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Deux mots à vous dire
François Fouquet Par François Fouquet

Lundi, 20 septembre 2010

Symphonie de bacs


20 septembre 2010

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Le paysage change. Les choses aussi.

Près du cabanon, à la maison, il y a trois bacs destinés à m'aider dans la gestion des rebuts que je génère. Un vert pour le recyclage, un brun pour le compostage, et un noir pour les déchets à être enfouis.

Trois bacs.

Quand j'étais plus petit, je me souviens avoir obtenu la permission de peinturer le seul bac à déchets qu'on avait à la maison. Il était en métal. C'était, en fait, un baril de quatre pieds de hauteur environ. Pour en assurer la solidité, il y avait deux petits bourrelets qui, visuellement, divisaient le contenant en trois parties égales sur la hauteur. Mon idée, qui a été acceptée par mes parents, était de peinturer le baril en blanc, orange et blanc. Le même orangé que la porte avant du domicile. Le couvercle? Orangé, il me semble. À mon oeil, le baril serait plus propre ainsi. Plus beau, en fait. Quand j'y repense, cette apparente propreté camouflait le fait qu'on jetait tout là-dedans! Pour passer de la maison au bac, on se servait de sacs de papier récupérés de l'épicerie. Et les éboueurs venaient, à deux et armés d'une grande cuve grise, récupérer le contenu des vidanges jusque dans le fond de la cour!

Je me souviens aussi de la commotion, plusieurs années plus tard, quand on a remplacé ces barils par des bacs avec des roulettes qu'il fallait dorénavant déplacer (nous-mêmes!) jusqu'à la rue chaque semaine. Les lignes ouvertes étaient en feu et les vox pop des journaux pas très élogieux pour les autorités municipales. Puis, sont venus les deux autres bacs et, avec eux, un apprentissage des notions de récupération et compostage.

Cette semaine, j'ai cru revivre une scène de Retour vers le futur en lisant et entendant les commentaires durs de citoyens qui s'élevaient contre une décision des administrateurs de la ville d'espacer les délais de cueillette des déchets à être ensevelis. Et j'étais navré de constater à quel point certains sont fermés au concept de responsabilité de la gestion de ses propres déchets.

Jamais, il me semble, nous n'avons eu autant d'outils pour gérer adéquatement ce que nous rejetons dans l'orgie quotidienne de notre consommation. Gâtés pourris (comme disait ma mère), voilà qu'on vient chercher tout ça à la porte. Et si, par exception, on génère plus de déchets et que le bac de récupération ou de déchets déborde, il est tout simple d'aller porter le surplus à l'écocentre...

Ce qui me navre, c'est de constater que le concept même des déchets ne soit visiblement pas encore complètement compris et intégré. Nous sommes responsables de ce que nous jetons. De ce qui reste de notre consommation. Collectivement, nous nous sommes donné des moyens de gérer ces montagnes de trucs qui débordent de notre quotidien. Le moins que l'on puisse faire, c'est de voir à réduire la quantité de ce que l'on rejette et de contribuer au fait de réduire le rythme des cueillettes.

Puis, il me vient cette image de pôpa de la P'tite vie et je constate la justesse du propos de l'auteur Claude Meunier quand il parlait de l'importance des déchets dans nos vies...

Clin d'œil de la semaine

Je regarde la Commission Bastarache. Découragé, je sors prendre l'air. Je vois alors mes trois bacs et me dis que je ne saurais pas trop dans lequel jeter cette incroyable mascarade...
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