sort parmi la liste des entreprises qui dévient des sommes colossales dans des paradis fiscaux, j'ai un malaise. Le gouvernement prend nos impôts pour investir dans une compagnie qui ne paie pas son dû. Pas fort.

Dis ce que tu fais et fais ce que tu dis.

Le gouvernement Couillard croit en un modèle où on baisse les impôts pour les contribuables et pour les entreprises. Au nom d'un modèle plus léger et moderne. Je veux bien. Mais peut-on en parler? Peut-on préciser comment fonctionnera le filet social? Qui prendra charge de la santé et de l'éducation? Comment voit-on à ce que nos personnes âgées reçoivent des soins dignes de ce nom?

Vous savez, toutes ces opérations nécessaires, mais non réalisables quand on cherche le profit sur chaque geste?

L'espoir est difficile quand on voit le modèle changer et qu'on nous dit, en même temps, qu'il ne change pas.
  
J'imagine qu'on se dit que si tout cela était dit, on ne serait pas élu et que, à ce moment-là, on ne pourrait pas faire ce qui est bon pour le peuple. En bon prophète, on tait nos actions, mais on les fait quand même. La démocratie est une bibitte trop lourde pour comprendre ce qui se passe, semble-t-il...

Ça ressemble à la méthode Harper.
  
Méthode qu'on est en train de changer.

Enfin, j'espère...

Clin d'œil de la semaine

Espérer. Des fois, c'est dur en désespoir!


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