Jorge Alberto Castro vit possiblement ses dernières heures en sol canadien. À moins d'un revirement de situation de dernière minute, deux agents de l'immigration le reconduiront à l'aéroport à 3 h 30 cette nuit, de l'expulser du Canada pour le renvoyer dans son pays d'origine, la Colombie.
Sa demande de protection en vertu de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés ayant été refusée, seulement deux scénarios pourraient empêcher la déportation de M. Castro. « Nous avons déposé une demande de sursis judiciaire afin de retarder l'expulsion d'Alberto, nous serons entendus cet après-midi et le juge prendra sa décision par la suite. Notre député, Pierre-Luc Dusseault est à Ottawa aujourd'hui pour déposer une pétition contre l'expulsion de M. Castro aujourd'hui et il tente toujours d'obtenir une rencontre avec le ministre de l'Immigration Jason Kenney, afin que celui-ci intervienne dans le dossier », explique Juan Ovidio Arango, directeur de Colombiestrie.
La Colombie représente toujours un danger pour M. Castro
Installé au Canada en tant que réfugié depuis 2008, M. Castro est maintenant sommé de quitter le pays, puis selon les autorités fédérales en matière d'immigration, il n'y a aucun risque en Colombie pour sa survie de M. Castro, ce que ce dernier, ainsi que plusieurs membres de son entourage contredisent.
« Plusieurs éléments n'ont pas été tenus en compte dans le processus de M. Castro, dont son implication politique en Colombie. Il a appartenu à l'Union patriotique de Colombie (UP), un groupe qui a vu 5 000 de ses militants se faire assassiner par les forces de la sécurité et les groupes paramilitaires depuis 1986. Malheureusement, les fonctionnaires canadiens ont une méconnaissance de la réalité colombienne, ils nous disent que le conflit en Colombie est terminé, alors que ce n'est pas le cas. Encore en 2010, 51 syndicalistes ont été assassinés dans ce pays. Les groupes paramilitaires travaillent de concert avec le gouvernement, il est évident qu'une fois arrivé à l'aéroport El Dorado de Bogòta, l'information de l'arrivée de M. Castro au pays va être systématisée et que ces groupes vont avoir accès à cette information », plaide Adriana Herrera de l'Association des Colombiens en Estrie.
Une chose est certaine, Alberto est une personne appréciée de la communauté et s'il devait se rendre à l'aéroport, plusieurs personnes ont promis de l'accompagner. « Alberto est un travailleur qualifié, il parle anglais, français et espagnol, il a un emploi à Sherbrooke et il s'implique dans la communauté, on espère qu'on lui permettra de rester ici pour lui permettre de présenter une demande de résidence permanente. S'il devait retourner en Colombie, ayez la certitude que nous serons attentifs à la situation de son séjour là-bas », mentionne M. Arango.