par Anne Bergeron
PAUL GAUGUIN - DEUXIÈME VOLET - SA TECHNIQUE
Gauguin ouvre la voie à l'art moderne, spécialement au fauvisme, par la forme en aplats et la violence de la couleur
Il n'a jamais voulu peindre la nature dans son exactitude. Sous l'influence de Paul Cézanne paru dans un article antérieur, Paul Gauguin simplifie les détails en résumant les aspects de ses compositions par un cylindre, une sphère, un cône, etc. Par cette synthèse des formes, il s'éloigne volontairement du style réalisme.
Il fait flamboyer ses couleurs à l'image de sa bouillonnante vie intérieure et il refuse tout honneur
Grâce à une vente de ses oeuvres, il va à Tahiti de 1891-1893 et il y retourne en 1895 dans un endroit isolé non touché par la civilisation occidentale. Par ce choix de vie, il refuse la gloire. Malgré la solitude et son infortune monétaire, il réalise de superbes œuvres où sa recherche de développer une peinture innovatrice est fondée sur le quotidien des Tahitiens ainsi que sur leur mythologie.
Dans ce pays, cette nouvelle peinture l'amène à découvrir un art primitif,c'est-à-dire, que sa palette est composée de couleurs pures, presque violentes. D'ailleurs, il dira « La couleur qui est vibration de même que la musique ». Son rose est particulier, son indigo et son jaune citron sont très vifs, ses ocres rouges sont profonds, les verts ont d'infinies nuances et l'harmonie de ses couleurs sombres s'étendent à l'infini. Il mentionne « J'obtiens par des arrangements de lignes et de couleurs, des symphonies, des harmonies...». Il peint aussi avec des formes plates, dans le sens qu'il n'y a peu ou pas de relief, on dit aussi que les couleurs sont appliquées en aplats. C'est le début du fauvisme.
Fait étonnant, il adore s'inspirer de l'art grec et égyptien. Ainsi, Gauguin transporte partout avec lui les reproductions des créations de cet art qui lui tiennent à cœur. Comme on peut le constater dans ce tableau de droite, cette œuvre est vraiment inspirée du style égyptien. On constate qu'il peint en «aplats», ce sont les lignes verticales et horizontales qui suggèrent le relief.
Après des années heureuses, il a des soucis administratifs et personnels (mort de sa fille) qui le rongent et l'abattent en plus des problèmes de santé. Ses créations s'en ressentent et il décide alors de partir en 1901 pour les îles Marquises afin de retrouver l'inspiration et une aspiration au bonheur. Durant ses années dans ses îles, il peint environ 80 toiles dont le quart représente le thème du cheval, qui, en Polynésie, évoque la pureté et la force génératrice de vie ainsi que les pouvoirs surnaturels des dieux.
Affaibli et fatigué par une vie tourmentée, il meurt le 8 mai 1903 à 55 ans. Mais, en Polynésie, il a pu réaliser son idéal et, à son insu, il a fait découvrir au monde occidental qu'il existait des domaines inexploités pour l'art. Des décennies plus tard, Jacques Brel fut enterré à ses côtés aux îles Marquises.
RÉFÉRENCES: www.impressionniste.net/gauguin.htm; www.grandspeintres.com › Peintres; fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Gauguin; www.tahitiguide.com/@fr/8/6/.../article.asp; SPIESS, DOMINIQUE (sous la direction), Encyclopédie des impressionnistes, des précurseurs aux héritiers, Production ÉDITA-Lausanne - 1992 - ISBN 2-8801-289-9, pages: 138 à 153; FRONTISI, CLAUDE, Histoire visuelle de l'Art-, Larousse, 2005, ISBN 2-03-509314-7, pages 360-361.
EXPOSITIONS: MUSÉE DES BEAUX-ARTS SHERBROOKE: Leonard Cohen: Du 19 juin au 3 octobre 2010; Mollinari. Morceaux choisis: Du 19 juin au 11 octobre 2010