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CHRONIQUEURS / L'Agora
Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau

Mercredi, 31 août 2016

Sans faits ni lois!



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Nous vivons dans une drôle d'époque. Chaque jour, de nouvelles théories de complot nous sont acheminées sur les réseaux sociaux. L'actualité quotidienne nous donne mille et une raisons de ne plus avoir confiance dans nos gouvernants. Les professionnels, les intellectuels et l'autorité en général n'ont plus droit à notre considération et à notre estime. Nous ne croyons plus. Nous avons perdu la foi en tout ce que nous sommes. Nous avons perdu la foi en nos institutions. Nous sommes en profonde rupture avec notre héritage occidental qui est le siècle des Lumières. La rationalisation, la science et les faits sont « out ». Vive les images, les perceptions et les émotions. Bienvenue au 21e siècle dans l'univers des réseaux connectés. Voici le nouvel humain!

Comprendre les origines du changement...

Le sociologue et politologue Manuel Castells a bien entrevu le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui dans son œuvre de trois tomes consacré à l'ère de l'information. L'impact des nouvelles technologies de l'information sur la culture ambiante de l'instant présent et du culte au Je plutôt qu'à un Nous n'a plus besoin de grandes explications. Aujourd'hui, il faut plutôt en prendre acte et en mesurer les conséquences. D'ailleurs, Castells n'est pas le seul à avoir entrevue l'avènement de ce monde où on mettra à mal l'héritage occidental du siècle des Lumières, des penseurs comme Jean-François Lyotard ou plus près de nous Jacques Beauchemin avec son livre sur la société des identités avaient bien appréhendé le monde tel que nous le connaissons maintenant. Ils avaient tout au moins dessiné les contours qui colorient aujourd'hui notre existence. Et qui dira encore que nous n'avons rien à faire des sciences molles pour comprendre le monde dans lequel nous vivons?

La société postfactuelle

Je me rappelle, étudiant au baccalauréat en histoire à l'Université de Sherbrooke, un nouveau professeur fraîchement arrivé de sa formation américaine nous avait donné un cours en histoire quantitative. Il s'agissait de mettre l'histoire à l'heure du monde et des ordinateurs. Pas comme aujourd'hui avec les logiciels d'utilisation facile, mais avec des cartes à perforer où il ne devait y avoir aucune erreur de poinçonnage si l'on voulait que le programme s'exécute dans le grand ordinateur partagé de l'Université. L'informatique et les méthodes quantitatives en histoire s'inscrivaient dans un courant nouveau de l'historiographie américaine, l'histoire contre-factuelle.

L'histoire contre-factuelle permet de remettre en question de manière originale les problèmes de la causalité, le rôle de l'imagination, de l'écriture et des usages politiques de l'histoire. Il ne s'agit pas de réécrire ou de contredire le récit officiel des événements passés, mais à l'aune de l'historiographie, d'en comprendre les mécanismes, les forces à l'œuvre ou les décisions d'individus ou de groupes. La question qui permet d'amorcer ce début de réflexion est : « Que se serait-il passé si...? » (What if...?). Ce type de questionnement est également présent en littérature, en philosophie, et dans certaines branches des sciences dures comme la physique.

Une approche que je trouvais à l'époque très discutable parce qu'elle s'éloignait de la réalité des faits historiques pour chercher plutôt à dégager des lois générales et des concepts de la vie des humains en société. Ce qui est souvent discutable. Si jeune étudiant j'en avais contre l'histoire contre-factuelle, imaginez aujourd'hui ce que je pense d'une société post-factuelle?

Le concept de la société post-factuelle

Cherchons si vous le voulez bien à définir ce concept de société post-factuelle. La société post-factuelle est une société qui ne croit plus à l'autorité constituée, à ses institutions. C'est une société qui n'a plus ou ne veut plus de points de repère. Ce qui est valorisé c'est le changement perpétuel et le relativisme. Rien n'est moins vrai que la dernière affirmation contredite par la nouvelle sur les réseaux sociaux.

La société post-factuelle est une société qui utilise les outils des nouvelles technologies de la société de l'information pour produite une société de désinformation. Dans la société post-factuelle, rien n'est vrai. Les intellectuels, les représentants du pouvoir constitué complotent tous ensemble pour brimer la liberté de chacun. Le Je triomphe de tous les Nous possible. C'est la société de l'instant présent, du spectacle, des images et de l'émotion. Vaut mieux une émotion qu'une vérité. Les médias et les institutions d'éducation d'enseignement supérieur ont fort à faire pour vaincre ce nouvel état d'esprit. Les théories du complot pullulent et les sources d'information sont plus diversifiées que jamais. Un auteur classique renommée écrivant sur un sujet classique des sciences humaines et sociales sur lequel il a travaillé de nombreuses années voit son opinion égalisée aux yeux de tous par un quidam qui a une opinion sur la question. Dans ce monde tout se vaut, tout s'égale au nom de la démocratie participative.

L'éditorialiste du journal Le Devoir, Antoine Robitaille, a bien décrit la situation dans un texte publié le 18 juillet dernier et intitulé L'ère post-factuelle :

« Plusieurs signes semblent indiquer que nos sociétés sont entrées dans l'ère "post-vérité" ou "post-factuelle". Il est stupéfiant d'entendre par exemple le candidat républicain à la présidentielle, Donald Trump, marteler que le taux de chômage aux États-Unis est de 42 %. Les experts disent qu'il se trompe? "Ne les croyez pas", tonna-t-il. Les tenants du Brexit auraient délibérément opté pour une argumentation fondée sur le même type de mépris des faits, soutient Katharine Viner, rédactrice en chef du Guardian. Dans un riche essai publié mardi, elle mentionne qu'un des principaux bâilleurs de fonds du parti Ukip, Arron Banks, a déclaré qu'au début de la campagne référendaire, les leaders du Leave (pro-Brexit) ont conclu que les "faits, ça ne fonctionne pas". La campagne du "Remain" (anti-Brexit) mettait en relief "que des faits, des faits, des faits. Ça ne fonctionne pas, c'est tout! C'est par les émotions que vous devez toucher les gens. De là vient le succès de Trump." »

Il ne faut pas se méprendre. L'utilisation des nouvelles technologies de l'information crée le paradoxe suivant : ces outils nouveaux issus de la société de l'information produisent son envers une société de désinformation.

Comment sauver notre héritage culturel?

À bien y penser, notre civilisation, nos valeurs ne sont pas que menacées par les terroristes issus des mouvances du groupe État islamique ou d'Al-Qaida, nous sommes aussi menacés par notre propre turpitude, par nos égarements, par nos refus d'accepter de vivre ensemble selon un registre culturel constitué de points de repère contenant nos traditions et nos façons de faire.

Au lieu de cela, nous assistons à une démission de nos élites (ah le méchant mot!), de nos intellectuels, de la classe politique et de nos institutions. Plutôt que de combattre ces phénomènes avilissants pour notre avenir commun, nous nous complaisons dans la société du spectacle comme l'a développé et expliqué l'écrivain péruvien Mario Vargas Llosa dans son livre La civilisation du spectacle que je vous ai déjà recommandé dans une chronique précédente. Je vous recommande aussi l'excellent article du journal Le Monde de Luc Vinogradoff paru le 16 juillet dernier intitulé « Les médias dans l'ère de la politique post-vérité » et qui s'intéressent au rôle des médias dans cette société de l'éphémère et du spectacle. Bref, je vous le dis comme je le pense, si nous ne faisons rien, nous passerons d'une société de faits et de lois à une société sans faits ni lois...


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