Entre le 1er et le 14 janvier dernier, nous sommes allés rendre visite à des amis qui habitent au Guatemala. Nous sommes partis en compagnie de notre fille Caroline, 14 ans, et nous savions que ce ne serait pas un périple formaté pour les touristes.
Par Isabelle Marissal
isabelle.marissal@yahoo.ca
Alors que la planète Terre ressemble de plus en plus à un grand village, avec tous les moyens de communications instantanées d'aujourd'hui, quelle expérience fabuleuse pour une ado et ses parents d'aller mesurer les distorsions entre la réalité sur le terrain vis-à-vis les interprétations véhiculées par les canaux virtuels!
Rituel écologiste
Pendant ce voyage de deux semaines, nous sommes allés trois jours à Monterrico, au bord de l'océan Pacifique. Assez pour que les grands attrapent un coup de soleil... Mais pas la gamine qui elle s'était tartinée de crème solaire! Parmi nos beaux souvenirs, nous retenons l'expédition dans la mangrove à l'aube et la remise en liberté de bébés tortues marines. Les mangroves sont des écosystèmes complexes et riches, sortes de zones tampons entre les eaux douces et l'océan. Le lever du soleil dans la brume rose et sur les volcans en contre-jour avait quelque chose de magique. Un autre moment émouvant nous a aussi remués alors qu'en compagnie d'une trentaine de personnes qui avaient répondu à l'invitation d'agents de conservation de la faune, nous avons relâché de minuscules bébés tortues sur la plage. Le phénomène était saisissant! En fait, je me suis demandée si l'émotion qui naissait en moi surgissait à la vue de ces adorables créatures rejoignant l'océan ou était plutôt engendrée par les applaudissements de gens étrangers les uns aux autres, mais réunis par une sorte de rituel écologiste. Laquelle de ces images est le signe d'un véritable phénomène?
Gâteaux aux bananes à Fundaniños
Notre séjour nous aura aussi permis de visiter l'orphelinat de Fundaniños, à San José Pinula, une petite ville située à environ trente minutes en voiture de Guatemala Cité. Nos amis travaillent comme enseignants à Fundaniños et nous ont présenté chacun des 65 enfants par leur prénom et un bout de leur histoire. C'est un cliché, mais rien n'est plus émouvant que de répondre à l'appel des petites mains tendues et de prendre un de ces petits dans nos bras. Ensuite, c'était la cascade de rires quand nous tentions de communiquer, moitié en espagnol et moitié en français. Imaginez une demi-journée à confectionner une dizaine de gâteaux aux bananes dans ce contexte saugrenu. Un moment de joie pure!
Territoires à haut risque de séismes
Nous sommes aussi allés visiter la très belle ville d'Antigua, au pied du volcan Pacaya. Cette ville a été très éprouvée par un terrible tremblement de terre en 1976. Entre visiter les ruines des églises qui se sont écroulées lors du séisme de 1976 et, une fois de retour au Québec, être bombardés par les images en provenance d'Haïti, on ne peut s'empêcher de constater que les maisons du Guatemala sont construites exactement sur le même modèle que les édifices en Haïti : des murs en blocs de ciment, des planchers et des étages en ciment et très peu de bois intégré aux constructions. Le Guatemala et Haïti ne sont pas exactement des pays riches, mais plutôt des territoires à haut risque de séismes. Nous espérons que les événements tragiques d'Haïti inspireront les artisans, lors de la reconstruction de la « Perle des Antilles », afin de prévenir de telles répercussions. Mais la catastrophe d'Haïti fera-t-elle réfléchir les politiciens et autres « donneurs d'ordres » du Guatemala ?
Nous revenons de ce voyage la tête pleine de souvenirs, transformés par l'expérience et avides de repartir pour un séjour plus long et... humanitaire!? Qui sait? La question est posée.