L'ensemble des municipalités emboîte le pas
par Pierre HÉBERT
Le programme de bourses Reconnaissance, mis sur pied par la Polyvalente Louis-Saint-Laurent et la municipalité de Weedon lors de l'année scolaire 2007-2008, fait des petits. L'initiative s'est avérée tellement positive pour la communauté locale que l'ensemble des municipalités du Haut-Saint-François emboîte le pas.
Tout au long du mois de septembre et jusqu'au début octobre, les municipalités de Lingwick, St-Isidore-de-Clifton, Scotstown-Hampden, Dudswell, Weedon, Bury, La Patrie, Chartierville, Westbury et Newport procéderont à la remise de bourses d'études variant de 200 $ à 300 $ aux jeunes de leur localité qui auront obtenu un diplôme d'études secondaires soit à la Polyvalente Louis-Saint-Laurent ou Alexander Galt. Les finissants honorés auront complété le programme du cheminement particulier (CP), le Métier semi-spécialisé (MSP), le Diplôme d'études professionnelles (DEP) ou le Diplôme d'études secondaires (DES) pour jeunes et adultes. Ce sont 114 élèves qui recevront des bourses Reconnaissance, d'expliquer l'initiateur du projet, Charles Labrie.
Chaque municipalité fera une soirée officielle de remise de bourses à laquelle participeront les élèves, parents, directeurs d'écoles, enseignants associés à la municipalité concernée et les membres du conseil municipal. M. Labrie précise et insiste pour dire que les deux parents seront présents. «Ce qui est beau, c'est que tous les pères sont là. Ce n'est pas juste une affaire de femmes», lance-t-il avec enthousiasme. M. Labrie ne parle pas à travers son chapeau lorsqu'il dit que les parents seront présents. Ce dernier avec l'aide d'élèves a personnellement contacté tous les parents concernés. «Je n'ai fait que ça tout l'été», précise-t-il avec une visible satisfaction. Il ajoute néanmoins que la mairesse de Lingwick, Céline Gagné, a personnellement fait la tournée des résidences concernées pour inviter les parents et bien entendu l'élève en question. «Les invitations individuelles sont lancées par les municipalités», précise l'enseignant.
Celui qui souhaiterait enseigner jusqu'à son dernier souffle mentionne que l'initiative n'est pas un feu de paille puisque les municipalités se sont engagées à faire l'exercice au cours des cinq prochaines années. «La symbolique n'est pas de donner de l'argent, mais c'est la façon pour les élus de dire aux jeunes, on reconnaît votre persévérance scolaire. C'est également important pour l'élève d'être reconnu dans sa communauté. C'est ça le but de la reconnaissance». Le cheminement scolaire est comme une course de fond, d'ajouter l'enseignant de 47 années d'expérience, et «c'est important que des gens soient là au fil d'arrivée», insiste celui qui a enseigné à une grande majorité de parents des enfants et même des grands-parents.
Celui qui a initié le projet en 2007-2008 avec la grande participation de la municipalité de Weedon mentionne que l'objectif de départ s'inscrivait dans le cadre de la lutte au décrochage scolaire. Redonner de la fierté aux élèves ainsi qu'à leurs parents a donné des résultats plus que prometteurs. Le fait que la démarche fasse boule de neige renverse celui qui pourtant en a vu d'autres. «Je n'ai jamais rêvé que ça marche aussi bien. Déjà que c'était un succès avec Weedon, ça dépassait mes espoirs». M. Labrie mentionne que la volonté de voir les jeunes compléter et réussir leurs études implique une foule de personnes. Il souligne notamment que 22 enseignants sur un total de 40 à la Polyvalente Louis-Saint-Laurent sont engagés dans le processus.
Cette belle réussite est loin d'être le chant du cygne pour l'enseignant de 47 années d'expérience. «Il ne faut pas que je le dise trop fort, mais je suis prêt à faire beaucoup de bénévolat pourvu qu'on me permette d'enseigner», lance-t-il semi-blagueur, semi-sérieux.
BV
Le conseil municipal de La Patrie a déjà honoré ses jeunes finissants et poursuivra l'expérience pour les prochaines années.