La compagnie Graymont de Dudswell, secteur Marbleton, investit dans l'éducation des enfants. L'entreprise vient d'acheter 5 tableaux blancs interactifs (TBI) pour les écoliers du primaire qui fréquentent Notre-Dame-du-Paradis. L'institution devient la première école de la Commission scolaire des Hauts-Cantons (CSHC) à en être entièrement équipée. Il s'agit d'un investissement de quelque 26 000 $ qui comprend les tableaux eux-mêmes, les ordinateurs qui y sont associés, les manettes et les vidéoprojecteurs.
Habituée de participer au mieux-être de la communauté, Graymont, cette fois-ci, a pris les devants. «Je n'ai pas été sollicité, raconte Roch Bégin, directeur de l'usine. Ma fille enseigne à Sherbrooke et elle utilise avec succès ce genre de matériel didactique. J'ai pris l'initiative de contacter Kathy Lapointe, directrice de l'école, pour lui offrir une contribution pour l'achat des TBI».
Gaétan Perron, président de la CSHC, fait remarquer la chance qu'a l'école Notre-Dame-du-Paradis. «Dans les trois MRC couvertes par la commission scolaire, seulement 38 tableaux seront ajoutés aux 55 déjà installés. Ce sera presque un TBI dans chacune des 33 écoles primaires et secondaires de la région», explique-t-il.
Cet investissement se fait dans l'esprit de la politique provinciale qui exige que d'ici 2020, toutes les classes du Québec soient équipées de la même façon, en prenant à même le budget déjà coupé des commissions scolaires, les sommes nécessaires pour y arriver.
Anick Boucher, professeure de la 1re et 2e année, a remarqué que les ressources offertes par ces TBI sont illimitées. «Mes écoliers sont plus attentifs parce qu'ils ont l'impression de jouer». Pour sa part, Marie-Christine Giroux a constaté que les jeunes, en manipulant davantage les données avec les outils interactifs, vont chercher plus d'informations en intervenant, en utilisant le NET et en bâtissant leurs propres présentations. «Ils apprennent tout en s'amusant. L'atmosphère est joyeuse en classe. Je suis surprise de la puissance de cet outil», ajoute Brigitte Saint-Pierre, enseignante en 4e et 5e année. Ses écoliers démontraient la polyvalence de l'appareil lors d'une correction d'une dictée en mettant en lien une recherche dans les dictionnaires en ligne et l'analyse grammaticale d'une phrase. En 6e, les jeunes étudiants encadrés par leur professeur, Matthew Maclure, avaient préparé eux-mêmes un jeu-questionnaire. Les invités, équipés des manettes, ont répondu de leur mieux aux questions formulées, avec plus ou moins de succès comme le laissaient voir les pourcentages de réussite qui apparaissaient illico. L'enseignant pouvait aussi savoir si tous avaient fourni une réponse. C'est un avantage important dans l'évaluation.
Hélène La Branche, conseillère pédagogique en technique informatique et communication (TIC), faisait remarquer qu'il y avait pour l'instant peu de ressources en français. Par contre, les professeurs peuvent adapter ce qui se fait en anglais et lorsque c'est au point, ils le déposent sur le portail de la CSHC. «C'est un outil qui va grandement aider les enfants en difficulté d'apprentissage parce qu'ils manipulent cet outil et ils visualisent tout de suite les résultats. On voit déjà un changement», constate-t-elle.
Kathy Lapointe, directrice de l'école, témoigne de la motivation et de l'intérêt accrus des écoliers. «Les jeunes demandent à ce que les TBI soient de plus en plus utilisés. Cela nous aide dans le plan de réussite que nous nous sommes défini en améliorant la réussite, en misant sur la persévérance. Ces tableaux facilitent la pratique pédagogique en créant plus d'interaction. C'est plus dynamique», fait-elle remarquer.
Claude Corriveau, maire de la municipalité, se réjouit de cet investissement. «Dans la dynamique du projet INODE, projet pour favoriser l'établissement de nouvelles familles en milieu rural, c'est un atout majeur pour nous que ces tableaux interactifs. Sûrement que ce sera un incitatif de poids», expliquait-il à M. Bégin, qui a été surpris de voir une application nouvelle et prometteuse s'ajouter à l'apport qu'a réalisé l'entreprise qu'il dirige.
Alain Robert, attaché politique à la vie communautaire, représentait le député Jean Rousseau du NPD. Il reconnaissait qu'il faut tout mettre en œuvre pour maintenir les villages vivants. «Il faut prendre soin des enfants et cet investissement va dans ce sens».
En guise de remerciement, au nom de la direction, des enseignants, des élèves et des parents, Évelyne Veltkamp a remis à M. Bégin une horloge fabriquée avec des matériaux recyclés, selon l'orientation verte de l'école Notre-Dame-du-Paradis. «Elle va être accrochée bien en vue dans mon bureau pour me faire penser à vous», s'est exclamé le généreux donateur.