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CHRONIQUEURS / L'Agora
Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau

Mercredi, 12 février 2020

Le courage politique et la défense des droits


La question des droits collectifs et des droits individuels est complexe. Néanmoins, les difficultés que cela peut poser ne justifient pas pour autant que pour la raison nationale on doive détourner le regard de la défense des droits fondamentaux.

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crédit photo: projekt-in website; Charte des Droits et Libertés du Canada; Encyclopédie canadienne Wikipédia, Pierre Elliott Trudeau

Le courage politique est une denrée rare de nos jours. Il est exceptionnel que des gens se lèvent pour affirmer une opinion qu'ils savent contraire à leurs intérêts.

Le sénateur Mitt Romney a fait preuve d'un tel courage en étant le seul républicain à voter pour la destitution du président Trump la semaine dernière. Il y a ce type de courage et celui qui amène quelqu'un à ne pas adopter la position souhaitée dans son groupe d'appartenance ou de sa communauté sur un sujet chaud, par exemple celui de défendre les droits d'un criminel à être jugé même si son crime est horrible.

Il y a aussi le courage de citoyens qui s'opposent au pouvoir pour de bonnes ou de mauvaises raisons. À Sherbrooke, le conseil municipal et les élus dépassent ces temps-ci les bornes de l'acceptable avec la politique de gestion des insultes à l'égard d'un officier ou d'un élu. Je ne suis pas particulièrement un ami du citoyen Pascal Cyr, mais j'ai jugé exagéré le sort que lui a fait le conseil municipal ainsi que la contravention qu'il a reçue. Que ce citoyen soit irrespectueux, j'en conviens, mais le moyen est un peu exagéré. Que dire alors de la controverse opposant le directeur de cabinet d'Évelyne Beaudin, Claude Dostie au conseiller Pierre Tremblay ? Ainsi, on s'offusque de l'utilisation de terme comme « kamikaze de la politique ». C'est du surréalisme. Réflexions autour d'une notion simple : les droits et libertés.

Les droits et libertés

Au Canada, on s'enorgueillit de notre Charte des droits et libertés qui a été intégrée à la constitution canadienne en 1982 lors de son rapatriement par le premier ministre libéral d'alors, Pierre Elliott Trudeau. Ce n'était pas d'hier que le Canada vouait un culte pour les droits individuels. À la suite des atrocités commises par le peuple allemand envers les Juifs, les Nations unies ont adopté en 1948 une déclaration des droits. Au Canada, c'est en 1960 que le gouvernement du premier ministre conservateur John Diefenbaker fait adopter la Déclaration canadienne des droits. Elle accorde aux Canadiens certains droits quasi constitutionnels en relation avec d'autres lois fédérales. Il s'agissait de la première loi des droits de la personne au fédéral, bien qu'une « Charte des droits implicite » avait déjà été reconnue par les tribunaux. La Déclaration canadienne des droits demeure en vigueur, mais son inefficacité largement reconnue fut la raison principale derrière l'adoption de la Charte canadienne des droits et libertés en 1982. Depuis, cette Charte canadienne des droits est devenue un objet de controverse politique puisqu'elle oppose les souverainistes québécois bien souvent aux défenseurs de la Charte d'un Canada multiculturel niant les droits des Québécoises et des Québécois à être reconnus comme une nation. Ici, ce qui pose problème, c'est le concept des droits individuels et des droits collectifs.

Défendre les droits n'est pas nier la nation

Au Canada, les tenants de la défense des droits et des libertés ont une conception très Rawlienne qui ne laisse aucune place à la notion de droit collectif. S'inspirant de R. Dworkin, le philosophe Charles Taylor pose l'existence de deux types de libéralismes : un libéralisme dit « opératoire » et un libéralisme « positif ». Charles Taylor fait la promotion d'un libéralisme qui laisse une large place à la survivance des cultures et des modes de vies communautaires, ce à quoi tout groupe aspire. Ce libéralisme « repose largement sur des conceptions de la vie idéale - conceptions dans lesquelles l'intégrité des cultures a une place importante. »

Manifestement, il s'agit là d'un libéralisme compréhensif qui fait la part belle à la promotion des particularismes et qui, de ce fait et contrairement au premier type de libéralisme, échappe au reproche d'homogénéisation culturelle. L'approche de Taylor est en une de libéralisme communautarien qui permet de faire une place aux droits collectifs, par exemple celui de la nation québécoise. Il existe bien des interprétations de la politique de reconnaissance de Charles Taylor. Celle qui prédomine chez nous c'est celle qui utilise cette théorie de Taylor pour justifier la politique multiculturelle canadienne. Chez des auteurs comme Alain Gagnon ou Michel Seymour, on retrouve cette idée que les nations peuvent être reconnues dans le cadre d'une société libérale de droits. Bref, la question des droits collectifs et des droits individuels est complexe. Néanmoins, les difficultés que cela peut poser ne justifient pas pour autant que pour la raison nationale on doive détourner le regard de la défense des droits fondamentaux.

