Parce que le travail invisible, ça compte
Jacqueline Ponton et Cécile Breault, respectivement présidente de l'AFEAS et de l'Entourlaine d'East Angus, profitaient du 10e déjeuner-causerie pour souligner une autre Journée internationale du travail invisible. En invitant Johanne Gonthier et France Bonsant, députées, elles leur demandaient d'insister pour que leur gouvernement respectif la reconnaisse officiellement en l'inscrivant au calendrier des événements majeurs le premier mardi d'avril de chaque année.
Chose faite! Déposée par Nicole Demers, porte-parole du Bloc Québécois en matière de condition féminine et députée de Laval, la motion de l'AFEAS pour faire reconnaître le premier mardi d'avril, journée annuelle du travail invisible a été adoptée à l'unanimité par la Chambre des Communes. Cette reconnaissance veut souligner l'importance du travail «invisible» que fournissent les parents et les aidants auprès des enfants et des proches en perte d'autonomie. «Des milliers de femmes et d'hommes donnent quotidiennement un nombre incalculable d'heures dans le cadre de leur travail dit invisible», souligne-t-on dans le communiqué de presse envoyé par France Bonsant, députée de Compton-Stanstead.
Le «travail invisible» se compose de toutes ces activités bénévoles, et dans de trop nombreux cas, du travail obligé non rémunéré pour assurer la survie. Ce sont, entre autres, les corvées de ces millions de femmes qui vont au puits pour rapporter l'eau de la journée. Ce sont aussi ces nombreuses heures que les parents consacrent bénévolement au mieux-être de leur famille en transportant les enfants à leurs activités récréatives, par exemple.
En 1995, l'ONU estimait à 11 000 milliards US $ le seul travail non rémunéré des femmes partout dans le monde. Au Canada seulement, des statistiques de 1992 le quantifiaient à quelque 374 milliards, c'est-à-dire à tout près de 54 % du PIB canadien.
L'AFEAS provinciale oeuvre depuis 2001 à faire reconnaître le travail non rémunéré des femmes et des hommes, spécialement celui fait auprès des grands malades. Pour cet organisme, l'institution d'une Journée du travail invisible chaque premier mardi du mois d'avril serait une façon de reconnaître publiquement l'importance de cet apport économique. «Il y a bien quelques prestations financières et crédits d'impôt remboursables quand une personne quitte un emploi pour aider un grand malade, mais c'est peu par rapport à tout ce qui se fait et qui ne reçoit pas de compensation pécuniaire», constatait Mme Ponton.
Les requêtes déposées par l'AFEAS ne sont pas nouvelles. En 2001, l'organisme créait la Journée du travail invisible pour sensibiliser les gouvernants à la réalité économique du bénévolat, dans son acceptation la plus large. Mais bien avant, en 1968, l'AFEAS, dans un document déposé à la Commission Bird, introduisait la grande notion de travail invisible des femmes pour forcer les décideurs à le reconnaître. «C'est une question de justice sociale», souligne une lettre publiée par l'AFEAS.
Lors de ce déjeuner discussion, l'AFEAS et l'Entourlaine ont voulu souligner le travail bénévole de 4 personnes qui donnent de leur temps pour que fonctionnent au mieux les activités de l'Entourlaine. Il s'agit de Marthe Roy, Andrée Lehoux, Peggy Rowland et André Lessard. Colette Labonté, présidente régionale de l'AFEAS Estrie, et Cécile Beaulieu, de celle d'East Angus, leur a remis des certificats en reconnaissance de leur importante contribution.
Photo :
De gauche à droite sur la première rangée, France Bonsant, députée, Jacqueline Ponton, présidente de l'Entourlaine, Colette Labonté, présidente régionale de l'AFEAS et Johanne Gonthier, députée. Sur la deuxième rangée, Marthe Roy, trésorière de l'Entourlaine, Peggy Rowland, invitée d'honneur, Cécile Breault, présidente de l'AFEAS East Angus. Sur la troisième rangée, Andrée Lehoux et André Lessard, invités d'honneur.