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Deux mots à vous dire
François Fouquet Par François Fouquet

Lundi, 25 mai 2020

Le goût d’y croire



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Nous vivrons un été de même. C'est-à-dire autrement. Pas comme prévu, probablement. Il n'y aura pas de grands rassemblements. Pas de spectacles à 450 personnes dans une salle qui est bâtie pour 400 ou on sait qui se parfume trop et qui n'utilise pas de déodorant.

C'est comme ça.

On va apprendre ensemble à se comporter avec un risque inhérent et nouveau qui nous entoure. Une patente microscopique. Tout petit. Bien présent. Ce n'est pas la nouveauté qui effraie. C'est que si on attrape la maladie que propage le virus, on se retrouve pas mal seul avec soi-même pour se défendre. Parce qu'on ne connaît pas bien l'ennemi. Pas encore, du moins.

Après le printemps, l'été ?

Le printemps froid et maussade que nous avons connu a semblé programmé par le bon sort, cette fois. Plus facile de rester confiné quand il fait froid, qu'il pleut et que rien n'est vraiment possible à l'agenda.

Mais l'été frappe un grand coup en s'installant un mois d'avance avec une dizaine de journées ensoleillées et chaudes consécutives! Pourtant, il sera officiellement appelé ainsi le 21 juin seulement!

Notre printemps maussade a permis, quand même, de mettre, dans bien des cas, les choses à niveau dans nos vies, dans nos petites rénovations, nos petits travaux qui attendaient qu'on ait enfin du temps!

Puis, les gens ont cuisiné comme rarement au cours des 20 dernières années! Médias sociaux aidant, on a vite compris, dans les chaumières, qu'on pouvait se débrouiller en temps de confinement. Cela est juste et bon!

Et vous savez quoi? J'ai le goût d'y croire! De croire qu'il y a une part d'enseignement dans tout ça! Qu'il y a une réflexion, si minimale soit-elle, derrière cet arrêt soudain de notre rythme de malade.

J'ai le goût de croire que la bonne humeur est plus payante que le gueulage. Mais là, ma foi est ébranlée, j'avoue.

Il y a des années que j'ai réalisé que la pire des affaires à faire, quand les choses ne vont pas exactement comme prévu, c'était de gueuler après le premier venu qui, souvent, n'est qu'un messager dans l'histoire.

J'ai le goût d'y croire, mais...

À l'épicerie, devant moi, le client s'impatiente. La question du jeune caissier était toute simple : « avez-vous la carte Air Miles? » Péter une coche en répondant à cela, c'est possible? Oui! « Criss, tu vois que je remplace l'emballeur parce que vous touchez pus à rien? Donne-moi deux minutes! » Il a fini sa phrase en marmonnant deux ou trois mots d'église. Il a répondu au « bonne journée" du jeune caissier par « Ben oui, c'est ça... »

Je sais, je sais, il se trouvera des gérants d'estrade et des avocats du diable pour défendre le client. C'est déprimant, mais il y en a pas mal, à part de ça! On a beau être à bout de la situation, tuer une mouche avec un bazooka est un peu intense. Et ça laisse plein d'effets collatéraux.

Achevant d'emballer mes trucs, quelques minutes plus tard, j'ai dit au caissier : « Ah! Oui, j'ai la carte Air Miles! » Le sourire que j'avais l'a visiblement soulagé d'un poids. « J'osais pas trop le demander! »

Je suis optimiste de nature.

J'ai le goût de croire qu'on essaiera de retrouver un équilibre dans nos vies. Qu'on fera l'apprentissage d'une manière différente de faire les choses. Qu'on changera des trucs en route. Parce se mettre dans un état pareil est tout sauf bon pour la personne elle-même et tout le monde autour.

J'ai le goût de croire qu'on respectera un peu plus la mouche et qu'on rangera, surtout, le bazooka!
Mais faudra que je sois patient, je crois bien...

Clin d'œil de la semaine

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