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Zemmour Ballet: Plein phares sur la danse


COLLABORATION SPÉCIALE
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Photo : crédit photo: Vanessa Fortin: La danseuse Maika Giasson lors de sa prestation
Mercredi 26 août 2020

Par Valérie Lessard

24 solos répartis sur une semaine. En guise de jauge, un stationnement où 30 voitures forment un demi-cercle devant la scène extérieure dont le cyclo n'est autre que le crépuscule à l'horizon ouest de la ville. Comme conception d'éclairage, les phares des véhicules, sur lesquels on appose des gélatines de couleur, le maître de l'habitacle étant à la fois spectateur et faiseur de lumière. Avec le Festival de danse servie au volant, présenté du 22 au 29 août 2020, le ZemmourBallet lançait samedi son plus important événement sur sa terre d'accueil estrienne depuis son arrivée en 2019.

Nous y étions dimanche. C'était au tour de Maika Giasson, Emmanuelle Martin et Ariana Mirela Sánchez de se produire en solo à l'occasion de cette deuxième soirée du festival. Entre nuit tombante et drone voyeur, les trois solistes nous ont servi leurs danses dépouillées de tout décor.

Nicolas Zemmour, directeur artistique de la compagnie et initiateur du projet, explique avoir donné carte blanche aux interprètes pour la création des solos. Pourtant, un leitmotiv « covidien » semble apparaître des trois performances de dimanche : un même « confinement » des corps, de l'intérieur comme de l'extérieur. Chez Giasson, une répétition précise de gestes qui semblent traduire une forme d'aliénation ; chez Martin, l'emprise sous une bâche de plastique, symbole du cocon et de la métamorphose ; chez Sanchez, enfin, une gestuelle pour un temps camouflée dans un tissu noir. Par un déploiement d'énergie en crescendo, toutes trois finissent par s'affranchir de ces contraintes, doigts, main et poing levés, triomphantes.

Comme au ciné-parc, la musique nous parvient à travers les ondes de la station de radio de l'université, la CFAK. Séparés des interprètes par les vitres closes et ne partageant pas le même espace sonore que les artistes, le spectateur est privé de l'expérience somatique qu'apporte généralement à la danse le bruit des corps, des respirations, des mouvements. Cet état de fait nous rappelle invariablement la grande tragédie des 6 derniers mois : le confinement et avec lui, la distanciation des corps. Ainsi, dans le contexte, cette barrière entre l'interprète et le spectateur prend tout son sens. Ce que l'on perd en sensations kinesthésiques, on le gagne en métaphore. Klaxons et appels de phares remplacent les traditionnels applaudissements.

Intéressante et inédite, l'expérience reste à parfaire. L'animatrice de CFAK s'adresse également à des auditeurs lointains, ceux-là qui suivent la performance à la radio ou sur leur écran. La bulle d'intimité souhaitée et un lien tangible avec l'interprète, déjà compromis par le pare-brise, sont quelque peu difficiles à atteindre pour les spectateurs présents. On aurait aimé que cet instant nous appartienne, juste à nous.

COVID, danse in situ et en région

Cette idée née de la COVID s'inscrit dans un nouveau paradigme pour les artistes en danse. Sortir la danse des théâtres, faire dans l'in situ, même s'il ne s'agit pas d'un phénomène récent, est devenu en temps de pandémie non seulement une nécessité, mais également une voie d'exploration très riche pour les créateurs. Et l'art chorégraphique ne s'émancipe pas seulement en dehors des murs, mais également à l'extérieur des grands centres urbains.

Choisir Sherbrooke a été tout naturel pour le danseur et chorégraphe français Nicolas Zemmour. En France, un important mouvement de "décentralisation" s'est réalisé dans les années 1980, déployant la danse et les autres arts de la scène à l'extérieur des principaux foyers artistiques qu'étaient alors Paris et Lyon. Mais développer la danse en « région » n'a pas été l'unique motivation de Zemmour pour implanter sa compagnie en Estrie. Selon lui, Montréal est saturée et les artistes en danse n'ont pas tous envie de faire leur vie dans les grandes villes. Il a été séduit par la nature environnante de Sherbrooke et par le sentiment de pouvoir y développer son art tout en ayant une belle qualité de vie.

Attirer des interprètes professionnels à Sherbrooke représente certes un défi. Mais il y a sans doute des danseurs et danseuses matures qui souhaitent fonder une famille, là où l'accès à la propriété d'une maison est plus réaliste qu'à Montréal. 24 interprètes se sont livrés au jeu pour le festival. Zemmour y voit une forme "d'audition", une bonne façon de sonder l'intérêt d'artistes à se produire à l'extérieur de Montréal, à faire l'aller-retour ou qui sait, à s'y établir!

Et quand on demande au chorégraphe si il pense que le public sherbrookois est au rendez-vous, il répond : "Oui! Absolument! À son terme, le Festival de danse servi au volant aura attiré près de 1000 spectateurs". Serez-vous de ceux-là?

Les représentations affichent complet pour ce qui reste de la durée du festival, mais vous pouvez visionner les prestations en direct sur la page Facebook jusqu'au 29 août.

@zemmourballet.org

zemmourballet.org

Originaire de Sherbrooke, Valérie Lessard est archiviste,

artiste, professeur d'histoire et médiatrice culturelle en danse.


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