Une campagne de sensibilisation s'amorce
par Pierre HÉBERT
Ce 25 novembre, Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes marquera le début d'une campagne de sensibilisation et d'action pour que cesse la violence à l'endroit des filles et des femmes. Le Centre de femmes La Passerelle de la MRC du Haut-Saint-François et La Méridienne, maison d'hébergement et de transition pour femmes victimes de violence conjugale et leurs enfants, invitent la population à réaliser des activités de sensibilisation au cours de ces 12 jours dont le point culminant coïncidera avec le 20e anniversaire de commémoration de la tragédie de la Polytechnique.
Les organismes invitent les entreprises, municipalités et autres à mettre sur pied des activités de sensibilisation. Pour ce faire, les entreprises ou personnes intéressées peuvent communiquer avec le centre de femmes au numéro sans frais 1 877 447-3423 où on se fera un plaisir de faire des suggestions.
D'autre part, La Passerelle fera la distribution gratuite des rubans blancs et des bougies. Les personnes sont invitées à se présenter sur place pour se procurer ces objets. En outre, l'organisme présentera, du 25 novembre au 6 décembre, un kiosque d'information à l'entrée du Centre communautaire de Weedon. Par ailleurs, la Méridienne fera parvenir par courrier, le 30 novembre prochain, une carte postale. L'objectif de cette initiative vise à sensibiliser les proches des victimes afin qu'ils apportent appui et dénoncent la violence conjugale. Au dos de la carte, on identifie des signes qui peuvent vous alerter par exemple: il l'appelle sans arrêt lorsqu'elle vous visite ou sort avec vous, l'humilie devant vous, l'interrompt quand elle parle, quand il arrive, elle semble mal à l'aise, et change d'attitude ou elle se tait. Il vous est déjà arrivé de voir des bleus et autres. Sur la carte, on retrouve également les coordonnées de La Méridienne. Sylvie Lupien, directrice du centre d'hébergement, insiste pour dire qu'il est possible de demander de l'information ou de signaler des choses. «On n'a pas besoin de se nommer, c'est anonyme et confidentiel». D'autre part, les intervenantes sont formées pour aider toute personne de la population désirant aider sa soeur, sa fille, une collègue ou autre. La Méridienne dispose d'un service d'écoute 24 heures sur 24, sept jours par semaine.
Les intervenantes des organismes rappellent également à la population de porter fièrement le ruban blanc «en signe de notre détermination à briser le silence, qui a trait à ce sujet tabou» et d'allumer la chandelle le 6 décembre prochain à compter de 18 h pour souligner la commémoration de la tuerie survenue à l'école Polytechnique de Montréal. La tragédie a fait 14 victimes, toutes des femmes et plusieurs blessés.
Les intervenantes rappellent que la première action est de reconnaître que la violence sexiste existe toujours, ici, au Québec et dans le Haut-Saint-François. Les données du ministère de la Sécurité publique indiquent que le nombre de plaintes pour violence conjugale sur notre territoire entre 1999 et 2000 s'élevait à 244. Cette triste statistique fait un bond supérieur de 35% pour la période 2003 à 2005 avec 345 plaintes de violence conjugale. La moyenne pour l'Estrie au cours de cette période est de 336 plaintes.
Chez les intervenantes, on estime qu'en adoptant une vision égalitaire dans nos relations, en prenant toutes les formes de violence au sérieux, en refusant de les banaliser et en les dénonçant, nous pouvons mettre fin aux violences faites aux filles et femmes. «Pour ce faire, nous vous invitons à dire haut et fort NON aux violences exercées envers les filles et les femmes».