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LE PAPOTIN / Chroniques
Jeudi, 24 février 2011

Chronique histoire


24 février 2011

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par Jacques Robert

John Bishop fils, fondateur de Dudswell (suite)

En 1783, la guerre de la Révolution américaine prenait fin. Pendant huit longues années, les colons américains désireux d'obtenir l'indépendance des 14 colonies1, les Patriotes ou Républicains, combattirent les Loyalistes2 qui désiraient rester fidèles à la Couronne britannique. Ce fut une guerre fratricide et insensée. Les Loyalistes durent quitter leur terre, laisser leurs biens derrière eux et se réfugier dans la Province of Québec3 et cela, sous peine de mort. Plusieurs furent pendus ou massacrés par leurs concitoyens. Ils étaient la plupart du temps dénoncés par leurs propres frères, leur père, leurs amis ou leurs voisins. Les Républicains, de leur côté, durent combattre l'armée anglaise aidée par les Loyalistes, la milice canadienne-française et les Indiens. Sans l'intervention de la France qui envoya en Amérique, des armes et des munitions et une armée conduite par le général LaFayette, ils auraient été tout simplement écrasés. L'avènement des États-Unis d'Amérique aurait été reporté à plus tard ou tout simplement n'aurait jamais existé comme tel4.

John Bishop Jr était un républicain, un patriote. C'est la raison pour laquelle il fut fait prisonnier et emprisonné pendant cinq longues années dans les infâmes prisons de la ville de Québec. À la signature du Traité de Paris le 3 septembre 1783, traité qui mettait fin à la guerre d'Indépendance américaine, John Bishop Jr, son père et son frère Timothy et leur voisin, Ebenezer Stearns, furent échangés comme prisonniers à Whitehall, New York à la fin de la même année. Ils furent accueillis en héros, retrouvèrent leurs familles à Castleton et repartirent aussitôt pour le comté d'Addison au Vermont.

Une nouvelle vie

La fleurissante petite colonie, la future Monkton, était complètement dévastée. Pendant toute le durée de la guerre, cette région était infestée de Loyalistes, d'Indiens et de miliciens venus du Bas-Canada et qui combattaient les Indépendantistes. Tout avait été détruit, sauf quelques cabanes maintenant en ruine. La plupart des colons, une fois démobilisés, reprirent leur terre et d'autres se firent concéder les terres laissées vacantes par les Loyalistes. Tout ceci exigea de nombreux travaux d'arpentage et John Bishop Jr eut sans doute l'occasion de mettre en pratique sa nouvelle profession. En 1786, dans la maison de Richard Barnum, eut lieu la première réunion du conseil du village de Monkton. John Bishop Jr, Elijah Bishop, Samuel Barnum, Richard Barnum, Daniel Smith furent nommés à différents postes.

Le 25 novembre 1784, John Jr épousa Ester Andrews. Ils s'installèrent sur une terre sur laquelle ils élevèrent sept enfants, deux garçons et cinq filles, tous nés à Monkton. Timothy épousa une canadienne-française, probablement fille d'un coureur des bois resté sur place. Elle lui donnera un fils. Puis il mourut, peu de temps après. John Sr et sa femme Rachel s'installèrent sur leur ferme avec le reste de la famille.

Toutefois, les Bishop et leurs concitoyens n'étaient pas au bout de leurs peines. Dès la fin de la guerre, les troubles recommencèrent avec l'État de New York. Le Vermont qui s'était déclaré indépendant dès mars 1777, et qui s'était considéré comme tel pendant toute la durée de la guerre d'Indépendance américaine, se devait, une fois les hostilités terminées, de renforcer ses milices pour la défense de son territoire. C'est probablement à ce moment-là que John Bishop Jr fut nommé capitaine de milice, pour la région de Monkton. Pendant trois ans, l'avenir du Vermont demeura incertain et tous les Vermontois demeurèrent sur un pied de guerre. Pour un temps, Ethan Allan et ses frères Ira, Heman et Zimri négocièrent à la fois avec les Britanniques et les Américains pour le rattachement du Vermont à l'une ou l'autre des deux puissances. Après la mort d'Ethan Allen, survenue le 12 février 1789, tout alla très vite et les négociations avec les États-Unis aboutirent à une entente. En 1791, le Vermont devenait le 14e état américain.

