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CHRONIQUEURS / L'Agora
Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau

Mercredi, 8 mars 2017

Avons-nous retrouvé la foi?



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Au Québec, de nombreuses statistiques montrent depuis longtemps le déclin de l’Église catholique.

Nous vivons dans une drôle d'époque. Jamais le Québec n'a été aussi peu religieux dans ses pratiques. Les Églises catholiques, jadis temples de notre assiduité, sont désertées. Outre les baptêmes, les mariages de moins en moins nombreux, et les funérailles, nous fréquentons peu l'Église et pratiquons peu notre religion jadis si puissante. Les chiffres ne mentent pas.

Je l'écrivais dans une chronique ici le 5 octobre dernier : « Au Québec, de nombreuses statistiques montrent depuis longtemps le déclin de l'Église catholique. Entre 1957 et 2000, le taux de fidèles allant à la messe le dimanche est tombé de 88 % à 20 %. Chez les jeunes, le phénomène est plus accentué encore : parmi les 18 à 34 ans, en 2000, il y avait 5 % de pratiquants seulement. Pratiquement dans tous les diocèses, l'âge moyen des prêtres dépasse les 70 ans. Dans l'archidiocèse de Québec, de 1997 à 2010, le nombre de curés et d'équipes pastorales est passé de 166 à 73. »

La semaine dernière, nous avons eu droit à un nouveau chapitre du psychodrame libéralo-québécois au chapitre des signes religieux. Cette fois, on ne parle pas de voile, ni de burka, mais de notre bon vieux crucifix catholique romain représentant Jésus sur la croix. Tentative de réflexion sur un sujet inutile et sans importance, mais qui empoisonne nos vies.

La laïcisation du Québec

Quoi que l'on en dise, le Québec n'est pas encore tout à fait un État laïc et de nombreux symboles de notre appartenance à la religion catholique romaine subsistent dans notre vie collective. Nous n'avons qu'à penser à tous ces noms de villages et d'institutions qui portent le nom d'un saint. Notons aussi, la présence dans nos écoles et nos hôpitaux de crucifix ou d'autres signes distinctifs qui rappellent ce passé religieux du Québec. Le plus puissant symbole de tous est le crucifix au-dessus de la chaise du président à l'Assemblée nationale du Québec. Le dernier geste fort de laïcisation de l'État québécois a été posé par le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard alors que la ministre de l'Éducation d'alors, Pauline Marois, a obtenu un amendement constitutionnel à la constitution canadienne pour séparer les commissions scolaires selon l'appartenance linguistique plutôt que religieuse.

Il n'y a pas à dire, le Québec a longtemps baigné dans une atmosphère religieuse. On peut même dire que notre société a vécu sous le joug de l'Église catholique et de ses évêques pendant près de deux siècles. Le Québec s'est sécularisé dans le sillon de la Révolution tranquille, mais nous n'avons jamais posé de gestes forts de laïcité. C'est un sujet qui était tabou chez nous. Il aura fallu l'émergence dans nos vies des accommodements raisonnables et de la commission Bouchard-Taylor devenue depuis la commission Bouchard contre Taylor pour que le débat de la laïcité soit à l'ordre du jour.

En fait, le Québec d'aujourd'hui est en forte réaction à la religion des autres et c'est ce qui explique sa nouvelle foi retrouvée dans les symboles chrétiens hier réprouvés et aujourd'hui célébrés comme artefacts patrimoniaux. Il ne faut pas s'y méprendre cependant, qu'importe ces résurgences à fleur de peau de la défense du crucifix, cela est plutôt symptomatique de notre insécurité culturelle et de notre peur de disparaître. Nous n'avons pas retrouvé la foi de nos ancêtres.

La déchristianisation du Québec

Comme les statistiques citées en début de chronique tendent à l'accréditer, la société québécoise vit une profonde transformation en matière de fait religieux. Nous sommes en voie de déchristianisation. La déchristianisation n'a rien à voir avec la laïcité ni avec la sécularisation. Il s'agit du phénomène lié aux comportements personnels et aux croyances intimes des individus. Depuis une centaine d'années en Occident et depuis au moins cinquante ans au Québec, des masses d'individus paraissent se désintéresser de toutes croyances religieuses. L'Église catholique aujourd'hui ne représente plus, pour une large majorité d'entre nous, que désintérêt et indifférence.

Il ne subsiste chez nous qu'une forme de catholicisme culturel qui fait que nous continuons à revendiquer notre statut de membre de la catholicité à l'occasion des naissances, des mariages et des décès. Nous revendiquons aussi ce statut dans notre référent identitaire comme patrimoine pour l'opposer aux religions des nouveaux arrivants tout particulièrement vis-à-vis la religion musulmane que plusieurs associent à tort au terrorisme et à la charia.

Ce mouvement est irréversible. Il faudrait que nous puissions en prendre acte collectivement et légiférer en ce sens. Certes, jamais nous ne devrions envisager de nous lancer dans une aventure de « débaptisation » des noms de nos villes et villages. Ce serait aussi inutile qu'offensant pour la mémoire de nos ancêtres. Il ne faut pas nécessairement associer des gestes forts de laïcisation de l'État par un désengagement total envers les religions. Que l'on pense à l'aide financière apportée à la protection ou à la rénovation de notre patrimoine religieux ou encore aux reçus aux fins fiscales que nous accordons à l'Église.

Le crucifix à l'Assemblée nationale : un puissant symbole révolu

Néanmoins, les symboles eux pourraient servir de courroie à notre affirmation que l'État est laïque. Le plus fort d'entre eux est le crucifix au-dessus de la chaise du président de l'Assemblée nationale du Québec. Il n'est pas inutile de rappeler pourquoi ce crucifix est là. L'historien et professeur Jacques Rouillard l'explique bien dans un article du journal Le Devoir dans son édition du 27 janvier 2007, citons-le :

« C'est le gouvernement de l'Union nationale de Maurice Duplessis qui a décidé d'apposer le crucifix au-dessus du trône du président de la Chambre à la première session du gouvernement qui venait tout juste d'être élu, en octobre 1936. Il a aussi été posé au Salon rouge au-dessus du siège du président du Conseil législatif (salle maintenant réservée aux délibérations des comités de l'Assemblée nationale; le crucifix n'y apparaît plus). Cette décision de Duplessis n'est pas fortuite; elle est réfléchie et correspond au désir du nouveau gouvernement d'effectuer un virage dans les relations entre l'Église et l'État québécois. Duplessis veut montrer qu'il se distingue des gouvernements libéraux antérieurs en étant davantage à l'écoute des principes catholiques. »

Légiférer est urgent et nécessaire

Il ne faut pas laisser les directions de nos établissements publics décidés à la pièce et selon l'humeur du moment de ce que nous devons faire comme geste d'affirmation en matière de laïcité de l'État. D'ailleurs, la décision de retirer le crucifix à l'hôpital du Saint-Sacrement à Québec était mal avisée dans le contexte, mais c'est quand même une décision qui s'inscrit dans la logique de la laïcité de l'État québécois.

Le gouvernement libéral de Philippe Couillard doit légiférer en matière de laïcité de l'État et cela ne peut se faire en faisant des exceptions pour la religion catholique eu égard aux autres religions. C'est urgent. On est laïc ou on ne l'est pas. Le Québec contemporain vit plein de contradictions, mais je doute fortement que notre attachement à une forme de catholicisme culturel soit garant du fait que nous ayons retrouvé la foi de nos ancêtres...


Genevieve Hébert, députée de Saint-Francois
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