par Pierre HÉBERT
Alors que s'amorce une nouvelle session parlementaire, la députée bloquiste de Compton-Stanstead, France Bonsant, demeure plus convaincue que jamais que le Bloc Québécois a sa raison d'être à Ottawa. L'appui au gouvernement conservateur pour le programme de crédit d'impôt sur la rénovation domiciliaire démontre, selon la députée, que son parti est capable de s'imposer en faveur des Québécois.
«Nous avons appuyé le gouvernement parce que ça correspondait à une demande du Bloc depuis 2007. Nous avons toujours été avec la logique et nous allons continuer tant qu'il n'y aura pas de petites pilules empoisonnées». D'un même souffle, Mme Bonsant dénonce néanmoins le projet de loi C-50 concernant les assouplissements au programme de prestation d'assurance-emploi. La députée bloquiste considère que «c'est de la poudre aux yeux. C'est trop restrictif. Je pense que ç'a été fait pour les travailleurs de l'automobile de l'Ontario au détriment du Québec». Mme Bonsant réitère la volonté de son parti voulant que l'on abolisse les deux semaines d'attente et demande un minimum de 360 heures de travail pour être éligible.
Maintenant porte-parole adjointe officielle à l'agriculture pour sa formation politique, Mme Bonsant entend surveiller de près tout ce qui se passe dans ce secteur d'activité. À ce propos, elle soulève la volonté du gouvernement conservateur de hausser les normes pour l'appellation: Produit du Canada. Présentement, explique la députée, il doit avoir 85 % du produit dans le pot. Le gouvernement conservateur souhaite hausser à 98 % ce qui serait impossible d'avoir une appellation canadienne. Cela aurait pour effet d'ajouter la députée, d'encourager le libre-échange avec les produits des Américains au détriment des produits locaux. «Ca va toucher tous les gens qui font des produits du terroir». Il en va de même, mais à l'inverse, pour les normes biologiques canadiennes. Mme Bonsant soutient que le gouvernement conservateur souhaite abaisser les normes dites «BIO» ce qui pourrait favoriser une plus grande production canadienne et américaine. «Au Québec, nos normes sont supérieures à ce qu'ils veulent faire». La représentante de Compton-Stanstead entend également surveiller de près la gestion de l'offre.
Par ailleurs, la députée bloquiste souhaite déposer avant les fêtes son projet de loi C-343 concernant les enfants disparus et leur famille. L'initiative développée avec l'Association des familles des personnes assassinées ou disparues comprend deux volets. D'abord, de permettre aux personnes qui vivent cette tragédie d'avoir accès à l'assurance-emploi pour une période d'une année. L'autre volet est de protéger tous les employés régis sous le code du travail canadien de garder leur lien d'emploi pour une période de deux ans.
Dans un autre d'idée, Mme Bonsant rappelle que son parti est présent à Ottawa pour protéger les intérêts du Québec et elle dénonce la volonté du gouvernement canadien de rapatrier le marché des valeurs mobilières de toutes les provinces en Ontario. «C'est notre économie provinciale et si cet argent va à Toronto, on perd notre pouvoir d'investissement provincial. Il y a trois provinces qui s'opposent à ça».
Alors que le risque d'élections plane sur la colline Parlementaire à Ottawa, Mme Bonsant demeure sereine et convaincue que le seul choix logique des Québécois demeure le Bloc Québécois. «Moi, je n'ai pas de limousine à défendre. Mon devoir est de défendre le Québec et si on (Bloc Québécois) n'était pas là comme gardien de but, on s'en serait fait passer plusieurs», de conclure la députée de Compton-Stanstead.
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La députée de Compton-Stanstead, France Bonsant, croit plus que jamais que le rôle du Bloc Québécois et donc le sien est hautement justifié à Ottawa.