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CHRONIQUEURS / L'Agora
Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau

Mercredi, 27 avril 2016

Sommes-nous toujours des Canadiens français?



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À l'aube du 150e anniversaire de la fondation du Canada, au moment où Pierre Karl Péladeau et le Parti québécois multiplient les appels à la convergence des forces souverainistes et dans un contexte où la question du respect de nos valeurs en marge de la place des religions dans nos débats fait rage, la question de la reconnaissance du vocable canadien-français s'impose à nous.

Une riche littérature savante

La question du Canada français n'a jamais été autant d'actualité dans la littérature savante. Ces derniers mois, on compte de nombreux ouvrages savants qui font de cette question, le sujet central de leurs réflexions. Il y a l'ouvrage de Jean-François Laniel et Joseph Yvon Thériault sur le Retour sur des États généraux du Canada français, celui de Jean-François Caron et Marcel Martel sur Le Canada français et la confédération et l'ouvrage de Jean-François Caron Être fédéraliste au Québec. Il ne faudrait pas passer sous silence l'œuvre d'Yan Lamonde dont le dernier tome sur la modernité au Québec se consacre à l'émergence de la Révolution tranquille et à l'apparition du Québec avec la Révolution tranquille. Sans compter les revues savantes comme le Bulletin d'histoire politique qui consacre son numéro d'hiver 2016 au bilan historiographique de la francophonie nord-américaine ou encore la revue Arguments qui nous parle de la Révolution tranquille ainsi que la revue Mens qui revient sur l'héritage de la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme mieux connu sous le nom de Commission Laurendeau-Dunton. À n'en point douter, il y a un grand intérêt pour explorer ce passé récent du Québec et pour mieux le comprendre et comprendre celui du Canada français.

Canadiens français, une identité suspecte?

Être ou ne pas être Canadien français, c'est la question de l'heure pour le nationalisme québécois. Être québécois et souhaiter un pays, c'est pourquoi au juste? Pour s'assurer que nous continuions à parler français dans une mer anglophone? Pour préserver nos valeurs? Lesquelles? La religion catholique? Le Code civil français de Napoléon? Notre patrimoine et notre culture? L'égalité entre les hommes et les femmes? Le mariage entre conjoints du même sexe? Notre politique généreuse envers les criminels qui carburent à la réhabilitation plutôt qu'à la coercition? Une politique étrangère pacifique et non guerrière? Le retour d'un monolithisme religieux qui ferait disparaître ces symboles étranges que sont la burka, le voile ou le kirpan de notre société?

Vous comprendrez que je ne fournirai pas de réponses à ces questions, mais que le socle sur lequel s'appuie le nationalisme québécois est clairement canadien-français. Que les Canadiens français d'hier se plaisent aujourd'hui à se nommer Québécois et qu'ils affirment qu'ils sont ouverts à l'Autre ne change rien à l'affaire. Nous sommes des Canadiens français et ceux qui souhaitent faire du Québec un pays le revendiquent au nom de cet héritage. Pourquoi alors est-il suspect de se réclamer de ce passé canadien-français?

De Canadien français à Québécois

L'une des pistes d'explication possible c'est que notre passé canadien-français est peu glorieux. Il nous rappelle l'emprise de l'Église catholique sur nos vies, les souffrances de notre héros Maurice Richard et surtout cette discrimination systémique dont les Canadiens français furent victimes au Canada. Ces nationalistes en veulent au pays le Canada pour avoir trahi la promesse d'un pays construit sur la reconnaissance de deux peuples fondateurs.

Le discours des nationalistes nous rappelle avec force et insistance toutes les promesses brisées de ce Canada unitaire que ce soit la crise des écoles séparées du Manitoba de 1890, l'affaire Riel, le règlement 17 de l'Ontario, les crises de la conscription, les référendums volés de 1980 et 1995, le rapatriement inique de la constitution contre notre volonté en 1982, le scandale des commandites et le déséquilibre fiscal ainsi que les politiques tout au pétrole du gouvernement Harper contre le Québec.

