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CHRONIQUEURS / L'Agora
Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau

Mercredi, 13 mars 2019

Môman travaille pas, a trop d’ouvrage!



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En 1975, cinq femmes se sont réunies pour écrire une pièce de théâtre pour le Théâtre de la cuisine. La pièce écrite par Solange Collin, Denise Fortier, Carole Fréchette, Véronique O'Leary et Pierrette Savard a été jouée la première fois le 8 mars 1975.

La pièce raconte : « l'histoire de trois femmes de milieux modestes ressentent au quotidien l'essoufflement de la vie de ménagère et de travailleuse : répétition à l'infini des tâches domestiques, courses effrénées, difficile éducation des enfants, etc. Un beau matin, épuisées par ce tourbillon, elles décident de s'arrêter et de faire la grève. Leur geste, bientôt imité par des centaines de femmes, secoue non seulement les maris, mais aussi les employeurs et même le pouvoir politique. Le travail invisible qu'elles accomplissaient devient tout à coup d'une terrible évidence... »

Un extrait d'un dialogue de la pièce nous donne une excellente idée de la thèse défendue par les autrices féministes : « LE BOSS : Elles ont tout arrêté : plus de lavage, plus de ménage, plus de repas, plus de personnel pour s'occuper des enfants... Comprends-tu ? / LE PREMIER MINISTRE : Ça veut dire que les femmes ont abandonné leurs maris et leurs enfants ? Mais c'est un drame pour notre province ! Les femmes, piliers de la famille et éducatrices des citoyens de demain, ont-elles perdu le sens de leurs responsabilités ? » (loc. cit.) Regards sur le travail invisible des femmes en guise de point de repère de ce 8 mars 2019.

Le féminisme d'une jeune intellectuelle engagée : Camille Robert

Il y a quelques jours à peine, le 8 mars dernier, nous célébrions la journée internationale des droits de la femme. S'il est de bon ton d'écrire durant cette journée à propos des besoins encore criants de ressources pour les femmes comme les refuges pour femmes violentées ou victimes d'agression sexuelle, s'il faut se rappeler la violence faite aux femmes et celle toute particulière aux femmes autochtones de ce pays, s'il importe de se remémorer le chemin parcouru par les femmes dans leur quête d'égalité en politique, en économie et en matière d'équité salariale, il ne faut pas oublier le travail invisible, le travail domestique.

Ce travail domestique demeure encore et toujours la responsabilité des femmes. Un travail pour lesquelles elles ne sont pas rétribuées et qui n'est pas reconnu par le système économique dominant. En 2017, une jeune femme engagée et historienne, Camille Robert, a publié son mémoire de maîtrise aux Éditions Somme toute sous le titre : Toutes les femmes sont d'abord ménagères. Histoire d'un combat féministe pour la reconnaissance du travail ménager.

Témoignage bien senti d'une pionnière de l'histoire des femmes : Micheline Dumont

L'historienne émérite Micheline Dumont a écrit la préface et dit de son autrice que : « Camille Robert fait partie du groupe de "jeunes féministes", ces jeunes femmes qui sont nées à la fin du siècle dernier. Elles n'ont pas 30 ans et elles n'ont pas vécu les décennies chaudes du féminisme des années 1970. Elles sont nées au moment où la société proclamait la fin du féminisme, au moment où les jeunes femmes d'alors manifestaient beaucoup de réticences à se proclamer féministes. Elles tiennent beaucoup à se démarquer de leurs aînées. » (Camille Robert, Toutes les femmes sont d'abord ménagères. Histoire d'un combat féministe pour la reconnaissance du travail ménager. Québec 1968-85, Montréal, Éditions Somme toute, 2017, p. 9)

Micheline Dumont écrit qu'elle a beaucoup d'atomes crochus avec ces jeunes féministes qui remettent en question les concepts vagues et s'intéressent plutôt au courant d'idées. Elle salue le parcours de Camille Robert : « Cette jeune féministe a déjà un parcours remarquable. Une des leaders du mouvement étudiant au moment du printemps érable, en 2012, elle a déjà parlé ou écrit sur les principales tribunes de la critique sociale : Histoire Engagée, Le Devoir, le Centre d'histoire des régulations sociales, Françoise Stéréo, Artichaut Magazine et d'autres ». (loc. cit.)

