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La bigorexie, vous connaissez?

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Elizabeth Nadeau Par Elizabeth Nadeau
enadeau@estrieplus.com
Lundi 4 janvier 2016

La bigorexie est un trouble mental qui pousse une personne à pratiquer des activités sportives de façon exagérée dans le but de développer une masse musculaire disproportionnée. Le trouble toucherait davantage les jeunes hommes au même titre que l'obsession de la minceur chez les jeunes femmes.

Mais tout comme les jeunes femmes, les garçons souffrant de bigorexie, ou dysmorphie musculaire (DM), cherchent à ressembler à l'image de ce qui est couramment véhiculé dans les médias, selon le Centre de référence pour professionnels sur les troubles de l'alimentation et de l'image corporelle au masculin.

Rien à voir avec le « douche bag » cependant, selon Janie Blais-Bélanger, nutritionniste-diététiste à l'Alliance sherbrookoise pour des jeunes en santé. « Ce qui est appelé le « douche bag » n'est pas lié un trouble mental et la définition peut varier d'une personne à une autre. C'est plutôt une perception que l'on a de quelqu'un qui s'entraîne beaucoup, peut-être trop selon ses pairs », souligne-t-elle.

Un trouble psychologique réel
La DM est considérée comme un trouble obsessionnel compulsif et une sous-catégorie de la dysmorphophobie, ou la crainte obsédante d'être malformé ou laid, selon le Centre. La DM serait d'abord propagée chez les athlètes adeptes de musculation, ou « bodybuilding ».

« La problématique se trouve favorisée par la minceur et la musculature comme standards de beauté, explique Janie Blais-Bélanger. En fonction de ces paramètres de perfection véhiculés et valorisés par la société, la bigorexie est le résultat de l'insatisfaction de l'homme quant à son image corporelle. »

Selon le Centre, « la majorité des hommes souffrant de DM s'entrainent et/ou lèvent des poids et haltères de façon excessive (compulsion), pouvant même leur causer des dommages corporels. L'alimentation devient aussi une préoccupation importante. Ils entreprennent souvent des régimes alimentaires stricts pour maximiser les résultats de leur entrainement. On remarque alors des apports très faibles (ou inexistants) de matières grasses, une consommation excessive de protéines, la prise de suppléments alimentaires et parfois de produits vendus dans les centres de conditionnement physique (dont les effets sur la santé ne sont pas toujours connus). »

Certains ont aussi recours à des stéroïdes pour augmenter leur masse musculaire, leur force, la synthèse protéique et réduire leur masse adipeuse, l'usage de ces substances peut aussi causer des troubles de santé mentale tels que la dépression.

Selon Mme Blais-Bélanger, la bigorexie peut résulter en l'effet recherché inverse.

« La bigorexie peut affecter de façon négative l'estime de soi, influencer la vie affective de la personne qui en souffre puisqu'elle croit qu'elle a besoin de changer pour séduire et être attirante. Comme l'entraînement occupera la majorité de son temps au détriment des activités sociales, de loisir et de détente, les relations sociales s'effriteront. Et lorsque perte de contrôle il y a sur les restrictions rigides que la personne s'impose, la détresse psychologique devient fort probable en plus des dangers liés aux blessures physiques causées par un surentrainement. »

Comment reconnaître que son jeune pourrait souffrir de la bigorexie?
Comme la différence entre rigueur et obsession peut être difficilement perceptible, il peut être difficile pour un parent ou un ami de détecter si une personne souffre de bigorexie. Toutefois, Mme Blais-Bélanger expose quelques-uns des signes avant-coureurs pour aider à détecter le trouble.

« La personne vivra un sentiment intense d'être trop petit ou trop maigre malgré une musculature bien développée et aura un désir incessant et obsessionnel de modifier son apparence corporelle par l'entraînement physique intense et quotidien, affirme-t-elle. Elle observera des rituels et des règles très rigides entourant l'entraînement, l'alimentation et dans certains cas la prise de suppléments ou de produits visant à augmenter la masse musculaire. »

La personne qui n'arrivera pas à faire tous les entraînements physiques qu'elle s'impose souffrira d'un sentiment intense de culpabilité. Elle mettra de côté ses activités sociales ou professionnelles au profit de l'entraînement alors qu'au final, elle se sera surentrainée, souffrira de fatigue et sera sujette aux blessures sportives en raison de l'absence de périodes suffisantes de récupération.

Selon Janie Blais-Bélanger, les intervenants qui gravitent autour des jeunes doivent demeurer à l'affût des signes et symptômes.

« Il sera important de créer un lien de confiance avec le jeune pour ensuite le référer à des professionnels de la santé tels qu'un médecin ou un psychologue. L'empathie et la communication sont des comportements à privilégier, de même que la non-confrontation. Avec un suivi adéquat par des professionnels, le jeune a de meilleures chances de retrouver un rythme de vie sain et équilibré », conclut-elle.


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