Le travail d'enquêteur n'est pas chose facile et nécessite différentes aptitudes pour être efficace. Selon Michel Mercier, enquêteur depuis une quinzaine d'années à la Sûreté du Québec, dont 12 au sein du détachement du Haut-Saint-François, la patience, le souci du détail, des victimes et des plaignants s'inscrivent parmi les aptitudes nécessaires. Toutefois, bien que cela semble contradictoire, pour être efficace, l'enquêteur doit également avoir un certain détachement. «Ce n'est pas facile parce que nous sommes témoins de la misère humaine», d'ajouter M. Mercier.
La Sûreté du Québec du Haut-Saint-François compte sur une équipe de trois enquêteurs: Michel Mercier, Alain Veilleux et Jean-François Ménard. Ces derniers n'ont guère le temps de chômer. Le travail d'enquêteur en est un de minutie et de longue haleine bien souvent. Ces policiers sont appelés à résoudre des dossiers touchant une foule de secteurs variés comme les vols par effraction, les vols qualifiés (hold-up, dépanneurs et autres), les fraudes, les crimes d'ordre sexuel et contre la personne, appuyer les dossiers de coroner lors d'un décès suspect, à intervenir si nécessaire lors de décès dans un accident de la route afin de déterminer s'il s'agit d'un suicide ou non. À cela, les enquêteurs se pencheront également sur tout le volet stupéfiant découlant également sur le contrôle des armes à feu, vérification du registre d'enregistrement des armes à feu, renouvellement de permis. Cette intervention des enquêteurs les amène régulièrement à saisir des armes à feu pour des périodes déterminées ou pouvant aller jusqu'à les détruire. L'enquêteur Mercier mentionne que le détachement du Haut-Saint-François fait détruire une centaine d'armes à feu annuellement, et ce, pour différentes raisons. Les policiers interviennent également lorsqu'il y a des ventes et même les dons d'armes pour s'assurer que tout soit en respect de la loi. Le volet incendie fait également partie du travail des enquêteurs. Appuyés des services contre les incendies, les enquêteurs déterminent s'il s'agit d'un sinistre accidentel ou criminel.
Scène de crime
Pour illustrer quelque peu la façon de faire, M. Mercier décrit succinctement le procédé lors d'une intervention sur un vol par effraction. «Souvent, les gens se demandent pourquoi on établit un large cordon de sécurité; c'est pour protéger la scène du crime. On veut s'assurer de ne perdre aucun indice. On cherche des traces de pas, de pneus, des traces d'outils. Dans sa fuite ou son arrivée, le suspect peut avoir laissé des indices. Il est arrivé qu'on ait utilisé la technique de l'ADN dans la situation de mégot de cigarette lors d'une introduction par effraction». M. Mercier ajoute que cette façon de faire est régulièrement utilisée et que les enquêteurs font appel à des techniciens spécialisés lorsque la situation le demande. Régulièrement, différents échantillons sont acheminés aux fins d'analyse au laboratoire de la Sûreté du Québec à Montréal. Les enquêteurs utilisent toutes les techniques de pointe pour élucider les différents dossiers, laisse entendre le policier.
Outre la cueillette d'indices et la recherche de preuve, les enquêteurs doivent interroger différentes personnes, rencontrer le ou les suspects et procéder à l'arrestation s'il y a lieu. À cela, les policiers doivent également préparer le dossier afin d'étayer la preuve pour la suite des choses en cour. Parmi toutes les causes auxquelles sont appelés à intervenir les enquêteurs, M. Mercier déplore que celle de violence conjugale arrive en tête de liste.
Malgré toutes les situations pénibles que doivent résoudre les enquêteurs, M. Mercier dit adorer son travail. «Ma plus grande satisfaction est de satisfaire la clientèle, à rendre ça moins pénible pour eux, s'assurer qu'elle soit sécurisée».
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L'enquêteur Michel Mercier exhibe quelques armes saisies. Parmi les nombreuses armes à feu confisquées, une centaine d'entre elles sont détruites annuellement.