Au-delà de ce discours historiographique victimiste, il faut pourtant rappeler que ce sont les Canadiens français du Québec qui ont brisé la belle harmonie canadienne-française d'avant 1960 partout au Canada. Avec la tenue des États généraux sur le Canada français en 1967, les Canadiens français du Québec sont devenus des Québécois et le projet de construire un État indépendant est devenu réalité dans la mouvance de la Révolution tranquille. De nouveaux partis politiques sont apparus pour porter ces aspirations nationales soit le RIN de Pierre Bourgault et Andrée Ferreti et le PQ de René Lévesque.

L'émergence des Québécois et la disparition des Canadiens français de notre imaginaire ont cependant créé un hiatus entre la volonté de protéger notre culture francophone et catholique en nous appuyant sur un État : le Québec , et notre volonté d'inclure les autres à ce projet. Quel est donc l'intérêt pour des nouveaux arrivants de devenir Québécois plutôt que Canadien? C'est là tout le dilemme de la question nationale au Québec.

Le Québec et le Canada

Si l'on quitte le monde de la rhétorique politique, les preuves irréfutables de la nécessité pour le Québec de quitter le Canada sont moins évidentes. Des chercheurs sérieux divergent d'opinion sur cette question : pour le politologue Réjean Pelletier, le Canada met en péril la survie du visage francophone du Québec tandis que pour Jean-François Caron le système fédéral canadien a permis aux Québécois d'affirmer leur caractère distinct et de s'autodéterminer. Un débat qui n'en finira jamais, convenons-en.

Une chose est cependant certaine, c'est qu'aujourd'hui la question nationale ne mobilise plus autant. Les jeunes de 20 ans que je fréquente à l'occasion ne se reconnaissent plus dans ce Québec nationaliste des années 1970. Ils ont une vision très différente du monde de celle que j'avais à leur âge. Même la question de la langue et de sa protection peut apparaître suspecte à leurs yeux. Férus de liberté et vivants dans un espace-temps mondialisé, ces jeunes ne se reconnaissent pas dans le discours nationaliste revanchard souvent véhiculé par les souverainistes. Ils ne sont pas plus emballés par le discours de peur des fédéralistes à la Couillard qui vilipendent l'idée même de tenir un référendum. On comprend de moins en moins que consulter la population est devenu un enjeu tabou au Québec.

Il faudrait peut-être dans un premier temps réhabiliter auprès de nos mémoires le passé glorieux ou non des Canadiens français pour être en mesure de suivre le fil de notre histoire. Il faudrait aussi entreprendre un dialogue avec nos voisins et partenaires du Canada pour discuter de l'opportunité de doter le Canada d'une nouvelle constitution où le Canada pourra apaiser ses démons et faire une place véritable aux nations qui le compose, dont les Canadiens français du Québec, les Acadiens et les nations amérindiennes. Une constitution qui fera table rase des vieux symboles monarchiques pour faire place à une nation du 21e siècle qui croit au dialogue, à la paix, au respect et surtout qui s'est libéré de Dieu.

Cela sera possible si nous les Québécois reconnaissons que nous sommes toujours des Canadiens français...

Lectures recommandées

 
Caron, Jean-François, et Marcel Martel. Le Canada français et la confédération : fondements et bilan critique, Québec, Presses de l'Université Laval, 2016, 174 p.
Caron, Jean-François. Être fédéraliste au Québec : comprendre les raisons de l'attachement des Québécois au Canada, Québec, Presses de l'Université Laval, 2016, 98 p.
Caron, Jean-François. Les conditions de l'unité politique et de la sécession dans les sociétés multinationales, Catalogne, Écosse, Flandre et Québec, Québec, Presses de l'Université Laval, 2016, 189 p.
Lamonde, Yvan. La modernité au Québec : la victoire différée du présent sur le passé (1939-1965), tome 2, Montréal, Fides, 2016, 449 p.
Laniel, Jean-François, et Joseph Yvon Thériault. Retour sur les États généraux du Canada français : continuités et ruptures d'un projet national, Québec, Presses de l'Université du Québec, 2016,410 p.
« La Révolution tranquille et nous », Argument, vol 18, no 2 printemps-été 2016, p. 3-36.
« La Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme a 50 ans : période révolue ou projet inachevé? », Mens, vol XIV, no 2, vol XV, no 1, printemps-automne 2014, p. 1-249.
« La francophonie nord-américaine : bilan historiographique », Bulletin d'histoire politique, vol 24, no 2, hiver 2016, 249 p.


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