La réalisation de l'important projet de construction du marché d'alimentation IGA Cookshire au coût de 6 millions $ constitue évidemment une fierté pour son propriétaire, Gilles Denis. Mais cette réalisation va beaucoup plus loin que les matériaux ou l'équipement utilisé qui en fait un bâtiment certifié LEED. «Ce projet pour moi vise à influencer les autres. Je veux prouver au monde que le potentiel économique au niveau du commerce et service existe dans le Haut-Saint-François».
Le promoteur déplore que trop souvent le secteur commerce et service est négligé par les organismes de développement, les institutions financières et le pouvoir politique. «Certains ont du mépris envers le commerce et service dans le Haut-Saint-François. On sous-estime cette force et si on faisait le total des emplois, on resterait surpris», soutient M. Denis. Démontrant une confiance envers les gens d'affaires locaux, l'intervenant ajoute «ce n'est pas juste au capital privé à restaurer la vie économique. On court après l'industrie comme si c'était le seul moteur. Le commerce et service, c'est aussi les entreprises agricoles. Il faut regarder ce qui existe dans notre territoire. Il faut aller voir les promoteurs du secteur commerce et service pour leur offrir de l'aide», d'insister le bâtisseur.
«Si on peut contrôler notre marché de consommation dans le commerce et service, ce sera beaucoup. On n'est peut-être pas les meilleurs en terme de salaire, mais on procure des emplois», de dire l'homme d'affaires de Cookshire-Eaton. «On parle de rurbanisation, ajoute-t-il, mais c'est avec des projets comme le mien, l'arrivée du Korvette dans l'ancien magasin d'alimentation que l'on consolide. Cela n'est pas le résultat du hasard, il faut investir et y croire. Il ne faut pas rester assis et regarder le village mourir», de prétendre M. Denis.
«Il faut mettre nos culottes pour entraîner des retombées». Le promoteur mentionne avoir délibérément choisi le centre-ville de Cookshire-Eaton pour réaliser son projet. «J'aurais pu le faire ailleurs, mais pour moi, c'est important la revitalisation du centre-ville. Nous sommes situés juste à côté de la caisse populaire et pas loin nous aurons aussi le Korvette». À cela, devrait s'ajouter dans le même secteur trois commerces dans l'édifice du nouveau IGA Cookshire donnant accès sur la route 253. Pour l'homme d'affaires, il y a le développement d'une masse critique susceptible de satisfaire les consommateurs et stimuler l'économie locale.
Retombées
Adepte de l'achat local, M. Denis s'est appliqué sur une base à temps plein à veiller que le maximum des retombées économiques du projet de 6 millions $ se retrouve sur le territoire. La tâche n'est pas facile et demande plus de travail, d'expliquer l'homme d'affaires. «Je pense que 80 % des dépenses ont été effectuées dans le Haut-Saint-François et Sherbrooke». Le promoteur admet que cet exercice n'est pas facile. «Il y a toutes sortes de règlements pour t'empêcher de faire ce que tu veux, mais il faut les surmonter. Les municipalités devraient faire pareil. Moi, j'ai déposé ma liste de fournisseurs locaux avant de signer avec l'entrepreneur. C'était une condition pour qu'on fasse affaires. Le plus gros obstacle, c'était la capacité des fournisseurs à répondre à la commande. Il arrivait que c'était trop gros pour eux. Il faut leur donner la chance, il y a des poseurs de gypse de Chartierville qui ne pouvaient pas faire ce travail parce que c'était trop gros. Ils ont été cherchés un entrepreneur de Sherbrooke et fait le travail comme sous-traitants ».
En plus de procurer du travail aux fournisseurs locaux, M. Denis croit que la réalisation du projet leur donne une vitrine pour se faire valoir. Le promoteur pousse cette volonté encore plus loin. Il présentera dans son magasin trois toiles et une sculpture d'artistes locaux. Une première oeuvre de l'artiste Denis Palmer, du secteur Sawyerville, occupe déjà une place de choix à l'intérieur du commerce. Les autres pièces s'ajouteront au cours des prochaines semaines.
Photo :
En réalisant la construction du IGA Cookshire, Gilles Denis, croit remettre à la population ce qu'elle lui a apporté au fil des années.