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La saison du nez qui coule

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Elizabeth Nadeau Par Elizabeth Nadeau
enadeau@estrieplus.com
Mardi 7 juin 2016

La saison des mouchoirs ne connait pas de fin pour les gens qui souffrent d'allergies saisonnières! Si votre nez vous chatouille à la vue de cette image, vous en souffrez probablement. Estriens aux yeux bouffis, aux nez congestionnés et au mal de bloc dû aux éternuements : connaissez-vous la cause de vos symptômes?

Le docteur Marek Rola-Pleszczynski, allergologue et immunologue au CHUS, a gentiment accepté de répondre à nos questions quant à ces allergies et leurs symptômes parfois carrément handicapants.

Selon lui, une allergie est « une façon de l'organisme de réagir à un élément auquel il ne devrait pas réagir. C'est une déviance du système immunitaire qui se traduit par le fait que le corps produise des anticorps vis-à-vis des éléments qui ne sont, dans les faits, pas dangereux. »

Aussi appelées rhume des fois ou rhinite saisonnière, l'allergie saisonnière affecterait une personne sur huit au Québec. Confrontées à un allergène, les cellules du corps reconnaissent un « danger potentiel ». Lors d'une exposition subséquente, les cellules du corps enclenchent la production d'histamine, une molécule qui, en se fixant aux autres cellules, entraîne les symptômes allergiques tels que le larmoiement, les éternuements, l'urticaire...

« Pour une personne sensible des bronches, on peut en venir à souffrir d'asthme. Pour d'autres, cela peut aller jusqu'à une réaction sévère, comme un choc anaphylactique », souligne le Dr. Rola-Pleszczynski.

Comment savoir ce à quoi on réagit?
Difficile de déceler avec précision ce à quoi nous sommes allergiques lorsque nos yeux rougissent au printemps. Dans les faits, on peut réagir à n'importe quel pollen, à n'importe quel moment de la saison... il suffit que nos cellules entrent en contact avec l'allergène pour déclencher la réaction.

« Ces temps-ci, les gens qui réagissent sont probablement allergiques aux pollens de bouleaux et d'érables parce que leurs pollens sont volatils. En juin et en juillet, les allergies sont souvent dues aux plantes graminées, comme le foin. Et du mois d'août au mois d'octobre, c'est habituellement la saison de l'herbe à poux qui est en cause, explique-t-il. Toutefois, à moins que les antihistaminiques habituels ne soient pas suffisants, ce n'est pas nécessaire de savoir ce à quoi une personne est allergique. »

Et pour les malchanceux pour qui les médicaments habituels n'ont peu ou pas d'effets, la science a permis de mettre au point des vaccins qui permettent la désensibilisation chez certains sujets.

« Le vaccin fonctionnera pendant quelques années, mais on doit d'abord faire des tests d'allergies pour en connaître la cause exacte, puis subir une série de traitements présaison qui durent parfois jusqu'à neuf semaines. Dans le cas des pollens, le vaccin fonctionne environ 80 % du temps », affirme le Dr. Rola-Pleszczynski.

Et pour ceux qui devront « faire avec » cette année encore?
« Les approches de base recommandent de fermer les fenêtres pour éviter que le pollen entre dans la maison. Si les symptômes sont importants, on aura au moins la paix dans la maison! Il faut aussi limiter l'utilisation de la corde à linge pour faire sécher les vêtements et, bien sûr, les draps. Pour ceux qui tentent de soulager leurs symptômes par des médicaments, ils doivent les commencer avant que les symptômes apparaissent. Si c'est le cas, c'est que l'histamine a été libérée et le traitement ne sera pas efficace. »

Y-a-t-il une raison derrière la prolifération des allergies?
« La façon de vivre à l'occidentale, très stérile, ultra propre, fait en sorte que le système immunitaire n'apprend pas à se protéger par lui-même. La théorie la plus plausible est celle de l'hygiène excessive, même si aucune hypothèse n'a encore pu être confirmée », avance le Dr. Rola-Pleszczynski.

Le système immunitaire serait-il donc devenu paresseux?
« Possiblement. L'organisme est bien fait pour lutter contre les microbes et les pathogènes qui sont présents dans notre environnement, qui comprend des millions de bactéries vivant en parfait équilibre. Plusieurs études suggèrent notamment que les facteurs familiaux peuvent influencer la réaction ou la non-réaction allergique.»

D'autres données tendentt à démontrer que chez les enfants qui vivent sur une ferme, l'incidence d'allergies et d'asthme est moindre que chez les jeunes citadins. Le contact avec les bactéries ne seraient donc pas nécessairement nocif, et celui avec les animaux, par exemple, non plus. Peut-être même bénéfique, dans une optique de renforcement du système immunitaire.

« Cette explosion du nombre de cas d'allergies ne se voit pas dans les pays en développement. Comme c'est une réalité propre aux pays industrialisés, cela a probablement quelque chose à voir avec notre façon d'être. La recherche avance, mais l'expérimentation humaine est complexe et difficile et nous ne disposons pas de modèle d'animaux allergiques », conclu le Dr. Rola-Pleszczynski.


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