Le sujet du livre de Camille Robert

Le sujet du livre de Camille Robert touche le cœur de l'inégalité des femmes dans notre société. Il s'agit du travail invisible. Le travail domestique. Ces tâches qui font des femmes le ciment des familles québécoises. Ce travail qui fait qu'elles ont la charge mentale de l'organisation de la vie domestique trop souvent. Le sujet du travail domestique est éminemment politique. Lisons encore Micheline Dumont sur ce sujet : « L'ouvrage qu'elle publie a d'abord été un mémoire de maîtrise qui a mérité le prix du livre politique, remis par la Fondation Jean-Charles Bonenfant de l'Assemblée nationale du Québec au printemps 2017... Le prix du livre politique pour un mémoire sur le travail ménager ? Oui. Vous avez bien lu. Par quels détours cette question a-t-elle atterri sur les plages de l'histoire politique ? C'est que vous ignorez sans doute que le travail ménager est une question éminemment politique et fait désormais l'objet d'études savantes dans les grands organismes internationaux.

Certes, on met en exergue et on se félicite de la nouvelle place des femmes en politique et dans la vie économique, mais pendant ce temps-là, le ménage doit être fait, les vêtements doivent être lavés et les repas préparés. L'OCDE mesure le nombre de minutes qu'hommes et femmes consacrent quotidiennement aux tâches ménagères à travers le monde et ont construit de savants graphiques... » (ibid. p.10)

Vous l'aurez deviné, ce sujet du travail invisible des femmes les plonge souvent dans les pays du sud bien sûr, le manque de richesse se traduit souvent par une charge accrue pour les femmes, mais aussi les femmes occidentales dans des conditions souvent proches de l'esclavage. (loc. cit.)

Le propos de madame Robert

Camille Robert nous livre un récit passionnant d'une analyse historique sur la lutte des femmes et des discours féministes sur le travail ménager et des débats entourant sa reconnaissance en s'intéressant à la socialisation, au salaire du travail ménager et aux réformes gouvernementales.

Son propos est le suivant : « Dès les années 1970, le mouvement féministe québécois s'est largement mobilisé pour obtenir la reconnaissance sociale et économique du travail ménager. Toutefois, à partir des années 1980, cette lutte a été écartée, tant du mouvement des femmes que de son histoire. Combat abandonné, mais non gagné, son fardeau continue de peser aujourd'hui sur les femmes. Si la conciliation travail-famille ou la répartition des tâches dans le couple sont des thématiques présentes dans l'espace public, ce sont encore largement les femmes qui en assument la responsabilité. Ce livre propose une analyse historique des discours féministes sur le travail ménager et des débats entourant sa reconnaissance à travers trois avenues : la socialisation, le salaire au travail ménager et les réformes gouvernementales. Rendre visible un travail qui ne l'est pas et réinscrire au sein des luttes féministes les enjeux liés à la reproduction sociale, tel est le but de cet ouvrage documenté et rigoureux » (loc. cit.)

Solidaire des femmes ?

Le film oscarisé Roma du réalisateur Alfonso Cuarón est une œuvre puissante qui raconte le quotidien de son enfance et on peut voir toute l'importance du travail domestique dans une famille bourgeoise au Mexique. Film contemplatif, celui-ci respire la quotidienneté, le vécu. Il dresse le portrait d'une famille bourgeoise de Mexico en braquant les projecteurs sur la domestique autochtone qui veille à tout pour cette famille. Le quotidien scénarisé.

Dans ces conditions, hommes et femmes, nous devrions exprimer notre solidarité au mot de la fin de Camille Robert ; « Penser notre libération collective implique donc de faire front commun pour décharger nos corps et nos esprits, que ce soit en refusant le travail gratuit, en luttant pour le rendre visible, en faisant la grève pour en transformer les conditions... » (ibid. p. 156)

Faire la grève, la boucle est bouclée. Nous en revenons aux propos de la pièce de théâtre citée au début de cette chronique. On comprend mieux à la sortie de la lecture de ce livre de Camille Robert pourquoi malheureusement il est toujours d'actualité d'écrire que « Môman travaille pas, a trop d'ouvrage ! ... »


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