Travail? Oui, pour l'hôtellerie ou les métiers de la construction car des grues font partie du décor urbain. Pétrole? C'est la ressource importante du milieu comme dans toute cette région du Moyen-Orient. Congrès? À la quantité d'hôtels récemment bâtis dans le secteur de « la Corniche », il n'y a aucun doute. Au moment de la tenue de la CITES (Conference on International Trade in Endangered Species of wild fauna and flora) à laquelle nous participions avec 2 000 autres personnes, une rencontre sportive d'envergure qui s'y déroulait aussi.
Quand le président de IWMC, Eugène Lapointe, ancien diplomate canadien, nous a demandé, à André, et à moi, si nous voulions l'assister dans la participation à la CITES qui se tenait cette année à Doha, capitale du Qatar, nous nous sommes donc mis à l'étude de ce pays. Péninsule de 12 000 km carrés, sur le golfe Persique, le Qatar existe comme pays indépendant depuis 1971. De ses 1,5 millions d'habitants, 83% vivent à Doha. Ce qui frappe le visiteur, c'est l'effort de reconstruction de toute la ville. Sur un sol désertique, on est arrivé à y faire vivre arbres, fleurs et terrasses. Les nouveaux bâtiments sont futuristes et souvent signés par un architecte réputé. Celui de la Pyramide du Louvre y a le sien! Au Villagio, centre d'achats intérieur couvert, élaboré à la façon d'un village où chaque boutique a une façade typique, nous y avons découvert une patinoire où deux équipes d'adolescents, filles et garçons, jouaient au hockey, avec, sur leurs chandails, le drapeau du Canada!
Monde de contrastes où se côtoient une modernité futuriste et la tradition islamique avec des femmes voilées, l'arrêt de toute activité pour la prière du vendredi, une présence exclusivement masculine à certains endroits. Un gardien en uniforme dans une épicerie m'a fait conclure qu'il n'y avait sûrement pas de vol à l'étalage!
L'accueil y a été cependant chaleureux. À l'hôtel, le personnel entièrement masculin nous était très attentionné. Le gérant du marketing m'a même prêté son bureau les deux jours de la tenue d'un atelier africain dont nous avions la responsabilité. Au Sheraton, centre de la Conférence, le gouvernement du Qatar a assumé les repas des participants tous les midis de la tenue de la CITES et il nous a déplacés en autobus, à une heure trente de route dans le désert, un soir, pour nous y recevoir avec grand déploiement, à un resort gouvernemental sur les rives du golfe Persique, tout ceci sans une goutte d'alcool! L'eau et les jus nous étaient servis dans de belles coupes! Il y avait là une piscine identifiée ‘familiale' où des enfants se baignaient habillés et les mères toutes de noir vêtues et voilées les surveillaient.
La CITES, comité environnemental de l'ONU (UNEP) réunit 175 pays membres de cet organisme et des ONG qui oeuvrent pour le développement durable et la conservation des espèces. Le Qatar a favorisé les participants par l'organisation des lieux, du transport et de toute la logistique. IWMC (International Wildlife Management Consortium), équipe multiculturelle de 12 personnes provenant du Canada, de l'Argentine, de la Suisse, de l'Italie, de l'Afrique du Sud, des USA et de la Russie y a travaillé ferme pour le soutien des causes des pays d'Afrique souvent démunis et pour celles du développement durable, tant par les articles de ses journalistes, que les avis de sommités universitaires ou de compétences reconnues dans les domaines concernés. Les ONG ont droit de parole mais seuls les pays votent et orientent ainsi la législation qui régit le commerce des espèces. En mettant, par exemple, l'éléphant d'Afrique à l'Annexe l, on en défend la chasse et la vente de l'ivoire déjà accumulé. ‘Le refus des États Parties à la CITES de permettre la conversion des stocks d'ivoire de la Tanzanie et de la Zambie en argent comptant dont ces pays ont tant besoin prive les Africains de leurs moyens d'existence et de l'appui indispensable aux efforts de conservation de l'éléphant.' (IWMC).
Malgré tous les efforts déployés, il reste beaucoup d'éducation à faire pour orienter vers le bien commun.
Voilà ce qui nous a motivés à nous rendre au Qatar.