Une équipe de l'Université de Sherbrooke partira durant deux mois en Antarctique afin de recueillir, pour la première fois, des données servant à analyser l'impact du réchauffement climatique sur les pôles.
Cette expédition dirigée par le professeur Alain Royer, du Département de géomatique appliquée de l'Université de Sherbrooke, fait partie d'une mission bipolaire. « Nous cherchons à développer de nouvelles méthodes pour suivre l'évolution des changements climatiques au moyen de la télédétection. »
Depuis les 30 dernières années, l'Arctique subit un réchauffement sans précédent, deux fois plus important que le reste du globe. Par contre, en Antarctique, la partie est du territoire ne semble pas bouger, voire même se refroidir, tandis que la péninsule dans la partie ouest se réchauffe significativement. Cette évolution dichotomique des climats polaires est encore mal comprise, notamment en raison du manque de données précises sur son état.
« Sur des territoires aussi immenses, les satellites demeurent le meilleur moyen de cartographier les paramètres géophysiques de surface nécessaires à la compréhension de tous ces changements, explique le chercheur du Centre d'applications et de recherches en télédétection. Les données récoltées sur le terrain permettront de calibrer les images satellites et ce sera la première fois que de telles mesures seront réalisées en Antarctique. »
Le professeur Alain Royer et son équipe ont déjà mené une première expédition sur la calotte glaciaire Barnes, en Arctique, en mars 2011. À la mi-décembre, une partie de cette équipe repartira dans le cadre de la seconde campagne de mesure, mais cette fois en Antarctique. « Nous allons faire exactement le même type de mesures, dans deux environnements polaires complètement différents. Voilà l'originalité principale de ce projet bipolaire », précise-t-il.
Un voyage au long court
Pour parvenir en Antarctique, l'équipe devra parcourir 20 500 kilomètres et plus de 10 jours de voyage avant de toucher les neiges éternelles de l'extrême Sud. Une fois arrivés sur cette contrée, les chercheurs devront encore franchir 1100 kilomètres à l'intérieur des terres avant d'atteindre leur base, c'est-à-dire le Dôme Concordia, situé en plein désert blanc.
Côté conditions météorologiques, les chercheurs espèrent une température clémente de -30oC, le maximum à cette période de l'année. « Comme nous sommes bien équipés et que l'air est plutôt sec, sans vent, l'environnement se supporte assez bien, explique le professeur Royer. Le travail reste tout de même épuisant physiquement, mais le moral est bon et toute l'équipe est animée d'un enthousiasme passionné. » De retour en février 2012, Alain Royer et son équipe auront accumulé une collection de nouveaux résultats scientifiques pour fin d'analyse.
Source : Anick Bouchard, agente de communication