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Tenir le Salon du livre? La réflexion est en cours

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Photo : photo tirée page Facebook du Salon du livre de Sherbrooke
Anita Lessard Par Anita Lessard
Jeudi 6 août 2020

Suite au feu vert donné pour la tenue de festivals et d'événements hier, plusieurs organisations se questionnent sur la possibilité de tenir leurs activités avec un si court délai pour s'y préparer.

C'est le cas de l'équipe qui travaille à l'élaboration du Salon du livre de l'Estrie. Malgré la réception positive générée par l'annonce, le nombre de personnes admises demeure problématique pour que le salon soit en mesure de faire ses frais. « À l'instar des autres événements, pour cette année c'est trop peu, trop tard pour le salon dans sa forme actuelle. Juste en artisans, c'est 450 auteurs qui sont présents, près de 400 éditeurs invités et exposants. Ce n'est physiquement pas possible », explique Émilie Pinard, Directrice générale du Salon du livre de l'Estrie.

Elle fait aussi remarquer que ces quatre mois à l'arrêt, et à attendre que les lignes directrices de la Santé publique soient connues pour le milieu, ont grandement retardé la planification de cet événement phare de l'automne en Estrie. « C'est là où se construit une grosse portion du travail. Cela dit en ce moment on explore plusieurs options. Compte tenu du fait que la responsabilité de la sécurité des gens et du respect des directives sanitaires incombe maintenant aux événements et festivals, on va regarder plus pour investir des lieux qui sont déjà organisés en ce sens-là. » Émilie Pinard se réjouit toutefois de savoir qu'il sera possible de tenir une version ‘'réinventée'' du SLE, chose qui semblait impossible il y a quelques semaines à peine.

Le choix des lieux aura donc un impact sur la forme que prendra la programmation cet automne. «Il y a toute une réorganisation du montage financier à faire. Une grosse part de nos revenus autonomes vient de la location de kiosques par les éditeurs, et d'autre part, avec les droits d'entrée. Il y a les cachets d'auteurs qu'il faut assumer; il y a la logistique et la technique, d'où l'intérêt de salles qui ont déjà l'équipement en place, et qui ont déjà calculé l'espace pour recevoir un public », fait valoir Mme Pinard. Tous les scénarios seront envisagés pour avoir l'adhésion des partenaires du salon. L'équipe tient à offrir un produit, certes plus modeste, mais d'une grande qualité pour un public qui a su être au rendez-vous ces quatre dernières décennies.

« Quand on travaille dans l'événementiel, on est beaucoup dans l'expérience. On n'est pas juste dans l'acte de consolider un spectacle ou un événement, on est là pour que le visiteur VIVE une expérience; c'est ce qui nous différencie avec le numérique ou le virtuel. Avec des mesures comme celles-là, ça va prendre un tout autre sens. »

Reste à savoir si les maisons d'édition lèveront la main lorsqu'arrivera la demande. La pandémie leur a porté un dur coup ces derniers mois. « Le milieu du livre en arrache; il y a des hémorragies un peu partout, et ce dans à peu près tous les maillons de la chaîne de leur écosystème », observe Émilie Pinard. « Certains ont dû retarder des publications, les imprimeries étant fermées. Leurs calendriers sont bouleversés. Il y en a qui sont prêts à s'impliquer; ils seront là, mais pas dans le même état d'esprit qu'à l'habitude. »

Idem pour les auteurs pour qui les salons littéraires sont des vitrines importantes pour leur offrir une visibilité et un contact inestimable avec le lectorat. La tournée des milieux scolaires est un autre moment privilégié qu'il faudra repenser pour cette édition. La rentrée risque d'amener son lot de défis pour le corps enseignant, et les visites culturelles ne feront probablement pas partie des activités priorisées.

Émilie Pinard demeure tout de même optimiste mais se dit lucide quant à la tenue d'une 42e édition du Salon du livre de l'Estrie.


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