Rythme_avril20
Netrevolution Forfaits internet & Téléphonie illimité

Accueil   Chroniqueurs   Partenaires   Contactez-nous          
Annonces Classées Maison à vendre Concours Magasin général Calendrier INFOLETTRE
  Deux suspects recherchés pour vol
 
ACTUALITÉS
Estrie
En bref
Ça se passe chez nous!
Affaires & juridique
Sports
Culture & Événements
Memphrémagog
Habitation
Automobile
Santé et Beauté
Famille
Découvertes
L'actualité en vidéos
L'actualité en photos
Blogue
CHRONIQUEURS /
Deux mots à vous dire
François Fouquet Par François Fouquet

Lundi, 4 mai 2015

Arrête un peu, toi, là!



 Imprimer   Envoyer 

Quand j'étais enfant, on jouait à la police ou aux cowboys, nos bicyclettes Mustang servant tantôt de moto de police ou de cheval pour le cowboy. Le trottoir devant les maisons des voisins devenait une route rejoignant chacun des forts, situés dans chacune des cours des maisons de mes amis.

Bizarrement, que l'on soit policier ou cowboy, une chose ne changeait pas : on s'appelait tous Joe. Allez savoir pourquoi.

« Hey, Joe, vient m'aider, je suis pris! »

« OK, j'arrive Joe! » Et mon ami arrivait à ma rescousse, sous le vacarme des cartes à jouer qui se frottaient aux broches des roues des bicyclettes, bien tenues par des épingles à linge.

Puis, presque forcément, un d'entre nous exagérait. Soit il disait quelque chose d'un peu trop gras au goût d'une des mamans des acteurs du jeu de rue, soit un des Joe tapait trop fort sur un autre Joe, mais toujours est-il qu'à tout bout de champ, une porte s'ouvrait et une maman s'exclamait : « Arrête un peu, toi là! »

Ça, ça voulait dire beaucoup. Ça voulait dire j'en ai assez vu ou entendu, ça voulait dire tu ne t'en tireras pas de même, ça voulait dire, surtout, que le jeu s'interrompait, le temps d'une conséquence.

Le plus fort des policiers ou des cowboys venait de se heurter à l'ultime pouvoir dans nos vies, la maman d'un des amis qui en avait assez.

C'est drôle, mais on ne remettait pas en question cette autorité-là. On savait à quoi s'en tenir. Il y avait des affaires qui se faisaient et d'autres qui ne se faisaient pas. Des affaires qui se disaient et d'autres qui ne se disaient pas. C'était comme inscrit dans le contrat social qui régnait nos jeux, notre petite société à nous.

Quand on exagérait vraiment, il fallait réparer. La punition elle-même ne suffisait pas. Il fallait, parfois, partir avec son père ou sa mère et aller frapper à la porte de l'autre personne concernée par ce qui était arrivé. Les parents s'expliquaient un peu, puis les excuses étaient exigées.

Je me souviens de cette fois :

« Salut, mon fils François a vraiment été rude avec ton fils cet après-midi. Il lui a dit des choses vraiment pas correctes. »

« Ah! Entre! Mon gars ne m'en a pas parlé, mais on va tirer ça au clair »

L'agresseur et la victime se retrouvaient face à face, tête plus ou moins baissée, rêvant que ça finisse rapidement.

« C'est vrai qu'il t'a dit ça après-midi? », demande le papa de la victime.

« Oui... »

Ma mère me dit tout de suite : « Excuse-toi maintenant! »

« Je m'excuse... »

« Donnez-vous la main », reprend ma mère. Ce qui fut fait.

Au moment où je croyais que tout était fini, le papa de la victime reprenait : « OK, c'est bon. Mais, j'imagine qu'il t'a dit ça pour rien? Juste pour être méchant? T'as pas couru un peu après? »

« Ben... »

« Ben, c'est ça, répond le père sans attendre. Tu sauras que dans la vie, quand on crache en l'air, ça nous retombe sur le nez. François s'est excusé, c'est correct, mais repense à ton affaire pour les prochaines fois toi aussi ». 

Mon ami et moi étions soulagés. Non seulement la barrière de la chicane était tombée, mais un peu de ciment supplémentaire avait été mis entre les briques des valeurs de la vie de société.

Aujourd'hui, je lis les insultes épouvantables qui se disent sur le Web, je constate cette façon qu'ont plusieurs parents de défendre leur enfant si chéri alors qu'une bêtise est commise ou, encore, cette façon qu'ont plusieurs parents de blâmer tout le système scolaire plutôt que d'enseigner la conséquence des gestes à leur enfant et je me dis qu'on a échappé quelque chose en chemin.

Personne n'est parfait, mais des fois, j'ai le goût de crier, en pensant à ces parents : « Arrête un peu, toi, là! »

 

Clin d'œil de la semaine :

L'ultime menace de nos jeux de police et de cowboys : « T'es mort ou ben non, je joue pus! »



1077 Printemps 20
Devenez membre de notre facebook
  A LIRE AUSSI ...
Ce temps d’attente est bien involontaire de notre part

Ce temps d’attente est bien involontaire de notre part
Quand l’opinion ne tient plus

Quand l’opinion ne tient plus
DOMINO’S PIZZA - magasin général
NOS RECOMMANDATIONS
La radio pour rejoindre les communautés culturelles

La radio pour rejoindre les communautés culturelles
Le temps d’un confinement

Le temps d’un confinement
PLUS... | CONSULTEZ LA SECTION COMPLÈTE...

Inscription Infolettre EstriePlus.com
BdT 17 mars 20
 
Pierre-Olivier Pinard
Mardi, 7 avril 2020
Êtes-vous prêt à avoir la COVID-19? Partie 2

François Fouquet
Lundi, 6 avril 2020
Grand complot, croyances et COVID-19

Claude Hébert
Dimanche, 5 avril 2020
Le temps d’un confinement

Me Michel Joncas
Jeudi, 2 avril 2020
Coronavirus et bail commercial

Daniel Nadeau
Mercredi, 1 avril 2020
Un monde perdu, un monde à venir…

Isabelle Simoneau
Mardi, 31 mars 2020
Un monde de découvertes au bout de nos doigts

JD Mars 2020
1077 Printemps 20
Soigner sa santé mentale en ces temps incertains Par Anita Lessard Mercredi, 1 avril 2020
Soigner sa santé mentale en ces temps incertains
Tous dans le même bateau	Par François Fouquet Lundi, 30 mars 2020
Tous dans le même bateau
Le CEGEP de Sherbrooke créé un fonds d'urgence Mercredi, 1 avril 2020
Le CEGEP de Sherbrooke créé un fonds d'urgence
ACHETEZ EstriePlus.com
bannières | concours | répertoire web | publireportage | texte de référencement | site web | vidéos | chroniqueur vedette
2017 © EstriePlus.com, tous droits réservés | Contactez-nous