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Maxime Grondin Par Maxime Grondin

Mercredi, 29 septembre 2021

Des pertes de près de 1,5 milliard pour les manufacturiers estriens



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Archives Estrie Plus

Les Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ) ont dévoilé les données d'une étude concernant la rareté de main-d'œuvre au Québec. Cette situation représente une perte économique directe de plus de 18 milliards de dollars à travers la province au cours des deux dernières années, dont près de 1,5 milliard en Estrie seulement.

Ce chiffre s'explique par le refus de contrats, de devoir payer des pénalités de retard ainsi qu'une réduction de leurs activités en raison du manque de personnels au sein de leur compagnie.

Selon l'organisation, les possibilités de croissance des entreprises manufacturières de la région ont notamment été plus difficiles puisque la main-d'œuvre spécialisée se fait plus rare. C'est entre autres pour cette raison que les pertes estimées en Estrie atteignent 1 455 millions de dollars lors des deux dernières années.

D'ailleurs, selon les données recueillies, 66 % des sociétés sondées ont dû refuser des contrats et/ou accumuler des retards de production au cours de cette période. De plus, 38 % de celles-ci ont envisagé de déménager une partie de leurs activités à l'étranger ou de donner davantage de contrats. Ces deux situations sont survenues en raison du manque criant d'employés.

« La pénurie de main-d'oeuvre est un frein à la relance économique. Combien d'argent le gouvernement est-il prêt à perdre dans les prochaines années? Combien d'entreprises devront refuser des contrats, délocaliser une partie de leurs activités à l'étranger ou réduire leur croissance ou fermer avant que l'on s'attaque à la pénurie de main-d'oeuvre dans le secteur manufacturier avec des mesures qui ont de l'impact? », se questionne Véronique Proulx, présidente-directrice générale de MEQ.

À l'échelle provinciale

La situation est généralisée à l'ensemble de l'industrie alors que 98,5 % des entreprises sondées affirment avoir besoin de main-d'oeuvre et 70 % d'entre elles disent refuser des contrats ou payer des pénalités de retards de production.

C'est près d'une compagnie sur quatre qui a besoin de combler 20 % ou plus de sa main-d'œuvre. 49 % des postes à pourvoir correspondent à ceux aux salaires entre 20 et 29 $ de l'heure. De plus, au deuxième trimestre de 2021, le secteur de la fabrication au Canada comptait 65 905 postes vacants, dont 25 330 au Québec. Ce chiffre est un record.

« Le bassin actuel de travailleurs actuel ne suffit tout simplement pas. Le gouvernement doit proposer des mesures spécifiques pour pallier la pénurie de main-d'œuvre dans le secteur manufacturier et aligner ses programmes au manufacturier pour avoir une vision d'ensemble concertée et cohérente qui aura un réel impact », explique Mme Proulx.

D'ailleurs, dans l'étude de MEQ, 2 entreprises sur 3 croient que le gouvernement du Québec pourrait en faire beaucoup plus pour aider à régler le problème de pénurie de main-d'oeuvre.

Ces chiffres proviennent d'une tournée de consultations réalisée auprès de sociétés manufacturières de dix régions à l'échelle de la province menée par Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ) et d'un sondage effectué auprès de 401 manufacturiers québécois entre le 19 mai et le 24 juin 2021.

Actions à prendre

« Sans actions tangibles de la part du gouvernement pour résoudre cette crise, les chances d'avoir une relance structurante de l'économie apparaissent faibles », souligne Véronique Proulx.

Ainsi, pour répondre à la pénurie de main-d'œuvre, MEQ propose notamment que le gouvernement facilite l'embauche de travailleurs étrangers en augmentant les seuils d'immigration économique permanente et en accélérant le processus d'admission. Il suggère aussi un meilleur investissement dans la promotion du milieu manufacturier et dans la formation en entreprise. Il recommande également d'accentuer le soutien financier pour l'automatisation des usines.


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