Dans moins de 15 ans, la population québécoise comptera deux fois plus de personnes âgées de 65 ans ou plus qu'actuellement, soit le quart de la population québécoise. Les personnes qui arrivent à l'âge de la retraite sont, pour une bonne majorité, en bonne santé et ont le potentiel d'être actif pour encore vingt ans et plus. Il devient donc tout à fait indiqué de réfléchir sur nos façons de vivre ensemble. Comment les diverses générations vont-elles créer une solidarité nouvelle et, ensemble, relever les défis auxquels le Québec est confronté?
Par Denis Crête, Table régionale de concertation des aînés de l'Estrie
Depuis un an, partout au Québec, on s'est mis à table autour de « cafés des âges ». Trois questions sont abordées : La société québécoise vieillit : est-ce une chance ou un problème? Comment les jeunes vont-ils tirer leur épingle du jeu dans une société vieillissante? Comment et à quelles conditions les aînés pourront-ils demeurer actifs dans leur milieu? La Table de coordination des aînés de la MRC de Coaticook n'a donc pas voulu échapper à ce processus de réflexion et a invité des citoyens de la MRC à répondre à ces questions.
Un éveil à l'action pour les gens de Coaticook
Les participants ont majoritairement soulevé la chance qu'on a d'avoir une population vieillissante dans le contexte d'aujourd'hui qui est particulièrement exigeant pour nos plus jeunes. C'est donc principalement sur des échanges et de l'entraide intergénérationnelle qu'on mise pour que les jeunes puissent tirer leur épingle du jeu. On a constaté que la disponibilité des aînés pourrait avoir une influence positive sur différents problèmes rencontrés par les jeunes : l'exode prononcé par chez nous, la relève agricole ou pour d'autres entreprises, l'adaptation à notre monde de consommation, les pièges de l'endettement, etc.
Mais pour que nos aînés puissent demeurer actifs, il faudra d'abord qu'ils prennent soin de leur santé. Ceci avec plus d'activités physiques et une plus grande participation à différentes activités de loisir ou de bénévolat. Et, pour ceux qui ont la santé et la volonté, pourquoi ne pas favoriser la retraite progressive ou le « semi-bénévolat » pour les aînés qui veulent s'impliquer dans des services ou soutenir de jeunes entrepreneurs? On observe déjà que les aînés apportent beaucoup d'aide autour d'eux, que ce soit auprès de leur famille, des autres aînés plus vulnérables ou en s'impliquant bénévolement dans la communauté. Cependant, on s'attend de ces derniers qu'ils aient beaucoup d'ouverture d'esprit et qu'ils soient à l'écoute des besoins de ceux qu'ils veulent aider. Leur donnons-nous les outils qu'il faut pour les appuyer?
Les participants ont manifesté leur grande satisfaction d'avoir réalisé cette rencontre. Ils disent avoir pris conscience des conditions pour accueillir positivement ce phénomène du vieillissement de la population et surtout quels engagements ils peuvent prendre pour assurer une bonne qualité de vie pour tout le monde. Le défi demeure que la qualité de vie sera toujours associée à la santé et l'argent et que les difficultés seront liées à la maladie et la pauvreté, et ceci, pas seulement pour les personnes âgées.
Si vous souhaitez recevoir le compte-rendu de cette rencontre ou si vous souhaitez participer le 11 mai prochain à une rencontre régionale sur le thème ou encore à organiser un « café des âges », communiquez avec la Table régionale de concertation des aînés de l'Estrie au 819-822-0204 ou à info@ainesestrie.qc.ca.