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CHRONIQUEURS / L'Agora
Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau

Mercredi, 11 octobre 2017

On jase là… parlons d’immigration!



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Ces derniers mois, les circonstances ont été nombreuses pour aborder le sujet de l’immigration au Québec.

Ces derniers mois, les circonstances ont été nombreuses pour aborder le sujet de l'immigration au Québec. Des propos de notre premier ministre Couillard qui accusait ses adversaires de souffler sur les braises de l'intolérance, aux AK-47 cachés sous une burka de Jean-François Lisée, à la crise des migrants illégaux de François Legault, toutes les occasions semblent avoir été bonnes pour mêler les questions concernant l'immigration, la laïcité, le terrorisme islamiste et tutti quanti.

Jamais cependant l'occasion n'aura été si belle que cette semaine pour monsieur Couillard pour clarifier les choses. Dans la foulée des dommages collatéraux pour le gouvernement Couillard des résultats désastreux de l'élection dans Louis-Hébert, monsieur Couillard aurait pu s'abstenir de rendre les choses encore plus confuses en marge des travaux à venir de la consultation de la Commission des droits de la personne sur la discrimination systémique et le racisme. En fait, que signifie au juste l'importance accordée à cette question pourtant simple : les conditions de vie et les efforts d'accueil du Québec envers ses nouveaux arrivants. Plongée dans les non-dits de l'inconscient collectif québécois au sujet de l'immigration.

Des préjugés, ça existe...

Il vous est sûrement arrivé au cours des derniers mois de jaser entre amis sur les questions des migrants ou de l'immigration. Moi si. Quels furent les propos échangés? De mémoire, j'ai entendu un ami dire : « S'ils veulent venir ici, il faut qu'ils apprennent à vivre comme nous autres chez nous », « Ce n'est pas vrai qu'ils vont venir ici nous imposer leurs façons de vivre » ou quelque chose comme, « Nous autres quand on va ailleurs, on ne leur impose pas notre religion », « Sont pas pareils, ils ne veulent pas vivre comme nous, ils ne travaillent pas comme nous, il y en a même qui sont paresseux ». Bien sûr, dans les mêmes conversations, tout le monde avait un ami issu de l'immigration et on s'empressait de dire comment on appréciait les cuisines étrangères et la participation à des fêtes multiculturelles.

Le malaise dans ce type de propos qui ne sont pas le fait de gens ignorants ou démunis c'est qu'il y a toujours une frontière entre un « nous » et un « eux ». Qu'est-ce que ce « nous » et ce « eux ». Que veut-on dire par là?

Pour ma part, je crois que cela signifie que le Québec est la maison des francophones blancs, c'est le « nous ». Pour plusieurs, ce nous n'inclut même pas les Britanniques et les Irlandais blancs, mais qui ont l'anglais comme langue d'usage. Est-ce que ce sentiment est majoritaire au Québec? Non. Est-ce que ce discours est présent dans notre société? Oui. Le malaise vient de là. Nous sommes convaincus que le Québec c'est notre maison, notre seule maison et nous voulons bien la partager avec d'autres, mais à nos conditions comme si les gens que l'on accueille seraient des invités permanents plutôt que des citoyens. C'est le malaise québécois face à l'immigration.

L'immigration est-ce nécessaire?

Ce n'est pas d'hier que nous débattons du sujet de l'immigration au Québec. Étant donné notre caractère distinct, nous avons voulu contrôler la politique d'immigration du Québec pour nous assurer que cette politique ne viendra pas affecter notre caractère national. C'est pour cela que l'immigration a figuré au premier plan de nos revendications constitutionnelles auprès du gouvernement fédéral. C'est aussi ce qui explique que le gouvernement Lévesque a conclu en 1979 l'entente Cullen-Couture qui donna au Québec les pleins pouvoirs dans le choix des nouveaux immigrants. Entente qui a été reconduite en 1991 sous le nom d'Accord McDougall-Gagnon-Tremblay dans le sillage de l'échec de l'accord du lac Meech.

Au Québec, l'adoption par les gouvernements de politiques relatives à l'immigration fait rarement l'objet de grands débats.

La politique d'immigration du Québec émerge parfois dans les débats politiques, mais sous les aspects du plafond du nombre d'immigrants que nous recevrons ou encore en matière de notre capacité de les intégrer à une société francophone.Ces dernières années, on parle beaucoup de l'intégration des nouveaux arrivants au marché de l'emploi et de la reconnaissance de leurs diplômes.

Le pavé dans la mare...

