par Eliane THIBAULT
La municipalité de St-Isidore-de-Clifton a un secret bien gardé. Une jeune femme de 22 ans qui a décidé de s'impliquer afin de faire bouger les choses. Alors qu'elle étudie à temps plein et travaille à temps partiel, Marie-France Fortier s'investit comme présidente du comité de loisirs de son village.
Lorsqu'elle a joint les rangs du comité de loisirs de St-Isidore-de-Clifton, la jeune fille accompagnait en fait son père qui lui, entamait sa 10e année de services. «Chez nous, on s'implique de père en fille!», raconte-t-elle avec fierté.
Si depuis, son paternel lui a passé le flambeau, elle a occupé le poste de directrice pendant deux années pour ensuite devenir présidente, tâche qu'elle exécute depuis maintenant trois ans. «Pour ce qui est de la comptabilité, ma mère me donne un coup de main étant donné que je ne connais pas grand-chose dans les chiffres. Sinon, je me débrouille pas mal pour le reste», commente Marie-France.
Durant l'été, Marie-France Fortier estime qu'elle consacre environ une vingtaine d'heures par semaine pour le comité. Lorsque l'année scolaire recommence, elle diminue ce temps de 5 à 6 heures par semaine.
L'étudiante de 2e année à l'Université de Sherbrooke en psychoéducation travaille également dans une station-service. Elle avoue que ce n'est pas toujours facile de tout concilier, mais qu'elle y arrive.
Sinon, son sens du devoir prend rapidement le dessus lorsqu'elle se sent fatiguée. «Je veux que ça bouge dans ma municipalité. S'il n'y a pas d'activités qui sont organisées, les jeunes vont aller vivre ailleurs. En plus, j'aime le contact avec le public. Ça me motive beaucoup», raconte-t-elle.
En tant que présidente du comité de loisirs, Marie-France Fortier a entre autres la tâche d'organiser les réunions hebdomadaires. En tout, huit personnes en font partie et elle doit s'assurer que tous y seront.
Durant l'été, le comité est chargé d'organiser deux tournois de balle lente où 24 équipes provenant de Montréal, Magog ou même de Manchester se réunissent. De plus, un tournoi de volley-ball est également mis sur pied où de six à sept équipes s'affrontent. «Pendant cette période, le village est plein!», observe-t-elle.
Aussi, le service d'animation estival (SAE) pour les enfants du village est à la charge du comité de loisirs. À cela, on ajoute la location de la salle communautaire qui peut être louée par les citoyens. «Nous nous occupons gratuitement du bar et conservons les pourboires lors des soirées comme des anniversaires de mariage ou fêtes de famille. Aussi, une personne est mandatée pour ouvrir l'endroit et le fermer après la soirée. C'est beaucoup de travail.»
Comme si ce n'était pas assez, Marie-France a accepté d'entraîner une équipe d'enfants à la balle lente en plus d'être responsable de la ligue.
Bien entendu, Marie-France a décidé de s'impliquer parce qu'elle le veut bien. Par contre, elle mentionne parfois être frustrée lorsqu'elle s'aperçoit que ce sont souvent les mêmes qui reviennent pour aider.
«J'organise des semaines entières d'événements où je suis sur le terrain du matin au soir. Parfois, je demande aux gens de ne donner que trois heures durant toute la durée de l'événement et je me fais répondre non», raconte-t-elle.
Elle ajoute: «Je suis comme tout le monde. Moi aussi, des fois ça ne me tente pas d'y être, mais au bout d'un moment, le plaisir embarque et j'oublie le reste.»