Les parulines
par Gilles Larivière
On les appelait autrefois les fauvettes, mais pour les distinguer de leurs congénères européennes, on les nomme depuis plusieurs années, les parulines. C'est un groupe de petits passereaux qui ne manque pas d'intérêt. Vous avez peut-être déjà entendu leurs swi-swi-swi-swi-ti-ti-ti-swi, tsi-tsi-tsi, et leur ouistiti-ouistiti-ouistiti qu'elles chantent au printemps, mais elles ne sont pas faciles à observer car elles sont vives et toujours en mouvement dans le feuillage dense des arbres et des buissons. De plus, elles sont souvent difficiles à identifier car la plupart des espèces, ont du jaune dans leur plumage et qu'il existe une grande variété de parulines de teinte olive. Le moment propice pour les identifier est le printemps, alors qu'elles font entendre leur chant caractéristique, et à l'automne, lorsqu'elles se glissent parmi les petits groupes de familles différentes avant d'entreprendre leur migration vers l'Amérique du Sud. Il faut toutefois être vigilant pour les reconnaître car plusieurs femelles ressemblent aux immatures des autres espèces. Heureusement, il existe des parulines faciles à identifier, même pour les débutants.
Avant d'entrer dans les détails, disons que de manière générale, les parulines sont de petite taille (semblables à une mésange à tête noire) et ont une silhouette élancée. Elles ont un petit bec mince. La majeure partie de leur alimentation se compose d'insectes. Certaines espèces vont compléter leur diète de graines et de fruits. Très peu d'entre elles fréquentent les mangeoires.
Chez les parulines flamboyantes, le mâle peut être identifié aisément. Sa tête, son dos et sa poitrine sont noirs, le dessous est blanc et il porte des taches orange sur les ailes et la queue. Très actif, il vole dans les arbres en tombant comme une feuille. On le voit souvent la queue vers le haut, faisant vibrer ses ailes pour débusquer les insectes qu'il attrapera au vol. Sa partenaire, pour sa part, a le dessus d'un gris olivâtre et des taches jaunes sur les ailes et la queue. Les mâles de moins d'un an lui ressemblent, mais ils ont des taches orange. Le chant des parulines flamboyantes est un zi-zi-zi-zi ou un zi-zi-zi-zi-ziou dont la finale est plus grave. Leur nid est une coupe d'herbes, de débris d'arbres et de toile d'araignée, fixée solidement à la fourche d'une branche. Les œufs, au nombre de 2 à 5, sont blanchâtres et tachetés de brun. Ils écloront après une dizaine de jours. Pendant que la femelle couve les œufs, il arrive bien souvent que le mâle s'accouple avec une nouvelle partenaire pour retourner à sa première compagne après l'éclosion des œufs, afin de participer à l'élevage des oisillons.
La paruline jaune, est la seule de cette famille à être entièrement jaune. Elle vit dans les milieux humides: près des étangs, des rivières et des ruisseaux. C'est naturellement le mâle, qui est le plus facile à identifier. Il est jaune vif, avec le dessus du corps plus sombre. Sa poitrine est marquée de fines rayures rousses, chez les sujets matures. Les femelles sont plus ternes et n'ont pas de rayures sur la poitrine. Lorsqu'elles sont immatures, elles sont de couleur olive et peuvent être facilement confondues avec d'autres espèces. Les parulines jaunes sont essentiellement insectivores. Leur chant est un huit-huit-huit-huidididu, dont la finale est plus accentuée. Au moment de la nidification, la paruline jaune est souvent parasitée par le vacher à tête brune qui pond dans son nid pour se débarrasser de sa tâche parentale. On a constaté que les oiseaux qui acceptent la corvée supplémentaire, ont un meilleur taux de réussite de leur couvée, car il semble que les vachers leur assurent une certaine protection. Toutefois, certaines parulines vont plutôt construire un autre nid au-dessus du premier s'ils y constatent la présence d'intrus. La femelle assumera seule la couvaison, mais les deux parents s'occuperont des jeunes.
Nous allons terminer avec la paruline masquée qui doit son nom au masque noir bordé de blanc que porte le mâle. Il a le
dessus olive, tandis que sa gorge et sa poitrine sont jaunes. En ce qui concerne la femelle, elle a le dessus brun olivâtre tandis que sa gorge et sa poitrine sont jaunes. Leur habitat se situe près des lieux humides ou dans les sous-bois denses. Elles se nourrissent d'insectes, d'araignées et de graines tombées au sol. Leur agréable chant, ouititi-ouititi-ouititi, s'entend surtout au printemps. Le nid des parulines masqués est fait grossièrement d'herbes et de débris de feuilles; par contre l'intérieur est tapissé d'herbes fines et de poils. Il est installé dans de la végétation basse, à une hauteur de 30 à 60 cm. Ces oiseaux sont, eux aussi, victimes du parasitage des vachers. Ils adopteront le même comportement face à la tâche que les profiteurs voudront lui imposer.
Voilà un bien mince aperçu de l'univers des parulines. Si l'observation de ces magnifiques petits volatiles vous intéresse, scrutez bien le feuillage des arbres. Vos activités d'ornithologie risquent de vous occuper un bon moment car on peut observer plus d'une quarantaine d'espèces de parulines au Québec.
larivigi@hotmail.com