En 1790, lors d'un premier recensement effectué dans le comté d'Addison, Vermont, on retrouve John Bishop Jr toujours à Monkton avec sa femme, deux garçons et une fille. Il a comme voisin son père John Sr, sa femme et un fils, et Naphthali, son frère, et sa jeune épouse qui n'ont pas encore d'enfant. La plupart des futurs associés de John Jr, ceux de la première heure, y sont aussi recensés.

Ouverture du comté de
Buckingham5 à la colonisation

Pendant ce temps, à Québec, les Britanniques sont aux prises avec un problème de taille. En effet, ils doivent relocaliser une multitude d'Américains restés fidèles à la
Couronne d'Angleterre et qui ont dû quitter leur terre, les Loyalistes. Les premiers seront installés en Nouvelle-Écosse, sur les terres laissées par les Acadiens (environ 30 000) et d'autres le seront autour de Kingston, Ontario (également environ 30 000).

Cependant, d'autres réfugiés, toujours parqués autour du lac Champlain et fatigués d'afficher un loyalisme auquel le gouverneur du Canada ne semble pas trop prêter d'importance, continuaient à inonder Québec de demandes de concession de terre. Les autorités britanniques de Québec, résistèrent longtemps à leurs pétitions. En fait, le gouverneur Haldimand ne souhaitait pas les voir s'établir dans les seigneuries de la vallée du Saint-Laurent ni dans le comté de Buckingham, c'est-à-dire dans les futurs Cantons-de-l'Est. D'abord, les Loyalistes installés dans les seigneuries auraient mal supporté le régime seigneurial et les lois françaises et auraient fini par fomenter des troubles avec les Canadiens-français déjà établis. C'est du moins ce que craignait le gouverneur.

Pour ce qui est du Buckinghamshire, il préférait garder cette région inhabitée, au moins pour un certain temps, afin de conserver une sorte de tampon entre le territoire britannique et l'État du Vermont qui hésitait, comme nous l'avons vu, entre le rattachement à la nouvelle république et le retour à la Couronne britannique. Haldimand craint d'ailleurs qu'avec le temps, les Loyalistes installés près de la frontière des USA ne fraternisent avec les Américains qui songent toujours à conquérir le Canada. Voilà pourquoi il entrevoit plutôt l'établissement dans cette région de Canadiens-français, qu'il juge plus fidèles à la Couronne.


En 1791, après maintes explications de Lord Dorchester, vint l'autorisation de Londres d'ouvrir à la colonisation le territoire enclavé entre les seigneuries du Saint-Laurent et la frontière américaine, c'est-à-dire tout le Buckinghamshire.

Des arpenteurs, sous la direction de Joseph Bouchette, l'arpenteur général, se mirent aussitôt à l'œuvre et taillèrent dans ces terres vagues, des cantons de 10 milles de côté. C'était amorcer chez nous l'acquisition de terres en franc et commun soccage, par distinction de la concession en tenure seigneuriale. Ces townships seraient donc bien différents des seigneuries. L'annonce de l'ouverture du comté est officiellement faite le 17 février 1792 par le lieutenant-gouverneur Alured Clark.

Au Vermont, alors que plusieurs de ses concitoyens rêvent d'aller conquérir l'ouest américain, John Bishop Jr, regarde plutôt vers les terres situées au nord de la frontière. C'est ainsi que le 27 juin 1792, il fait officiellement sa demande de concession auprès du lieutenant-gouverneur Alured Clark6. Cette demande ne fut enregistrée qu'en 1795 par le gouvernement de Québec.

Nous ne connaissons pas les raisons réelles qui poussèrent notre défricheur à venir s'établir dans le canton de Dudswell, cela en terre britannique, la terre de ceux qu'il avait combattu avec tant d'énergie pendant la révolution. Est-ce possible que les liens d'amitié qu'il avait entretenus avec ses geôliers anglais de Québec était assez forts pour le convaincre de souhaiter le rattachement du Vermont à l'Empire britannique et non à l'Empire américain? Pourquoi avoir choisi un canton aussi isolé, à 45 milles de toute civilisation? Il aurait pu choisir un autre canton situé plus près de la frontière. Dans ce cas-ci, la raison aurait été plus évidente. Probablement parce qu'il voulait s'isoler des Loyalistes qui s'étaient installés dans les autres cantons plus au sud.

