Violence physique et psychologique, négligence, exploitation financière : la maltraitance envers les aînés possède de nombreux visages. Afin d'aborder cette problématique, la professeure Marie Beaulieu de l'Université de Sherbrooke offrira une conférence ouverte au grand public, le jeudi 13 octobre à 16 h, dans le cadre des jeudis-causeries organisés par l'Association générale des étudiantes et étudiants aînés de l'UdeS (AGÉÉAUS).
Intitulée « Maltraitance et aînés : un duo explosif! », cette causerie favorisera une approche interactive avec les participants. Dans un premier temps, Marie Beaulieu fournira quelques chiffres et elle définira ce qu'est la maltraitance. Suivra un exposé sur les dynamiques de la maltraitance au domicile des aînés ou dans les divers milieux d'hébergement. Enfin, la chercheuse posera un regard critique sur les différents mécanismes qui nous permettent d'agir en prévention, en dépistage et en intervention.
La conférence gratuite, offerte à toute la population, se tiendra à la salle A2-028 de la Faculté d'éducation, située au Campus principal de l'Université de Sherbrooke.
Des faits troublants
Au Québec, on estime que de 10 % à 15 % des personnes âgées auraient été victimes d'abus, ce qui correspond à près de 150 000 personnes, plus souvent des femmes. Parmi toutes les formes d'abus, 60 % sont d'ordre financier. Selon Statistique Canada, 75 % des aînés maltraités connaissent leur agresseur et pour le tiers, il s'agit d'un parent.
Les cas d'abus des aînés défraient régulièrement la manchette. On peut penser entre autres à cette femme âgée, atteinte de la maladie d'Alzheimer, qui vivait dans un garage non chauffé avec un bol d'eau, des couches et une couverture pour tout confort. Ou encore à la demande d'une enquête du coroner pour morts suspectes « en série » dans un milieu alternatif d'hébergement.
En raison de la démographique, le problème de la maltraitance prendra nécessairement de l'expansion. Après le Japon, le Québec est la société où le vieillissement de la population de personnes aînées augmentera dans le plus court laps de temps, soit 29 ans. En effet, de 1986 à 2009, le groupe des personnes âgées de plus de 65 ans y est passé d'environ 660 000 (9,8 %) à 1,2 million (14,9 %) d'individus. En 2031, il est prévu qu'il représentera 25,6 % de la collectivité québécoise, soit 2,3 millions de personnes.
À propos de la conférencière
Professeure au Département de service social de l'Université de Sherbrooke et chercheuse au Centre de recherche sur le vieillissement du CSSS-IUGS, Marie Beaulieu dirige depuis novembre 2010 la Chaire de recherche sur la maltraitance envers les personnes aînées. Gérontologue sociale, ses principaux travaux traitent depuis 25 ans de lutte à la maltraitance, du sentiment de sécurité des aînés, d'éthique et de vieillissement ainsi que de l'intervention en fin de vie.