Rita Robitaille, du Conseil du statut de la femme, a entamé une tournée pour promouvoir la cause féminine en Estrie. Basées sur le document «Égalité, portrait statistique femmes/hommes», les données démontrent encore un écart important entre les deux sexes.
Les différences entre les sexes se retrouvent comme avant dans les revenus qui ne sont pas au pair, dans le nombre de familles monoparentales dirigées par une femme, dans l'emploi à temps partiel, dans la violence faite aux femmes et dans le nombre d'aînées de plus de 70 ans vivant seules.
«En Estrie, peut-on lire dans le document synthèse, 828 femmes adultes ont été victimes d'actes criminels en 2006. Elles étaient 55,7 % en contexte conjugal, soit l'équivalent de 4 femmes pour 1 homme». Ce chiffre démontre, selon Mme Robitaille l'importance de maintenir fonctionnels les centres d'hébergement et les autres ressources destinées à faire diminuer la violence.
Les statistiques reconnaissent que les femmes sont en général plus instruites que les hommes. On compte pour la MRC du Haut-Saint-François 545 femmes de 15 à 29 ans qui n'ont pas de diplôme alors qu'il y en a 990 chez les hommes dans la même catégorie. La quantité de femmes et d'hommes qui ont obtenu leur DES, DEP, DEC sont presque équivalents. Par contre, on dénombre plus de femmes universitaires toujours chez les 15-29 ans (140 contre 90).
Malgré ce constat, on note dans le rapport que le décrochage scolaire chez les étudiantes du secondaire a augmenté de 2,3 % en Estrie alors qu'il a diminué chez les garçons. Cette scolarité qui devrait les avantager se trouve souvent partiellement annihilée du fait qu'elles doivent s'occuper du bien-être de la famille, des jeunes enfants ou des parents vieillissants. À la p. 89 du rapport, le tableau statistique est éloquent sur ce sujet. Entre en ligne de compte aussi que près de 75 % des familles monoparentales sont dirigées par des femmes. Ainsi, dans le Haut-Saint-François, sur un total 4575 femmes en emploi, 1325 ont surtout travaillé à temps partiel, soit 29 % d'entre elles, alors que chez les hommes à peine 12 % se sont déclarés dans cette situation.
Les Estriennes qui travaillent trouvent leur emploi surtout dans le secteur tertiaire. En santé, on en dénombre 78,3 % par rapport aux hommes, en enseignement, 61,2 %, en commerce, 54,6 %, en finance et assurances, 69,9 %, en hébergement restauration, 64,3 %, qui sont souvent des métiers dits traditionnels pour elles.
C'est au niveau du salaire que le bât blesse le plus. En Estrie, le revenu moyen d'emploi de la population de 15 ans et plus chez les femmes est de 23 198 $ alors qu'il est de 33 333 $ chez les hommes. L'écart est particulièrement marqué dans le groupe des 35 à 44 ans où elles gagnent 28 608 $ contre 41 767 $ et chez les 45-54 ans où l'écart entre les deux est de 15 627 $. Ces différences marquées ont un effet négatif sur leurs placements et leurs plans de retraite.
Malgré la politique Égalité adoptée en 2007, l'étude démontre hors de tout doute que l'équité n'est pas atteinte. «C'est à se demander si la situation peut être corrigée sous peu étant donné les trous dans les budgets gouvernementaux et les remaniements dans les programmes, surtout ceux destinés à la cause féminine», dit-elle.
Pour l'exemple, Mme Robitaille parlait du démembrement du personnel dans le Conseil du statut de la femme. De 14 qu'elles étaient il y a peu, elles sont maintenant 8 pour représenter les districts. Bientôt, elles seront 5 pour couvrir le Québec. Sa démarche, en visitant les MRC de l'Estrie dont elle est responsable, vise à démontrer l'inégalité et à susciter des engagements en vue de faire évoluer la situation. Il faut voir ce qui peut être fait. «Les statistiques viennent d'arriver et l'année 2010 en sera une d'analyse. Nous allons convenir de plans d'action jusqu'en 2014 qui devront être soutenus par des budgets».
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Rita Baillargeon du Conseil du Statut de la Femme présente le document intitulé «Égalité, portrait statistique femmes/hommes».