Avec la venue du jour du Souvenir, le député NPD de Compton-Stanstead, Jean Rousseau, a fait savoir que le gouvernement fédéral n'en faisait pas assez pour les anciens combattants.
À l'approche du jour du Souvenir, nos pensées iront aux hommes et aux femmes qui ont servi notre pays et donné leur vie dans les guerres et les conflits armés, mais aussi en temps de paix. Des millions de Canadiens se recueilleront afin de rendre hommage aux survivants, de se souvenir de ceux qui sont tombés au combat et de remercier également ceux qui font actuellement partie des Forces canadiennes (FC) et de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC).
Le 5 novembre, pour une deuxième année, des anciens combattants de partout au pays se réunissent pour une Journée nationale de protestation. Ils organisent une manifestation contre le gouvernement fédéral pour demander de meilleures prestations d'invalidité et davantage de soutien. Pourquoi doivent-ils descendre dans les rues afin d'exiger de meilleurs programmes et services au gouvernement fédéral? Pourquoi, ces dernières années, des anciens combattants ont-ils intenté quatre recours collectifs contre le gouvernement du Canada pour tenter de régler leurs problèmes? Les programmes et services fédéraux destinés aux anciens combattants et à leurs familles sont très loin de répondre aux besoins. Malgré quelques améliorations, le gouvernement fédéral n'en fait pas assez. Alors qu'ils étaient dans l'opposition, les conservateurs avaient promis d'entreprendre des réformes majeures, notamment de résoudre le problème de la réduction injuste des prestations versées au titre du Régime d'assurance-revenu militaire appelé RARM; d'élargir le Programme pour l'autonomie des anciens combattants afin d'inclure les veufs et les veuves; de tenir une enquête publique et d'indemniser tous ceux qui ont été exposés à l'agent orange. Les conservateurs avaient aussi promis de cesser de nommer leurs amis au Tribunal des anciens combattants (révision et appel) et de remplacer ces gens par des personnes qualifiées possédant une formation médicale ou militaire. « Les anciens combattants de Compton-Stanstead et de tout le Canada attendent toujours des mesures concrètes, pas seulement de vaines promesses », précise le député Jean Rousseau : « il est inacceptable de les laisser survivre dans la misère, après les sacrifices qu'ils ont faits pour le pays. »
Le gouvernement fédéral propose maintenant d'effectuer des compressions évaluées à 226 millions $ ou plus au ministère des Anciens Combattants du Canada (MACC) et de mettre à la porte 500 employés. Ces compressions auront des effets sur les programmes et services en matière de soins de santé destinés aux anciens combattants, d'autant plus que des données récentes montrent que la demande de services augmente rapidement pour les jeunes combattants. Les appels lancés par la Légion royale canadienne et le Conseil national des associations d'anciens combattants pour que le MACC ne subisse pas de telles compressions, tout comme le Président Obama l'a fait aux États-Unis, ont été ignorés.
Le porte-parole de l'opposition officielle pour les anciens combattants, Peter Stoffer accumule les témoignages illustrant combien le système de soutien de nos anciens combattants est déficient. Citons celui de l'ex-soldat atteint du trouble de stress post-traumatique (TSPT) à qui on a refusé l'accès à son psychologue parce que le MACC ne voulait pas assumer les frais de déplacement, pour un trajet d'une heure, que l'ancien soldat devait payer pour se rendre à sa consultation; ou celui de ces anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale à qui on n'a pas voulu rembourser les dépenses pour des ascenseurs d'escalier leur permettant de monter et descendre les marches de leur maison, au motif que cela ne concernait pas des surfaces habitables essentielles. Il y a des anciens combattants à qui on a refusé de donner des soins dans un hôpital pour anciens combattants, uniquement parce que seuls ceux ayant servi pendant la Première ou la Seconde Guerre et la Guerre de Corée étaient admissibles.
Nous sommes également très troublés par les histoires d'anciens combattants qui font la grève de la faim pour que leur ministère leur offre de meilleurs services, et celles de veuves de soldats tués en Afghanistan à qui on refuse de donner de l'aide à la maison en vertu du Programme pour l'autonomie des anciens combattants.
Le nombre d'anciens combattants sans abri est aussi en hausse, tout comme le nombre de ceux qui ont recours aux banques alimentaires. Dans la ville même du premier ministre, Calgary, des bénévoles ont ouvert une banque d'alimentation réservée aux anciens combattants et à leurs familles. En 2005, elle est venue en aide à 58 anciens combattants et en 2010, à 200.
Les néo-démocrates ont plusieurs recommandations à faire pour améliorer les services aux anciens combattants, notamment celles visant à créer des centres d'excellence pour les soins de santé et à favoriser l'accès aux hôpitaux, à réformer la nouvelle Charte des anciens combattants; à augmenter l'aide financière accordée pour les funérailles; à lutter contre l'itinérance et à demander la tenue d'une enquête publique au sujet du non-respect, par le ministère, de la protection de la confidentialité des dossiers médicaux. Nous continuons aussi de demander au gouvernement d'éliminer la disposition de recouvrement assortie aux pensions des membres des FC ou de la GRC à la retraite ou frappés d'incapacité; d'élargir le Programme pour l'autonomie des anciens combattants pour en faire profiter les anciens membres de la GRC; d'éliminer la disposition sur le mariage après 60 ans pour que le conjoint puisse bénéficier des prestations de retraite et de l'assurance médicale; de prodiguer de meilleurs soins à ceux qui souffrent du TSPT; d'écourter les temps d'attente pour les demandes de prestations d'invalidité; d'accorder aussi un traitement équitable pour le calcul des congés annuels aux membres retraités des FC qui veulent entrer dans la fonction publique; et d'éliminer ou de réformer le Tribunal des anciens combattants (révision et appel). Le NPD a beaucoup d'autres idées encore pour améliorer les prestations versées aux anciens combattants et il prône un système qui s'adapterait aux besoins changeants des anciens combattants en matière de soins de santé et qui élargirait l'admissibilité aux programmes et services offerts.
Le gouvernement fédéral doit faire beaucoup plus pour bonifier les programmes et services destinés aux anciens combattants, aux membres de la GRC et à leurs familles, et veiller à ce qu'on s'occupe de ces gens comme il se doit, depuis le jour où ils s'enrôlent jusqu'à leur mort. Pour ces braves hommes et femmes, le jour du Souvenir, c'est tous les jours. Ne les oublions jamais.
Source : Valérie Laliberté , adjointe en circonscription de Jean Rousseau, député NPD de Compton-Stanstead