Le Cégep de Sherbrooke tient à rectifier les faits à la suite d'un communiqué émis par l'organisme PETA (People for the Ethical Treatment of Animals) le 2 novembre dernier. Les efforts du Cégep de Sherbrooke visant à réduire l'utilisation des animaux en laboratoire ne sont pas dus à l'intervention de PETA mais bien le fruit d'initiatives mises en place depuis de nombreuses années part des membres du personnel enseignant et technique concernés.
Le Cégep a reçu une missive de PETA l'été dernier lui demandant de privilégier des mesures alternatives à l'expérimentation sur les animaux. Le Cégep a répondu à l'organisme qu'il appliquait déjà de telles mesures et que le nombre d'animaux utilisés avait été considérablement diminué depuis cinq ans. Le Cégep n'a donc pas appris de PETA qu'il existait des alternatives à l'utilisation des animaux; il le savait et faisait déjà tout le nécessaire pour limiter le plus possible l'utilisation des animaux à des fins expérimentales, et ce, bien avant l'intervention de l'organisme.
Les activités du Cégep en ce sens sont d'ailleurs approuvées par le Comité d'éthique des soins et de l'utilisation des animaux du Cégep de Sherbrooke. Il s'agit d'un comité formé de 12 membres qui représentent différents groupes de la communauté collégiale et d'un membre externe. Le Conseil canadien de protection des animaux effectue d'ailleurs régulièrement des audits des activités du Cégep et a toujours décerné un certificat de bonnes pratiques animales.
« À chaque fois que l'utilisation d'animaux est souhaitée pour atteindre certains objectifs d'un programme de formation, un protocole est préparé et soumis pour approbation au Comité d'éthique. Celui-ci examine le protocole pour en évaluer les retombées pédagogiques visées au regard des risques d'inconfort, de souffrance ou de mortalité des animaux utilisés. Sur la base de cette analyse, le Comité approuve certains protocoles de laboratoires qui comportent l'utilisation d'animaux. Par ailleurs, le Comité veille à ce que ces animaux reçoivent les meilleurs soins possibles », signifiait Éric Gagné, directeur de l'enseignement et des programmes au secteur des sciences biologiques et de la santé au Cégep, dans une lettre transmise à PETA en octobre dernier.
Le Cégep est soucieux du bien-être des animaux, mais afin que les étudiants et étudiantes acquièrent certaines compétences plus pointues, l'utilisation d'animaux se révèle parfois incontournable. Les mesures du Cégep ont permis de diminuer de 400 le nombre de grenouilles, de 135 le nombre de rats et de 30 le nombre de souris utilisées annuellement. Par ailleurs, le nombre de chiens et de chats hébergés au département de Techniques de santé animale est demeuré stable. Cependant, les manipulations les plus invasives s'effectuent maintenant sur des simulateurs médicaux tels que des pattes d'entraînement pour injection et des têtes d'intubation. Les animaux sont changés plus fréquemment durant la session pour limiter l'inconfort. Ces chiens et ces chats, d'ailleurs sauvés de la mort par euthanasie, sont tous adoptés à la fin de l'année scolaire par des membres de la communauté collégiale. Enfin, des modifications dans la grille de cheminement des programmes pré universitaires en sciences permettront au Cégep de diminuer l'utilisation des animaux de près de 50 % d'ici un an.
Source : Marie-Claude Dupoy, conseillère en communication