Le Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke ne rouvrira pas les 60 lits qui avaient été fermés durant l'été. En raison d'une pénurie de personnel, la direction du CHUS a décidé de laisser 26 lits fermés la semaine et 40 la fin de semaine.
« Historiquement, c'est la première fois que l'on doit faire ça, explique le Dr Stéphane Tremblay, directeur des services professionnels et co-directeur des services cliniques. C'est une décision réfléchie et nécessaire. »
La direction du CHUS, comme chaque année, a fermé 60 lits pour la période estivale afin de permettre aux employés de prendre des vacances. Plusieurs scénarios ont été évalués avant de prendre une décision quant à la réouverture partielle des lits. « Avec la rareté du personnel, on se demandait comment on allait faire pour rouvrir tous les lits, explique le Dr Tremblay. On a décidé d'y aller graduellement afin de stabiliser des plateaux techniques qui sont actuellement problématiques. » Le Dr Tremblay cite en exemple le bloc opératoire ainsi que la salle d'urgence qui sont constamment débordés. « On a beaucoup d'améliorations à apporter, explique-t-il. On veut conserver nos objectifs d'accessibilité, de qualité et surtout de rétention de personnel. » Céline Gervais, directrice des soins infirmiers affirme d'ailleurs, à ce sujet, que la clientèle à un rôle important à jouer face à cette problématique. « 70% des gens qui se présentent à l'urgence pourraient très bien aller voir leur médecin de famille ou se présenter à une clinique sans rendez-vous, affirme-t-elle. Souvent, ils viennent pour une sinusite ou une pneumonie, alors que le médecin à la clinique peut très bien le diagnostiquer. » Le CHUS reçoit en moyenne 85 000 visiteurs au cours de l'année. « Ça fait beaucoup de gens qui engorgent le système inutilement», explique le Dr Tremblay. D'ailleurs la direction du CHUS en profite pour rappeler aux gens qu'ils doivent s'informer auprès du service Info Santé avant de se présenter à l'urgence en plus de collaborer en respectant le délai de 2 heures accordé pour quitter leur chambre lorsqu'ils ont obtenu un congé du médecin. « Des salons de départ ont été aménagés afin de permettre aux gens d'attendre leur transport, affirme le Dr Tremblay. C'est important qu'ils quittent rapidement leur chambre, afin que l'on puisse l'utiliser pour un autre patient. »
Une reprise progressive
La reprise progressive permettra à la direction d'effectuer d'importants changements qui doivent se faire en simultané, par exemple les transferts de postes. « Une centaine d'infirmières sont en attente de transfert de poste, explique le Dr Tremblay. La réouverture partielle des lits va nous permettre d'effectuer ces transferts et de former le personnel à leur nouveau poste. » Face au manque de personnel, le CHUS a d'ailleurs embauché récemment de nombreuses infirmières. « C'est important d'offrir de bonnes conditions à notre personnel afin de le conserver, explique Mme Céline Gervais. Il y a une pénurie de personnel à l'échelle provinciale, la rétention devient donc un défi. S'il en arrivait 300 infirmières, on les embaucherait toutes, lance Mme Gervais. Malheureusement, ce n'est pas le cas. »
Le CHUS devrait rouvrir tous ses lits au mois de janvier.