Entre 1792 et 1800, John Bishop, son père John Sr et quelques-uns de ses futurs concessionnaires, aidés par des guides amérindiens, firent la navette entre Monkton et leurs lots situés près du "Dudswell Pond" (notre beau lac Miroir d'aujourd'hui) et préparèrent courageusement la venue de leur famille.

En 1797, John Bishop Jr est sur son lot, près du "Dudswell Pond". Il y a déjà construit sa cabane à un endroit aujourd'hui propriété de M. Onil Leblanc7 sur la route 255. Il a déjà commencé à défricher son lot comme la plupart des "Leaders" avant même que le canton lui soit officiellement concédé. Il a également commencé l'arpentage des lots à l'intérieur du canton. Sa présence à Dudswell est confirmée par un "True statement" incomplet contresigné par Hugh Finlay cette même année. Dans ce recensement, on énumère 21 divisions territoriales du Buckinghamshire, les noms des "Leaders", l'année de la prise de possession du canton et le nombre de colons établis. Dans ce recensement, on le retrouve seul sur son lot.

Puis le 14 septembre 1800, John Bishop entreprit de déménager sa famille dans sa nouvelle patrie. Le voyage fut long (130 milles) et pénible. Il quitta pour toujours sa patrie avec sa femme Esther, ses sept enfants tous âgés de moins de 15 ans et sa sœur Anna Bishop-Chaffee, veuve, et son fils Daniel8. Il est possible que quelques-uns des ses associés aient fait le voyage avec eux. La famille Bishop amenait avec elle deux chevaux de selle, trois vaches, un chariot tiré par deux autres bêtes, contenant outils, ustensiles et suffisamment de provisions pour le voyage et les premiers mois de vie au Bas-Canada.

La première partie du voyage, entre Monkton et la frontière du Bas-Canada, se déroula relativement bien, les chemins étant en assez bonne condition. À cette époque, le nord du Vermont était relativement bien développé. La population installée près de la frontière internationale était déjà d'environ 15 000 âmes9. Une fois la frontière traversée, c'était une toute autre histoire. Les routes étaient évidemment inexistantes. À l'époque, il n'y avait que quelques sentiers traversant une forêt très dense et qui étaient utilisés par les Indiens depuis des centaines d'années. Ils suivaient ordinairement les cours d'eau que l'on devait traverser à plusieurs reprises. Ils étaient étroits et accidentés et ne permettaient pas l'utilisation de chariots pour le transport.

Nos voyageurs durent donc laisser leur chariot et quelques biens aux limites de Stanstead et Hatley, pas très loin de Derby (600 habitants). Le pire était à venir. À partir de là, ils suivirent le sentier qui longeait le lac et la rivière Massawippi (à peu près le tracé de l'actuelle route 143) jusqu'à un endroit que l'on appelait alors les "Petites-Fourches" (aujourd'hui Lennoxville). C'est là qu'ils durent traverser la rivière Saint-François, car il y avait déjà des facilités pour le faire et surtout, il y avait quelques colons pour les aider. Plus loin, c'était la forêt vierge et inhabitée.

À partir des "Petites-Fourches", ils suivirent la rive nord de la rivière Saint-François, passèrent à Ascot Corner et Westbury qui n'étaient pas habités à l'époque. Ils durent marcher de 6 à 7 milles par jour à travers la forêt vierge et dense, dévorés par les moustiques, la gorge sèche, souffrant de la faim et de la soif, écrasés sous le poids de leurs biens. Ils durent couper des arbres pour faciliter leur passage, traverser à gué rivières, ruisseaux et marais, escalader collines et montagnes, affronter la pluie, le vent, le froid et les bêtes sauvages. Chaque soir, ils avaient monté leur camp, mangé un repas frugal, souvent constitué que de pain sec et d'eau et ils s'étaient endormis, rompus par la fatigue.

Puis un jour, à la nuit tombante, à la lueur des éclairs et à la pluie battante, ils arrivèrent à l'embouchure d'une petite rivière: la décharge du "Dudswell Pound". En suivant cette rivière vers le nord, ils atteignirent leur lot, situé tout près du lac. C'était vers les dix heures du soir, le 4 octobre 180010.


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