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Le dindon sauvage, ennemi des maraîchers de la région


Vu le problème d’expansion rapide du nombre d’individus, qui on le sait maintenant, peut nuire à la production maraîchère, les producteurs sont inquiets.
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Photo : crédit photo: Pixabay
Daniel Campeau Par Daniel Campeau
redaction@estrieplus.com
Vendredi 9 août 2019

La Vallée des grands potagers de Compton a perdu l'équivalent de 36 poches de maïs mangés par les dindons sauvages en une nuit! C'est le type de ravage que peut causer un petit groupe de dindons sauvages, lorsqu'il cible des champs présents sur leur passage.

Julie Drouin et son conjoint Simon Grenier sont de jeunes producteurs maraîchers qui ont élu domicile aux abords de la route 147, tout près du Verger le Gros Pierre à Compton.Il y a quelques semaines ils ont vu le tiers d'un lot de maïs être dévoré par les dindons sauvages, causant une perte avoisinant les 2000$ alors que les oiseaux ont mangé l'équivalant de 36 poches de maïs en un rien de temps.

Le problème est que les populations de dindons sauvages sont en expansion depuis une trentaine d'années et ce dans les régions les plus méridionales du Québec. Aujourd'hui, le dindon sauvage est établi principalement dans quatre régions administratives : la Montérégie, l'Estrie, l'Outaouais et le Centre-du-Québec. Ici en Estrie on en retrouve de plus en plus et il est assez fréquent de les voir en troupeau sur le bord des routes. Les dindons se tiennent très souvent en groupe et sont malheureusement de moins en moins craintifs des automobiles, qui doivent manœuvrer afin de les éviter, augmentant ainsi le risque de sortie de route et de collision.

Depuis 2008 le dindon sauvage est chassé au Québec; il est donc le nouveau gibier vedette pour les chasseurs, gagnant en popularité depuis la mise en place d'une chasse spécifique à cet oiseau. La chasse au dindon sauvage est maintenant permise au printemps, mais la limite de prise est de seulement deux dindons par année. Vu le problème d'expansion rapide du nombre d'individus, qui on le sait maintenant, peut nuire à la production maraîchère, les producteurs sont inquiets. Eux qui sont déjà aux prises avec les ratons laveurs et les chevreuils, en plus d'avoir à composer avec les caprices de dame nature. Plusieurs choisissent d'ailleurs d'abandonner la production maraîchère par manque de rentabilité.

De leur côté, Mme Drouin et M. Grenier espèrent qu'avec un nombre grandissant de dindons, ce problème, qui devient de plus en plus important et qui représente une menace pour leurs récoltes, seront entendus par le gouvernement et qu'il acceptera de se pencher sur la question rapidement.

Le plan de gestion du dindon sauvage parle de quatre enjeux principaux ayant été identifiés par Québec. Dans le document il est entre autre question de la pérennité de l'espèce, du développement de la chasse, de la coexistence avec la faune, mais rien ne fait mention de la menace qu'elle représente pour les maraîchers si sa population poursuit sa croissance.
En attendant les propriétaires devront trouver une façon de protéger leurs récoltes contre ces hordes de drôles de gros oiseaux qui se nourrissent du maïs et autres cultures céréalières.

Heureusement, La Vallée des grands potagers de Julie Drouin et Simon Grenier, offre une diversité de produits tels que ceux de l'érable récoltés et bouilli à l'ancienne, des fraises, des mûres et des citrouilles, en plus de leur culture de maïs. Il n'empêche que c'est le genre de perte financière qui est irrécupérable et qui rend l'atteinte de rentabilité difficile pour une petite entreprise comme celle-ci.

 


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