La mésange à tête noire et la sitelle à poitrine blanche
par Gilles Larivière
En annonçant le sujet de la présente chronique au mois de février dernier, je m'attendais à faire une parenthèse au sujet des observations exceptionnelles de cet hiver. La saison a plutôt été avare d'espèces tout autant que de neige. Alors que l'année dernière je m'émerveillais de la visite d'une multitude de durbecs des sapins et de gros becs errants, les observations aux mangeoires se sont limitées surtout aux espèces courantes: chardonnerets, roselins familiers, sitelles, mésanges et pics. Par conséquent, je m'en tiendrai strictement à mon engagement en vous parlant des mésanges et des sitelles.
Ces oiseaux, la mésange en particulier, sont tellement courants dans notre voisinage qu'on les considère comme acquis et, à l'instar des pissenlits sur nos pelouses, ils ne piquent pas beaucoup notre curiosité. De plus, avec leur plumage où le noir, le blanc et le gris dominent, ils sont moins flamboyants que d'autres volatiles comme les chardonnerets jaunes et les roselins familiers.
La mésange à tête noire est pourtant très sympathique. Elle est active et si peu farouche qu'elle osera même venir se nourrir dans notre main. C'est une espèce très commune partout où il y a du bois, au sud du Canada et au nord des États-Unis, d'un océan à l'autre. En hiver, les mésanges se tiennent en groupe auquel se joignent d'autres espèces. Elles se sépareront au printemps pour se reproduire. La mésange à tête noire, est un petit oiseau d'environ 13 cm. Elle a les ailes et la queue grises et les flancs chamois. Sa calotte et sa bavette noires, ainsi que ses joues blanches, lui donnent une tête bien caractéristique. On entend fréquemment son cri: un tchicka di di di assez grave.
Dès les beaux jours du printemps, elle fera entendre un fi bi long et clair dont la première syllabe est plus aigüe. Elle se nourrit abondamment de gras et de graines de tournesol aux mangeoires, mais consomme aussi une grande quantité d'insectes et d'araignées sur les rameaux des arbres et des arbustes. Comme le chardonneret jaune, elle peut manger la tête en bas. Au printemps les mésanges à tête noire formeront des couples. Certains individus s'accouplent avec les mésanges de Caroline lorsque les frontières des aires de dispersion des deux espèces se chevauchent. Un couple peut avoir une ou deux nichées par année. Ils aménagent leur nid duveteux en forme de coupe, dans une cavité naturelle que les deux partenaires creusent dans du bois pourri, ou optent pour un nichoir. La ponte peut compter de six à huit œufs blancs tachés de roux et la période d'incubation est d'une douzaine de jours.
La sittelle à poitrine blanche, est un autre oiseau assez commun chez nous dans les forêts de feuillus. Elle arbore la même livrée que la mésange à tête noire. Elle a le dos gris, la face blanche, tandis que sa calotte et sa nuque sont noires. Son bec est droit et effilé, légèrement relevé. Un peu plus grosse que la mésange, elle mesure 15cm. La sittelle se reconnaît facilement à sa manière de descendre la tête en bas, le long des arbres. Son régime alimentaire se compose de noix, de glands et d'insectes; mais elle fréquente aussi les mangeoires à la recherche de suif et de graines de tournesol. Elle a l'habitude de venir chercher les graines une à une et de repartir avec pour les cacher dans les fissures des écorces d'arbres ou encore de les coincer dans une fente pour les ouvrir à coup de bec. Le cri de la sittelle à poitrine blanche est nasillard; c'est un yank yank yank ou un toutou. Les sittelles construisent leur nid dans une cavité naturelle, un trou de pic abandonné ou dans un nichoir. La femelle y pondra de trois à dix œufs qu'elle couvera pendant 14 jours. Le mâle offrira de la nourriture à la femelle durant la période de couvaison.
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Il n'y a pas encore très longtemps les dames en profitaient pour sortir leur magnifique chapeau de paille à l'occasion de Pâques. Ornés de fleurs et parfois d'oiseaux, c'étaient de vrais petits chefs-d'œuvres. La coutume a-t-elle changé de saison? Voici une tourterelle triste complice de la coquetterie de ce bonhomme de neige. Merci à M. Gérard Monfette de Marbleton, pour m'avoir apporté cette photo sympathique.
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