Être ou ne pas être démocrate

Un long détour pour vous dire que nous devons toujours défendre les droits et libertés des citoyens contre le pouvoir. Cela est vrai pour la défense de la liberté des citoyens devant le pouvoir politique municipal comme cela est vrai dans la défense de celles et de ceux qui contestent par la voie des tribunaux la Loi no 21 sur la laïcité. La majorité a des droits, mais pas celle d'écraser les minorités par sa majorité. Cela est vrai aussi des gouvernements majoritaires qui prennent le raccourci des bâillons successifs pour museler l'opposition et les gens qui s'opposent à lui. Je me rappelle un jour avoir écrit un texte qui fustigeait le gouvernement libéral de Jean Charest pour avoir suspendu les droits et les libertés des citoyennes et des citoyens étudiants lors de la crise du printemps érable sur les frais de scolarité. Je suis aussi aujourd'hui tout à fait contre celles et ceux qui trouvent commode de bafouer les droits pour l'atteinte de leurs objectifs. Dans les milieux intellectuels québécois, il est courant de mépriser Pierre Elliott Trudeau. On lui trouve mille défauts, mais, malgré la Loi sur les mesures de guerre en 1970, Pierre Elliott Trudeau a toujours été un fervent défenseur des droits et des libertés des citoyennes et des citoyens. Certes, il épousait les thèses de John Rawl et était allergique aux thèses défendues par celles et ceux qui font valoir l'existence des droits collectifs aux côtés des droits individuels. Dans un texte publié en octobre 1958 dans Cité libre, Pierre Elliott Trudeau a écrit : « Je ne reprendrai pas ici mon hypothèse historique voulant que "les Canadiens français forment peut-être le seul peuple connu de l'histoire qui jouisse de la liberté démocratique sans en avoir conquis les avantages de haute lutte." Qu'on discute cette conclusion ou non, les faits qu'elle a l'avantage d'expliquer demeurent les mêmes : les Canadiens français se conduisent comme s'ils ne croyaient pas en la démocratie ; et quoique vivant dans des cadres en apparence démocratiques, ils n'ont pas encore neutralisé les idéologies et les institutions dominantes qui constituent les obstacles traditionnels à la démocratie.

J'espère qu'on ne m'obligera pas encore une fois à reprendre la démonstration de ces faits l'immoralisme électoral et civique des Canadiens français, leur penchant pour l'autoritarisme, les thèses antidémocratiques qu'ils apprennent au collège, les structures non adultes où ils se débattent à l'université, le peu de place qu'ils occupent comme laïcs dans l'Église québécoise, les cadres sociaux étroits où ils vivent dans les campagnes, les positions subalternes qu'ils occupent dans les structures autoritaires du capitalisme, leur crainte de recourir à l'État qui pourtant seul pourrait donner à la collectivité les moyens de sortir de son marasme, le peu de cas qu'ils font (dans l'ensemble) des atteintes à la liberté de parole, de presse et d'association, tout cela constitue autant de caractéristiques d'un peuple qui n'a pas encore appris à se gouverner lui-même, d'un peuple où la démocratie ne peut pas être prise pour acquise. » (« Un manifeste démocratique », Cité libre, 22 [octobre 1958] : 1-31, dans d'Yvan Lamonde, avec la collaboration de Gérard Pelletier, CITÉ LIBRE. Une anthologie, p. 86-114. Montréal : Les Éditions internationales Alain Stanké, 1991, 415 p.)

Soixante-deux ans plus tard à quelques mois près, on peut reconnaître que Pierre Elliott Trudeau n'avait peut-être pas tort si l'on prend la peine d'écouter et d'observer les acteurs de la scène publique canadienne. Si plusieurs sont en désaccord avec moi là-dessus, il reste qu'ils vont convenir que Pierre Elliott Trudeau a toujours su faire preuve de courage politique pour défendre les droits...

Source : Les classiques des sciences sociales UQAC


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