L'utilisation d'une ressource renouvelable et durable, les préoccupations énergétiques, les tendances vers des produits naturels et respectueux de l'environnement font qu'un intérêt nouveau se manifeste au Québec pour l'utilisation de la biomasse forestière. Le 8 février 2008, lors du Forum sur les nouvelles opportunités économiques de la forêt, les participants ont constaté que plusieurs produits, nouveaux et anciens, pouvaient être fabriqués à l'aide de la biomasse forestière (www.forumforethsf.com).
Parmi les opportunités présentées, plusieurs peuvent se concrétiser à l'aide de la biomasse résiduelle, définie comme les résidus de la transformation ou de l'exploitation forestière. Parmi ceux-ci, mentionnons l'écorce et les sciures des usines de sciages et de pâtes et papiers, les branches des arbres abattus, les essences non utilisées, etc.
Les résidus de transformation, les sciures et rabotures sont utilisés par l'industrie pour la production de chaleur et/ou d'électricité, les sciures servent à la fabrication de granules de bois, les extraits de plantes forestières sont utilisés dans la pharmacologie, les produits de beauté, en remplacement des insecticides chimiques, dans l'alimentation, etc. Les bois plastiques, les bois frits, les bois torréfiés offrent une grande durabilité et pourront, à long terme, remplacer les matériaux d'aujourd'hui tels que les panneaux agglomérés ou les bois traités.
Malgré les opportunités, plusieurs défis devront être relevés. Les sciures, les rabotures et les écorces sont déjà utilisées à 100 %. Quant aux résidus forestiers sur les sites de coupe, il est encore difficile de proposer une méthode rentable d'exploitation, spécialement pour les petits propriétaires forestiers. Néanmoins, des solutions sont envisageables lorsque l'on considère la mise en commun des équipements ou le regroupement sous forme coopérative par exemple.
Nul doute que la Municipalité régionale de comté du Haut-Saint-François possède un grand potentiel pour la production de biomasse résiduelle avec ses 25 % de la superficie forestière productive de l'Estrie. Reste à proposer des utilisations et des solutions qui seront avantageuses pour tous les partenaires concernés.
Robert Myre,
ing. f. M.Sc. Commissaire aux forêts
CLD du Haut-Saint-François