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Toucher les gens...même à distance


Avec les jours qui passent, l'espoir d'entendre une annonce pour une reprise dans son secteur d'activité dans un court délai s'amenuise. Marie-Josée Tardif essaie tant bien que mal de trouver des sources de motivation pour continuer à offrir du bien-être à sa clientèle.
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Anita Lessard Par Anita Lessard
Mardi 5 mai 2020

Alors que plusieurs secteurs de l'économie reprennent leurs activités, d'autres doivent toujours attendre le feu vert des autorités pour préparer une reprise. C'est le cas pour la majorité des corps de métier impliquant un contact physique avec la clientèle.

Marie-Josée Tardif est massothérapeute depuis une douze ans. En septembre dernier, elle a choisi de quitter son employeur pour se lancer à son compte. Les affaires commençaient tout juste à décoller lorsque la pandémie est venue contrecarrer ses plans. « Tranquillement pas vite, j'ai bâti ma clientèle, je travaillais vraiment fort et je commençais à voir des résultats. Tout se passait bien depuis quelques semaines; en février-mars c'était génial! J'avais confiance que je pouvais enfin gagner ma vie avec ce métier-là. Et puis bang! la COVID-19 est arrivée. Ça m'a donné un coup dur, ça m'a coupé les ailes », se désole Mme Tardif.

Avec les jours qui passent, l'espoir d'entendre une annonce pour une reprise dans son secteur d'activité dans un court délai s'amenuise. Marie-Josée Tardif essaie tant bien que mal de trouver des sources de motivation pour continuer à offrir du bien-être à sa clientèle. « Depuis mon confinement, j'ai réussi à relever mon esprit pour demeurer active. J'ai commencé à donner des petits cours de 20 minutes en ligne pour aider les gens. Ce sont des moments de qualité avec sa famille, avec son amoureux (euse); ce sont aussi des moyens de prendre soin de soi. »

La massothérapeute fait remarquer que le télétravail, nouveau pour plusieurs, est très difficile physiquement et mentalement pour celui qui n'en a pas l'habitude. « Les gens trouvent cela très dur. Même si ils ont encore un travail, un salaire, et qu'ils sont chez eux, l'environnement de télétravail est mal adapté. Ils se retrouvent avec des maux de cou, de dos, d'épaules. Ils vivent beaucoup de stress psychologique aussi; des frustrations avec leur employeur, ou avec les enfants qui tournent autours. Il y beaucoup de bobos qui sortent! » Mme Tardif ajoute que ses capsules ont pour objectif de permettre aux gens de se faire du bien, et d'être capable de reporter d'une semaine ou deux, la zone où l'inconfort fera place à de la douleur.

Elle met en garde ceux qui ont tendance à minimiser les impacts de ce type de douleur : « Une fois que c'est présent dans leur vie que ça diminue la qualité du sommeil, de leur énergie, de leur positivisme; lorsque le psychologique embarque ça représente encore plus de problèmes à gérer », explique Marie-Josée Tardif. De cette façon, elle espère apporter des pistes de solution et un certain réconfort à ceux et celles qui demeurent dans l'action même en étant confinés. « Ça fait longtemps que j'ai compris que de se sentir compris, ça fait une grosse différence au niveau de notre résilience. »

Pour ce qui est de résumer sa pratique de la massothérapie dans les prochaines semaines ou les prochains mois, Mme Tardif se dit prête à adopter les mesures nécessaires pour ce qui est des directives sanitaires. Elle prévoit de réaménager son local et d'espacer ses rendez-vous pour avoir le temps de désinfecter son espace de travail. « Moi toucher les gens ça ne m'inquiète pas du tout. En tant que massothérapeute on a déjà une excellente hygiène. On est supposé avoir bientôt des recommandations comme celle de porter un masque. En plus on ne reçoit qu'un seul client à la fois. Pour moi aller à l'épicerie me semble bien plus dangereux que de masser une personne. »

L'atteinte d'un équilibre financier, dû aux exigences du gouvernement (équipement de protection, réduction des heures d'ouverture, nombre restreint de clients), est également une source de préoccupation pour la propriétaire du Pont massothérapie. « Si le nombre de clients qu'on peut traiter est trop limité, on va avoir une importante baisse de revenus. Ce que les gens doivent savoir, c'est que contrairement aux autres domaines de santé, nous devons payer des taxes. C'est 15% en partant que l'on doit remettre aux gouvernements; il ne reste pas beaucoup de sous dans nos poches après ça », explique-t-elle.

Marie-Josée Tardif espère avoir des informations claires et des programmes bien ciblés pour aider à la prise de décision, afin d'arriver à sauver son entreprise. En attendant, elle prend ce temps de confinement avec diplomatie et essaie de garder une attitude positive pour mieux retrouver le goût de soigner corps et esprits.

Lepontmassothérapie.com


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