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CHRONIQUEURS / L'Agora
Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau

Mercredi, 9 avril 2014

Durer!



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Lundi soir, la population du Québec s'est donné un nouveau gouvernement au terme d'une campagne électorale qui a été l'une des plus dures et les plus sales de l'histoire politique récente du Québec.

Ce gouvernement sera libéral et majoritaire. Philippe Couillard a le lourd défi d'assumer les tâches de premier ministre de toutes les Québécoises et de tous les Québécois. Dans les circonstances actuelles où la confiance des gens est à son plus bas à l'égard des institutions démocratiques, le défi est colossal. Le Québec est la seule nation francophone en Amérique du Nord. C'est une mission énorme que de faire prospérer cette société tout en assurant la pérennité de sa langue et de sa culture dans le respect de sa diversité et du défi que pose le métissage de sa population. La population dans sa grande sagesse a fait le pari Couillard.

La longue durée...

Le grand historien français Fernand Braudel a été celui qui a donné à notre discours historiographique le concept de longue durée dans sa thèse célèbre sur la Méditerranée et le monde méditerranéen. Pour Braudel, les nations s'inscrivent dans la foulée des civilisations. Il rejette dans son analyse les événements brefs et ponctuels pour prioriser à la place les faits de longue durée. Suivant Braudel, nous dirons que la nation québécoise s'inscrit d'abord dans un espace, une aire culturelle à laquelle sont rattachés des biens ayant une cohérence entre eux. La nation québécoise présente aussi une cohérence et une permanence de traits collectifs qui s'inscrivent au cœur de son identité. Pour comprendre le sens de son histoire, il faut examiner soigneusement les structures du quotidien des gens, les jeux de l'échange et le temps du monde.

Pour durer, une nation comme la nôtre doit parfois endurer et surtout progresser pour perdurer. Lorsque l'on s'attarde au choix des Québécoises et des Québécois à la présente élection, on ne peut ignorer qu'elle a choisi la prospérité économique plutôt que les querelles constitutionnelles. Est-ce à dire que nous sommes comme se plaisent à le dire certains déçus « un petit peuple qui a choisi par lâcheté de s'enferrer dans la médiocrité ambiante. » Vous ne serez pas étonné que je réponde un retentissant NON à cette question.

Le sens de l'histoire

S'il est vrai que le Québec forme une nation distincte en Amérique du Nord, il n'en demeure pas moins vrai que celle-ci connaît de profondes transformations depuis les vingt-cinq dernières années notamment sous l'influence d'une forte immigration et d'un phénomène mondial de métissage des populations dans les grandes cités du monde comme Montréal.

Lorsque nous disons Nous les Québécois, nous évoquons au fond, sans le dire et sans y réfléchir vraiment, les descendants de souche française qui représentent environ six millions de membres de cette nation québécoise. Les deux autres millions de membres de cette nation sont issus de l'immigration ancienne ou récente ou des descendants d'Anglais, d'Écossais et d'Irlandais. Cela comprend aussi les membres des nations amérindiennes qui comptent pour environ 100 000 personnes sur l'ensemble du territoire québécois. Les francophones de souche ont toujours été divisés depuis le gouvernement Baldwyn-Lafontaine sur leur stratégie eu égard au Canada. Aujourd'hui, c'est encore pareil. Relativement à cette césure politique des francophones de souche entre eux quant à leur avenir, devant cette idée de faire notre place au Canada par la négociation et la patience ou quitter ce pays pour en fonder un bien à nous, comment voulez-vous que les citoyennes et citoyens québécois issus de l'immigration récente ou ancienne choisissent un camp? Surtout s'ils nous perçoivent comme une nation frileuse qui craint l'avenir et qui veut interdire des signes ostentatoires religieux. Les résultats de cette élection étaient fort prévisibles. Entre la proposition d'une vision de société ouverte sur le monde, accueillante aux autres ou celle du repli sur soi et de l'interdiction, le choix était simple. Cela est d'autant plus vrai que le discours porté par les ténors du parti québécois faisant des Québécois des victimes de leur histoire n'est plus adéquat.

L'exemple du peuple acadien

L'historien Ronald Rudin vient de publier un excellent ouvrage chez Boréal intitulé :L'Acadie entre le souvenir et l'oubli. Un historien sur les chemins de la mémoire collective.S'inscrivant dans les sentiers de l'histoire culturelle et s'appuyant sur les travaux de Benedict Anderson qui voit les nations comme des communautés imaginées, Rudin enquête sur la fabrication des fêtes du 400e anniversaire de naissance de l'Acadie et sur le 250e anniversaire de la déportation des Acadiens. Il veut comprendre comment chacune des communautés et des individus qui ont participé à ces commémorations voient le passé acadien. Rudin dans ce livre fait la démonstration sans équivoque que les commémorations sont des constructions identitaires qui révèlent des visées conflictuelles derrière l'histoire officielle qui nous est racontée.

Une citation est particulièrement révélatrice : « Cependant, avec le temps, l'exaltation de la souffrance a fini par lasser, et celui qui se cherche une place dans l'histoire doit désormais prouver que son peuple s'est montré résolu dans l'adversité, bref, qu'il a été acteur plutôt qu'objet... En matière d'historiographie, on est passé de la ventilation des griefs du passé chez les femmes, les ouvriers et diverses minorités à un portrait où ces groupes affichent une certaine souveraineté même lorsqu'ils étaient aux prises avec les difficultés les plus pénibles » (p.346).

Au Québec, présenter l'histoire du Québec comme une succession d'épreuves où le peuple a été instrumentalisé par l'Église, les Anglais ou les méchants Canadiens ne passent tout simplement pas auprès d'une population fière, résiliente, accueillante et confiante en son avenir. C'est en grande partie l'explication de la défaite de celles et de ceux qui voulaient notre repli et qui proposaient l'interdiction comme politique d'accueil.

Non, ce n'est pas la fin du monde...

Yves Desgagné a prédit sur son fil Twitter la fin du monde si les Québécois élisaient le Parti libéral du Québec. Les Québécoises et Québécois ont refusé de croire de telles sornettes. Ils ont plutôt choisi quelqu'un pour relancer l'économie du Québec, car la meilleure voie pour garder toutes les possibilités ouvertes pour l'avenir c'est de retrouver la prospérité. Une fois le Québec remis sur ses pieds, nous aurons tout le loisir de choisir le meilleur avenir pour assurer la pérennité de la culture et la langue française en Amérique du Nord. La prospérité et le rétablissement d'un climat plus serein pour mener nos débats sont ce qu'ont choisi les Québécoises et les Québécois pour durer... dans la longue durée!


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