À l'occasion de la Semaine nationale des chômeurs et chômeuses, le Mouvement des Chômeurs et Chômeuses de l'Estrie (MCCE) et les autres groupes membres du Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE) exigent des améliorations à la Loi sur l'assurance-emploi.
Bien que le Mouvement des Chômeurs et Chômeuses de l'Estrie (MCCE) milite d'abord et avant tout pour le rétablissement d'un régime d'assurance-chômage juste et universel, force est de constater qu'il est fort improbable qu'avec le gouvernement actuel des améliorations significatives à la protection accordée aux chômeurs et chômeuses soient entreprises. Du moins, le MCCE exige que deux modifications soient mises de l'avant, soit l'intégration des projets pilotes à la Loi sur l'assurance-emploi et leur application à tous les chômeurs ainsi que l'application de la règle des gains admissibles sur le montant maximum de prestations.
L'intégration des projets pilotes de l'assurance-emploi à la Loi sur l'assurance- emploi et leur application à toutes les régions
Depuis quelques années, le gouvernement fédéral - réalisant que le régime actuel d'assurance-chômage ne protège pas adéquatement les chômeurs - a instauré des projets pilotes. Ces projets pilotes sont des mesures temporaires qui permettent de combler quelques-unes des multiples lacunes du régime d'assurance-chômage.
Un des problèmes avec les projets pilotes est que leur existence et leur durée dépendent du bon vouloir du gouvernement. De plus, les projets pilotes ne sont pas appliqués uniformément. La plupart sont effectifs seulement dans certaines régions ciblées, créant ainsi un traitement différencié entre les chômeurs en fonction de leur lieu de résidence.
Ainsi, le MCCE revendique que les projets pilotes soient appliqués à tous les chômeurs et que les mesures qu'ils proposent soient intégrées à la Loi sur l'assurance-emploi et appliqués de façon permanente.
L'application de la règle des gains admissibles au montant maximal de prestations
La Loi sur l'assurance-emploi permet à un chômeur de recevoir une rémunération tout en touchant des prestations. Toutefois, si le chômeur reçoit plus que 25%1 du montant de ses prestations en revenu de travail, tout dollar gagné en surplus sera déduit du montant de ses prestations.
Le MCCE demande à ce que la règle des gains admissibles s'applique sur le montant maximal de prestations et non pas sur le montant reçu par chaque chômeur. La logique derrière cette revendication est qu'elle corrigerait une injustice et combattrait l'appauvrissement des chômeurs.
Si par exemple une personne reçoit 200$ par semaine en prestations de chômage, elle peut gagner jusqu'à 50$ (25% de 200$) en travaillant sans que ça affecte le montant qu'elle reçoit en prestations. Si toutefois un chômeur a droit au montant maximal de prestations, soit 468$ par semaine, il peut amasser 117$ en revenu de travail par semaine sans qu'on ampute ses prestations.
Pour le MCCE et le MASSE, cette situation est carrément injuste et ne permet pas aux chômeurs les plus pauvres d'améliorer leur sort.
Le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi constitue le plus important regroupement de groupes de chômeurs et de chômeuses au Québec. Ses 14 membres luttent pour le rétablissement d'un régime d'assurance-chômage juste et universel. C'est en 2006 que le MASSE a décidé d'inaugurer la Semaine nationale des chômeurs et chômeuses. Depuis, à chaque fin d'octobre, les groupes de défense des droits des chômeurs et chômeuses se mobilisent afin d'interpeller la population, les médias et les politiciens quant à la dure réalité du chômage au Canada.