Depuis deux mois, le conseil de la MRC du Haut-Saint-François compte un absent au sein de la table des maires et il s'agit du maire de La Patrie, Jacques Blais. Ce dernier réagit ainsi en guise de protestation envers une lettre que lui a adressée la préfet, Nicole Robert, le rappelant entre autres à l'ordre.
«C'est le rôle du préfet de s'assurer du bon fonctionnement des réunions et c'est dans cet esprit que j'ai adressé la lettre. Je suis responsable du bon ordre», de préciser Mme Robert. «On a un nouveau conseil et je ne voulais pas que M. Blais commence à influencer les nouveaux membres. Ils sont capables de faire un constat par eux-mêmes». Elle ajoute que cette mise au point a été adressée à tous les maires pour assurer un bon fonctionnement.
Sans vouloir élaborer sur le contenu de la lettre adressée au maire de La Patrie, Mme Robert laisse entendre qu'il s'agit d'un rappel à l'ordre notamment dans la façon de s'adresser aux administrateurs de la MRC. Elle ajoute que les déclarations publiques de M. Blais au cours des séances régulières ont une répercussion sur les collègues. La préfet mentionne que c'est dans la façon de faire notamment en lançant des affirmations gratuites envers les membres de l'administration et par conséquent aux collègues autour de la table. «Depuis 14 mois, on travaille à rebâtir la communication et à ce jour, on se parle. J'ai invité M. Blais à venir me rencontrer pour discuter et il n'a pas donné suite», de préciser Mme Robert.
Rejoint au téléphone, M. Blais s'est dit surpris de la teneur de la lettre. «Je suis un peu sorti de mes gonds à la séance de novembre, mais je ne m'attendais pas à ça. On dit qu'on est dans un système démocratique, mais avec le système qu'on a, moi je dis qu'on n'a pas le droit de vote et de parole. Nous, les petites municipalités, on va là (à la MRC) pour s'informer et critiquer. C'est tout le pouvoir qu'on a et de se faire manipuler, moi, je ne suis pas capable. Je n'accepte pas la manipulation». M. Blais mentionne avoir fait part de la lettre aux membres du conseil municipal. «Les conseillers m'ont dit de rester ici». D'ailleurs, le maire de La Patrie ignore quand il se représentera au conseil de la MRC et n'a manifestement pas l'intention de déléguer un conseiller. «Je prends ça une journée à la fois», lance-t-il avec philosophie.
Le premier magistrat de La Patrie soutient que c'est l'ensemble du système en place à la MRC qui est déficient. À cet effet, il dénonce le système de répartition des votes autour de la table en soutenant que le principe d'un vote par municipalité devait être en vigueur et non selon la population. Il ajoute que le nombre d'élus au sein du conseil administratif devrait refléter 25 pour cent des municipalités avec trois élus et la préfet plutôt que six personnes. Il rejette également le principe de siège désigné au sein du comité administratif et mentionne que seule la préfet devrait avoir le privilège de nommer les membres. Enfin, le maire de La Patrie ne semple pas pressé de reprendre sa place au sein de la table des maires de la MRC du Haut-Saint-François.
Quant à l'absence de représentant de La Patrie au conseil de la MRC, Mme Robert patiente pour l'instant, mais ne laissera pas perdurer la situation, précise-t-elle. «Pour l'instant, on a la collaboration de la municipalité de La Patrie. Si le maire ne veut pas venir, il faudra s'adresser au conseil municipal», de compléter la préfet.
Photo :
Jacques Blais, maire de La Patrie.