Il y a plus de cinq ans, Guillaume Marois a publié un livre qui voulait remettre en question l'apport de l'immigration à l'économie du Québec. Publié aux Éditions Boréal en 2011, ce livre de Marois intitulé : L'immigration, le remède imaginaire. Pourquoi l'immigration ne sauvera pas le Québec, défendait la thèse que l'immigration ne constituait pas une solution aux problèmes de main-d'œuvre du Québec. L'auteur écrivait :

« Le Québec est une société vieillissante dans laquelle le départ à la retraite des baby-boomers conduira à une pénurie de main-d'œuvre. Il est donc opportun d'augmenter les niveaux d'immigration. La chose va de soi. Vraiment ? Pourtant, les études des démographes au Canada, aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans d'autres pays européens montrent sans l'ombre d'un doute que l'immigration n'a qu'un impact marginal sur la structure par âge de la population de la société d'accueil. En outre, on a depuis longtemps constaté que les difficultés d'intégration économique des immigrants compromettent sérieusement la possibilité que l'immigration ait une incidence favorable sur les finances publiques. »

Ce discours contredit par de nombreux auteurs a fait cependant son chemin au Québec. Si l'on ajoute ce type de discours à la montée du phénomène de la montée du religieux et des volontés d'affirmer la laïcité du Québec, on est sur une véritable poudrière qui met en valeur tous les préjugés plutôt qu'un discours rationnel sur cette question importante pour notre avenir.

Sommes-nous des racistes qui s'ignorent?

C'est dans un pareil contexte que l'on débat présentement de l'opportunité ou non de tenir une consultation sur la discrimination systémique et le racisme au Québec et, que le « nous francophone » voit cette consultation comme une forme de procès de son identité par les nouveaux arrivants. La classe politique n'aide pas en « politisant à outrance » la question de l'immigration voulant ainsi réveiller la sympathie de celles et de ceux qui sont inquiets pour l'avenir du Québec francophone en Amérique du Nord. Par ailleurs, d'autres minimisent les inquiétudes légitimes du Québec par rapport à ces questions et cherchent à faire naître un sentiment de culpabilité prenant appui sur notre supposé manque d'ouverture aux autres ou notre ignorance.

Pourtant, le Québec et le « nous francophone », si je peux le décrire ainsi, a toujours fait preuve d'ouverture et de générosité à l'égard de tous les déshérités de la terre. Nous avons toujours fait preuve d'une grande ouverture et nous avons accueilli avec beaucoup de chaleur humaine des cohortes d'Haïtiens, de Vietnamiens, de ressortissants d'Europe de l'Est et récemment de Syriens fuyant le régime de Bachar el-Assad. Nous n'avons pas de leçons à recevoir de groupes d'idéologues bien organisés qui défendent une vision fondamentaliste religieuse drapée dans les droits démocratiques. Ils défendent l'idée d'un Québec multiculturel postnational. Ce n'est pas ce que le Québec veut pour sa nation.

Une conversation est nécessaire...

Le temps est venu pour que la classe politique du Québec et du Canada prenne cette question à bras le corps et que l'on entreprenne une grande conversation sur la question de l'immigration. Il faut débattre de cette question ensemble pour en mesurer les bienfaits et les limites. Il faut aussi mettre fin au sentiment d'insécurité de la collectivité francophone et écouter ses inquiétudes légitimes plutôt que de la mettre sur le banc des accusés.

Comme premier geste, il serait grand temps que l'on mette autant d'empressement à reconnaître les droits nationaux des francophones du Québec que celui que l'on investit pour reconnaître les droits des nations autochtones. Il faudrait également que l'on accepte de discuter des enjeux des politiques d'immigration et que l'on puisse reconnaître publiquement que l'intégration de certains est plus difficile que d'autres notamment ceux qui font du prosélytisme religieux dans une société qui a vécu une rupture profonde avec ses racines catholiques romaines. Le Québec est accueillant, mais il est le produit de sa propre histoire.

Rappelons-ici les paroles de Denis Benjamin Viger, un homme politique imposant du 19 e siècle québécois, qui s'Inquiétait de l'invasion du Bas-Canada par les ressortissants britanniques pour assimiler les parlants français comme le voulait la volonté du rapport Durham : « "On va me dire que je suis ennemi de l'immigration. Oui telle qu'elle se fait, par autorité et dans le dessein qu'on a manifesté d'anéantir la population canadienne, copropriétaire du sol. En tous pays, chaque individu est libre de se retirer là où il lui plaît et l'humanité ordonne au pays où il va, pour trouver du soulagement, de le recevoir. Et ce nouveau venu doit, selon l'ordre de la raison et de la justice, se conformer aux lois, usages et mœurs de sa nouvelle patrie." (Martin Lavallée, "Denis - Benjamin Viger: Un patriote face au Canada-uni" , Montréal, Québec-Amérique, 2017, p.62)

Il serait donc sage de reporter cette consultation et ces débats sur le racisme et la discrimination systémique en élargissant les perspectives afin d'en faire un débat sur les politiques d'immigration au Québec et sur les moyens mis en œuvre pour en assurer le succès. Après tout, il y a un peu de vrai dans les préjugés ambiants, le Québec c'est notre seule maison. Ce qui n'empêche pas que nous puissions tous nous dire : On jase là... parlons d'immigration...


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